Examen des propriétés des métaux

Une histoire un peu conte de fées, un peu histoire presque de genre, déclinée avec le minimalisme naturel-pauvre d’un cinéma d’auteur plus standardisé. Les tentatives louables pour créer une atmosphère sont cependant vaines. Revue par Federico Gironi.

Quand j’étais enfant, à peu près au même moment, c’est réglé Les propriétés des métauxou fin des années 70, il y avait une publicité pour une eau-de-vie italienne dont la revendication était : « l’eau-de-vie qui crée une atmosphère ».
Cette publicité n’est pas vue, dans le film, même si vous la voyez à la télévision, et vous voyez par exemple le Sandokan avec Kabir Bedi: Je le mentionne parce qu’il y a une affinité avec la période, mais surtout pour dire que Antonio Biginiqui est le réalisateur et scénariste du film, l’ambiance, malgré tous ses efforts appréciables, contrairement à l’eau-de-vie publicitaire, il ne la crée pas.

Je parle d’efforts parce qu’il est clair que Bigini s’y est investi, et a cherché une clé insolite et particulière – contre-intuitive, si vous voulez – pour raconter une histoire au fond tout aussi insolite, et inspirée du phénomène réel du soi-disant « mini-Geller »: ici des enfants qui, dans ces années-là, après avoir vu Uri plier des cuillères à la télévision, ont mystérieusement commencé à démontrer des compétences similaires.
L’un de ces mini-Geller est ici le protagoniste du film, le petit Pietro, né et élevé dans un monde rural et paysan rude et proéminent, et étudié par un professeur de Bologne qui, on ne sait pourquoi, est pourtant américain.

Le professeur est américain, mais certainement pas l’esthétique d’un film qui, bien que vaguement, à certains points et moments de l’intrigue, peut évoquer des détails de phénomènes paranormaux incontrôlables, est plutôt profondément enracinée dans un minimalisme auctorial-pauvre qui dépouille l’image de chaque fioriture et chaque tendance même vague au superflu, à la recherche d’une vérité féerique, rustique et profonde qui, cependant, n’est finalement pas très claire (volontairement), et qui est peut-être même un peu triviale.

Pietro est timide, il a une relation complexe avec son père anaffectif mais que l’argent qui pourrait lui revenir du don de son fils ne le dégoûterait pas, plongé dans les dettes comme il l’est. Le professeur s’intellectualise, s’attache au garçon mais somme toute, une fois qu’il s’avère inutile, il l’abandonne à son sort. Le monde est plein de scepticisme (les collègues du professeur) et de méchanceté (l’usurier du père de Pietro), en tout cas il est moqueur (comme certains amis du garçon).
Il y a aussi une fin vaguement sentimentale qui n’a pourtant que peu à voir avec l’aphasie d’un film refermé sur lui-même, plus rigide que glacial, manquant d’un ton précis comme certains de ses acteurs. Et cela, en fait, ne crée certainement pas l’atmosphère qu’il vise à évoquer.