Quatre personnes dans une maison à quelques mètres de la mer allemande en été. Une occasion de travailler en paix alors que des incendies menacent apporte une tragédie. La critique de Roter Himmel par Mauro Donzelli en compétition au Festival de Berlin 2023.
Deux amis dans une voiture à la campagne écoutant de la musique et se moquant l’un de l’autre. Jusqu’à ce qu’une panne les laisse dans les bois. Début typique pour une horreur sur une maison hantée, ou une comédie vaguement existentielle sur une retraite entre détente et travail en paix. Cochez la seconde, au moins dans la première moitié du nouveau film Christian Petzoldl’un des réalisateurs allemands les plus populaires de la génération (plus) née dans les années 60, qui a commencé à travailler dans les années qui ont suivi la réunification.
Présence affirmée dans les festivals internationaux, notamment à la Berlinale, elle a obtenu un certain succès, tant de la critique que d’un public plus attentif, avec Le choix de Barbe et surtout avec le plus récent Ondine – Un amour pour toujoursavec Frank Rogowski, maintenant aussi à l’aise dans les parties de notre cinéma après Paniquer Et Lubo par Giorgio Rights, et Paula Bièrelancé à l’international par la magnifique interprétation en Frantz par François Ozon.
Elle, toujours capable d’alterner charme et mélancolie, est la seule femme que les amis trouvent lorsqu’ils arrivent dans la maison de vacances de la mère de l’un des deux, celle qui entame une relation avec un sauveteur sportif, qui devient la quatrième et dernière occupante. du manoir avec grand jardin, à quelques pas de la mer Baltique, dans lequel Roter Himmeltraduisible avec Ciel rouge, se déroule. Le titre international Un feuappeler le menace d’incendies violents, d’abord lointaine, écho d’une actualité recueillie avec désinvolture, puis de plus en plus présente et, selon le manuel, moteur d’un changement radical de ton dans l’histoire. Fini le journal d’ennui léger d’un écrivain en quête de concentration alors qu’il achève de déposer une version de son dernier roman à soumettre à son éditeur, attendue dans quelques jours, mais quelque chose du coup, et peu crédible, de beaucoup plus définitif.
L’écrivain est le pivot de ce tourbillon de personnages, qui racontent entre amour et créativité, talent et altruisme. Dommage qu’il soit si vide et si petit dans son museau narcissique qu’il ne soit pas si intéressant ou du moins, même s’il s’attire quelques sourires justement à cause de ces petites caractéristiques qui lui sont propres, bien éloignées de la légère sérénité des autres , la tournure si dramatique de la seconde partie ne tient pas. Sans rien révéler de l’intrigue, la solidité des sentiments ou des liens entre les personnages est si momentanée et fragile qu’elle fait tomber l’ambitieux bâtiment sur les fondations duquel Pretzold tisse son intrigue « dramatique ».
Deux registres ainsi à la fois inefficaces, malgré l’attention avec laquelle le réalisateur construit un quotidien distrait, sur papier de travail, mais de plus en plus annonciateurs d’y conduireatmosphère de vacances où vous sentez que votre cœur est sur le point d’exploser à chaque rencontre et ce qui devrait être des jours qui passent entraînera des changements irréversiblesune fois de retour en ville.