Emily Watson, Paul Mescal et Aisling Franciosi sont les protagonistes extraordinaires de ce sombre drame familial irlandais. L’avis de Daniela Catelli.
Dans un village côtier irlandais, où le seul rafraîchissement du labeur quotidien de la pêche, de la transformation du poisson et de la culture des huîtres est une bière dans le seul pub de l’endroit, le retour soudain et inattendu de Brian, son fils australien depuis longtemps expatrié, juste pendant l’enterrement d’un pair, déchaîne des sentiments mitigés. Il devient vite clair que ce beau grand garçon s’est déjà attiré des ennuis et s’est peut-être échappé à nouveau pour retourner à une vie qu’il a rejetée. La madre, responsabile del lavoro delle altre operaie nella locale fabbrica di lavorazione del pesce, lo accoglie con gioia, esce con lui la sera mettendosi in ghingheri, quasi come se questo figlio che il marito e la figlia guardano con diffidenza, fosse per lei un fiancé. Au cours d’une de ces soirées au pub, Brian revoit Sarah, une jeune ouvrière avec qui il a peut-être eu un bref flirt dans son enfance, et quand sa mère part, il la viole. La fille le dénonce mais le silence du monde masculin le défend et la mère, incapable par trop d’amour de croire que son fils a fait ce dont on l’accuse, lui fournit un alibi, déclenchant une chaîne d’événements néfastes.
Malgré sa petite taille, le cinéma irlandais connaît un moment de grande vitalité, représenté par des films comme le magnifique Les sorcières de l’île (qui aurait mérité l’Oscar, en effet, plus d’un) et la révélation La fille tranquilleainsi que le grand nombre d’acteurs et réalisateurs extraordinaires nés en Irlande, nombreux et si connus qu’il est même superflu de les mentionner. Deux d’entre eux, Paul Mescal Et Aisling Franciosion les retrouve dans Créatures de Dieusigné à quatre mains par Saela Davis Et Anna Rose Holmerdes New-Yorkais, qui réalisent un scénario des Irlandais Shane Crawley et précisément aux capacités des protagonistes, sur lesquelles se détache une histoire intense et émouvante Emilie Watsonconfiez une histoire dramatique racontée avec les demi-teintes de la soustraction.
Surtout, les regards, les intonations, les petits gestes dans la relation entre les personnes au centre de ce drame comptent, où le nœud central et déclenchant des conflits se passe hors écran. Le paysage côtier, fouetté par le vent, avec ses sombres pressentiments et la marée haute qui fait son lot de victimes humaines, rappelle un peu celui de Vagues du destin De Lars Von Trèvesqui avait révélé au monde le talent de Watson, actrice d’une expressivité rare, qui ici ne se sacrifie pas pour l’homme qu’elle aime, mais atteint le geste extrême de sacrifier son fils, incapable de se pardonner. Créatures de Dieu c’est une histoire de femmes, de l’impact de la violence sur une communauté et pas seulement sur la victime, car l’agresseur est un homme, le fils d’une femme, à qui une autre femme demande de l’aide, déchirant sa conscience dans le conflit entre amour maternel et solidarité féminine. Le triangle mère-fils-victime est au centre d’une histoire qui a des échos anciens et qui n’aboutit finalement à une possible renaissance qu’au prix d’un sacrifice extrême. Moins fort dans la structure narrative que d’autres films irlandais que nous avons vus récemment, Créatures de Dieu la vision en vaut toujours la peine, surtout pour les performances des protagonistes, qui ne peuvent laisser indifférent.