Disparu le 29 décembre dernier, Roger Déodatus il fut l’un des réalisateurs les plus importants de l’histoire du cinéma de genre italien. Auteur de dizaines de films de genres variés (du sandalone à l’horreur, en passant par la fantaisie, le poliziottesco, l’érotisme, le thriller et plus encore : à ne pas manquer est son Les hommes naissent policiers, ils meurentscénarisé par Fernando DiLeo) Déodat mais il doit surtout sa renommée internationale à un film qui a pris des connotations légendaires.
Après avoir réalisé en 1977 Dernier monde cannibale (un film resté invisible pendant des années, et qui sera projeté en version restaurée à Festival du film de Venise dans la rubrique Classiques de Veniseprésenté par Nicolas Winding Refn), Déodat en 1980 il va encore plus loin et signe Holocauste cannibalequi lui vaudra polémiques et plaintes, mais aussi l’admiration de générations de réalisateurs, dont Oliver Stone, Quentin Tarantino, Eli Roth c’est le même Refnqui a déclaré avoir volé au film « tout ce qui est possible, à la fois visuellement et techniquement ».
Plus Holocauste cannibale, divisé en deux parties, la première tournée en 35 mm et la seconde en 16 mm, pour donner une plus grande impression de réalisme brut, peut être pleinement considéré comme un film qui anticipe la mode contemporaine du found footage. L’histoire du film est en fait celle d’un anthropologue qui part pour la forêt amazonienne à la recherche de quatre jeunes documentaristes qui voulaient faire un film sur les tribus indigènes et qui ont mystérieusement disparu. Entrée en contact avec les cannibales amazoniens, l’anthropologue ne pourra retrouver que les bobines du film des garçons disparus, sur lequel leur fin atroce est également documentée.
Censuré dans d’innombrables pays, aimé dans d’autres (au Japon, c’était le deuxième box-office de 1982 derrière HE), Holocauste cannibale revient dans les cinémas italiens en version complète restaurée en 4K en ce chaud été 2023 grâce à Gens de chatla distribution qui a aussi ramené en salles, il y a quelques semaines, Rouge foncé De Darius Silver.
Date du film avec Holocauste cannibale c’est officiellement prévu à partir du 21 aoûtmais déjà à partir d’aujourd’hui 16 août il y a les premières avant-premières.
Vous trouverez ici la liste des cinémas qui projettent ou projetteront Cannibal Holocaust, qui est interdit aux moins de 18 ans (ou 16 ans s’ils sont accompagnés d’un adulte).
C’est plutôt la bande-annonce de Cannibal Holocaust réalisé pour cette nouvelle sortie en salles.
Quatre jeunes et enthousiastes documentaristes new-yorkais disparaissent dans la forêt amazonienne lors du tournage d’un documentaire sur les tribus indigènes.
L’anthropologue Harold Monroe (Robert Kerman) part à la recherche des disparus mais, une fois qu’il entre en contact avec les cannibales locaux, tout ce qu’il peut trouver, ce sont les bobines de film 16 mm de l’équipe qui révéleront le destin tragique des garçons disparus.
Le film le plus grand et le plus commenté de Ruggero Deodato revient pour la première fois dans les salles italiennes dans une version intégrale restaurée en 4K, interdite aux moins de 18 ans (16 ans si accompagné d’un adulte) et sans coupures.
Cruel, extrême, explicite, choquant, parfois révoltant. Un film qui condamne le sensationnalisme lui-même peut-il être sensationnaliste ? Ce n’est là qu’une des nombreuses questions que Cannibal Holocaust, réalisé en 1980 par le regretté Ruggero Deodato, parvient encore à soulever aujourd’hui. A l’ère des profils, des leaks, des fake news, des challenges et des stories, maintenant qu’un certain type d’autoglorification est à la portée de tous, la question est plus ouverte que jamais.
Anticipateur du faux-documentaire d’horreur d’aujourd’hui – found footage, de The Blair Witch Project à The Visit de M. Night Shyamalan, en passant par Rec – Live Fear, Cloverfield et Paranormal Activity – et de toute une manière de raconter par des images « trouvées », Cannibal Holocaust reste un titre crucial dans l’histoire du cinéma et de son langage, un film maudit ou à maudire pour la façon dont il mêle horreur et réalisme, torture et morale, brutalité et éthique.
Un tilt de sensations réalisé selon un modèle actuellement inconcevable, dont la sincérité effrontée et brute reste inégalée et irreplicable. Entre vrai et faux, reconstitué et volé, Cannibal Holocaust avec son réalisme met à nu la perversion, dépassant la simple horreur et la simple obscénité.