Enea représente le deuxième réalisateur de Pietro Castellitto qui revient à Venise mais cette fois en compétition. La critique de Mauro Donzelli.
Une Rome de rendez-vous et de réunions de famille, de nouveaux riches et de boulots ennuyants. Pietro Castellitto il revient parler de sa ville, laissant cette fois de côté les déséquilibres et les contrastes sociaux entre quartiers populaires et zones résidentielles, pour concentrer son attention précisément sur la soi-disant bonne Rome. Communément appelé, avec de sérieuses approximations géographiques, également le nord de Rome. Il se taille le rôle de protagoniste, Énée, comme le titre et comme le mythe, avec l’intention, comme le dit le réalisateur lui-même, « de se sentir vivant dans une époque morte et décadente ». Il a un grand ami, Valentino, qui élargit la dimension de sa vie quotidienne en volant. Littéralement, puisqu’il vient d’obtenir son brevet d’aviateur. Car c’est aussi une histoire d’amitié, et la leur semble être celle de deux adolescents, même s’ils sont plus âgés et entrent dans le monde du travail avec insouciance et envie de jeunesse.. Surtout des intrigues et une entrée dans le monde du crime, mais toujours avec de l’insouciance et une certaine forme de candeur.
Le cinéma de Castellitto est toujours d’une vitalité débordante, accumulant des situations, des personnages et des directions différentes, sans le désir d’une étoile polaire narrative.. C’est des montagnes russes et une alternance des genres, sans perdre de vue cette ironie, même envers soi-même, qui représente le point de départ de chaque scène. Cette ironie qui sent les mains en avant, alors que Enée confirme la qualité du jeune auteur romain à la fois arrogant et fragile, moqueur et d’une tendresse désarmante.. A quoi sert de rire, après tout, sinon de nous protéger, de profaner en attaquant pour ne pas être attaqué. Et ici tout le monde se profane un peu, n’épargnant aucune des mille variantes de la recherche d’argent à Rome. La stratification qui a toujours caractérisé cette ville est très bien représentéequi dans les clubs et dans certains lieux mélange et voit la confluence de la vieille criminalité avec ses codes presque romantiques, représentée dans quelques scènes admirables par un excellent Adam Dionyse, avec de nouveaux et très nouveaux riches et un pouvoir. Le plus subtil semble être celui de la dématérialisation des médias.
Les jeunes Enée et Valentine sont peut-être de l’autre côté des règles, mais ils assument les conséquences de leurs actes, toujours orientés vers une approche à prendre ou à laisser qui laisse volontiers les compromis à la génération de leurs parents.. Ce sont peut-être d’honnêtes travailleurs, mais la frustration les dévaste, comme le confirme un parfait Sergio Castellitto dans la place inévitable du père. Que ce soit dans les maisons ou les restaurants, les personnages du film se retrouvent toujours à table. L’occasion de laisser s’installer les (souvent mauvaises) nouvelles du jour, mais aussi de régler ses comptes. de familles élargies et de nombreux rassemblements. Que diriez-vous Les prédateurs, à table on provoque et on accuse, la tension monte. Enée est beaucoup de choses, toutes visant à se défendre contre la solitude et l’ennui. Un quotidien qui promet de l’aventure, mais qui demande du courage, avant de se rendre compte à quel point l’amitié et l’amour sont les seuls points fixes.