Sans voix humaine, avec un peu de musique et les sons de la nature, arrive au cinéma Le Chêne et ses habitants, un fascinant long métrage documentaire réalisé à quatre mains, qui nous montre la biodiversité autour de la reine des arbres. La critique de Daniela Catelli.
Quand dans les années soixante les longs métrages d’animation de Walt Disney arrivés au cinéma, contrairement à aujourd’hui, ils étaient toujours précédés d’un court documentaire sur la nature, qui montrait aux jeunes spectateurs et leurs compagnons puis des animaux exotiques comme les castors, les ours du parc de Yellowstone et les merveilles des paysages des États-Unis, qu’ils est devenu une préparation et une partie intégrante des films que nous verrons plus tard, pleins d’animaux mignons et amicaux au comportement anthropomorphe, qui interagissent avec grâce avec les protagonistes presque « franciscains ». La perspective de ce regard sur la nature était celle de l’enfant et le récit était simple.
Le chêne et ses habitantssigné conjointement par Laurent Charbonnier et le producteur de films primé Michel Seydoux (parmi tant d’autres, il a produit Marco Ferreri Et Nikita Mikhalkov et travaillé sur Dunes jamais réalisé par Jodorowsky), à ses débuts en tant que réalisateur, est l’évolution moderne, surprenante et technologiquement avancée de ce type de documentaire sur la nature qui met au premier plan les créatures forestières et la nature, sans narration, explications didactiques ni tentatives d’humanisation des protagonistes : l’homme, en le paysage lacustre autour d’un splendide chêne de 210 ans, est absent. Les seuls bruits que l’on entend sont ceux du vent, de la pluie, des bruits d’animaux et du bruissement des branches, même si les auteurs soulignent certaines séquences par des chants à quelques endroits. Le résultat est une fresque spectaculaire de biodiversité, qui nous montre la gigantesque reine des arbres comme une copropriété naturelle, à travers le passage des saisons et la vie de ses habitants : de ceux des étages supérieurs, un écureuil, des oiseaux et des balanes, curieux aux insectes parasites des glands à longue trompe, aux habitants des terriers du « sous-sol », les souris sauvages.
Autour, au bord d’un lac, nagent cygnes et canards, hérons et serpents, serpents aquatiques qui se dirigent occasionnellement vers les nids des geais, qui doivent à leur tour échapper aux griffes des autours, tout comme les souris dans leurs incursions extérieures. il faut se méfier de la chouette effraie, tandis que les sangliers s’enracinent près des racines de la plante. Grâce aux prises de vue à très haute définition et aux objectifs macro, nous voyons des détails d’une clarté impressionnante et nous suivons avec intérêt une histoire qui s’est toujours répétée de la même manière et que nous ne nous arrêtons pas pour observer (on ne peut pas, on n’a pas temps) : le déroulement naturel de la vie sur terre, où chacun est interconnecté les uns aux autres et chaque être, végétal ou animal, est un maillon d’une gigantesque chaîne, un élément d’un engrenage parfaitement huilé et rodé, dont l’homme dispose pas le droit de jammer.
On est véritablement fasciné par un film qui, s’il a une intention pédagogique (des études approfondies ont été réalisées pour les écoles françaises, dont un livre et un podcast), n’est pas de monter sur scène et d’expliquer mais de stimuler activement la curiosité. Et il y parvient très bien, à tel point que même le spectateur adulte, finalement, est amené à tenter d’approfondir ce qu’il vient de voir. On aimerait savoir comment certaines séquences ont été réellement créées, mais il faut se contenter de ce beau résultat, car, si les magiciens ne révèlent jamais leurs tours, la nature est la plus grande magie de toutes, et l’homme devrait apprendre à la respecter sans l’exploiter pour autant. leurs propres fins en désertifiant la planète.