Examen des méfaits à la maison

Un peu de mystère et un peu de comédie, Wickedness at Home raconte avec humour un événement qui s'est réellement produit dans une petite ville du Sussex dans les années 1920, mais qui pourrait aussi se produire aujourd'hui. Les protagonistes et antagonistes sont Olivia Colman et Jessie Buckley. L'avis de Carola Proto.

Si l'on considère Méfait à la maison seulement dans le style d'un polar La dame disparaît De Alfred Hitchcock ou jaune de Agatha Christie avec protagoniste Mlle Marple, on risque de ne pas évaluer correctement un film qui contient un mystère, mais qui laisse deviner d'emblée, et non par oubli, l'identité du coupable, qui dans ce cas écrit des lettres anonymes pleines d'insultes. Il les envoie d'abord chez une célibataire dévouée, puis dans toute la ville de Littlehampton, dans le Sussex, où le sectarisme règne en maître, la liberté d'expression est limitée et la société relègue les membres de la gent féminine à une position de subordination.

Inutile de remettre en question la véracité des personnages qu'ils peuplent Méfait à la maison et sur l'enchaînement des événements, depuis le film de Théa Sharrock il s'inspire d'événements réels survenus il y a environ un siècle. En 1922, une petite communauté conservatrice, puritaine et misogyne de la côte sud de l’Angleterre fut effectivement choquée par une pléthore de missives contenant les jurons les plus disparates, et le coupable présumé fut traîné devant la justice, soulignant l’écho du malheureux scandale. Heureusement pour nous, le scénariste Johnny Doux il a pensé à faire de cet épisode une comédie qui laisse parfois place à l'amertume, par exemple dans le personnage et le jeu des acteurs. Olivia Colmandont le visage avec son expression toujours changeante se transforme à un moment donné en champ de bataille.

L'actrice oscarisée joue Edith Cygne, le destinataire des lettres, qui vit avec un père dominateur et une mère sujette aux évanouissements. C'est un personnage impossible à détester, peut-être pour la manière dont elle accepte son rôle de fille soumise et de chrétienne modèle, et aussi pour les éclairs de colère refoulées que l'on voit briller dans son regard et qui nous amusent tant.
L'autre protagoniste est Jessie Buckley, qui incarne plutôt une Irlandaise qui a perdu son mari pendant la Première Guerre mondiale et a déménagé à Littlehampton avec sa fille. Il s'appelle Roseboit et maudit comme le plus grossier des hommes et, Il va sans diredevient le bouc émissaire de la ville côtière, la personne hors du chœur qu'il faut faire taire pour éviter d'apprendre à d'autres femmes à coincer leurs pères, frères et maris.

Jessie Buckley il insuffle son énergie dans le personnage de Roseet la réalisatrice souligne d'emblée une profonde différence entre elle et Édithet ce n'est pas un hasard si la caméra bouge pendant le cadrage Rosepresque toujours entouré d'une lumière claire, puis devenant immobile devant Édithqui reçoit des coups du terrible parent qui la considère incapable même de comprendre ses propres goûts. Timothée Spall ça te rend méchant et méchant Édouard Cygnemême si c'est la mentalité de l'époque et la mort de deux fils à la guerre qui l'ont rendu médiocre.
Ensuite, il y a une troisième femme, et elle serait l'agent Gladys (Anjana Vasan), qui est également la première femme policière du Sussex et qui, en raison des dangers de son métier, ne pourra pas se marier ni avoir d'enfants. Elle essaie également de lutter à sa manière contre les discriminations.

Les trois personnages principaux se ressemblent et leurs histoires sont autonomisation féminin, chroniques de voyages intérieurs pour gagner l’acceptation des autres et en particulier de soi-même. Et si Édith lutter contre sa famille et Rose contre les règles d'un milieu social rigide et impénétrable, Gladys, qui a un nez incroyable, doit accepter de violer les règles pour résoudre à sa manière une affaire décidément compliquée. Dans ce contexte Rose elle n'est pas moins craintive que Gladys et de Édith, qui est probablement la plus courageuse des trois, mais elle souffre aussi du jugement des autres, et si par certains côtés elle est un garçon manqué, dans son amour pour sa fille elle fait preuve d'une douceur tout à fait maternelle. Il y a ensuite les vieilles dames du quartier, qui ont été confiées à des actrices que les cinéphiles britanniques connaissent bien, démontrant que non seulement Mike Leigh prend le plus grand soin dans le choix de chaque artiste.

Le dernier caractère essentiel de Méfait à la maisonqui rend justice à la complexité de la langue anglaise mais aussi au sens de l'humour du pays Winston Churchill Et David Beckham C'est un mauvais langage. Le langage grossier des lettres est étonnant car vintage, car lié à une autre époque, et même créatif, si créatif qu'il ravit le spectateur et pousse un critique à le définir comme « délicieusement vulgaire ». Et pourtant, même ici, le rire se confond avec un sourire satanique, car l'insulte qui dans le film arrive par lettre, dans notre présent n'est pas anonyme et passe par les réseaux sociaux, et si un message anonyme pouvait et peut rester une affaire privée, aujourd'hui une photographie ou une vidéo que l’on voudrait garder secrète devient souvent publique et constitue une arme bien pire que les maux révélés dans le film.

C'est un équilibre parfait entre sentiment et ironie Méfait à la maison, et se situe entre la fable morale et la satire. N'appelez pas cela un petit film, s'il vous plaît, car dans sa simplicité, il arrive exactement là où il voulait aller, s'en prenant aux haineux contemporains et au patriarcat, un système social qui, hélas, subtilement continue d'exister même dans le pays les plus démocratiques.