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Présenté au Festival du Film de Rome, et diffusé sur Prime Video à partir du 1er novembre, ce film raconte les exploits criminels et non criminels d'un célèbre braqueur français des années 1980. La critique de Libre par Federico Gironi.

On est toujours là, aux mêmes vieilles histoires et figures : le bandit charismatique et charmant, anarchiste, libertin et libertaire ; la belle, belle fille du gangster, fascinée, folle de lui, mais à un moment donné aussi encline à en dire assez, et inquiète du sort de son amour ; le policier talonne le criminel, qu'il considère comme un rival, peut-être même une menace à arrêter, mais pour lequel il ne cache pas une certaine admiration.
L'histoire – vraie et partiellement romancée – de Bruno Sulakterreur des supermarchés et des bijoutiers français entre la fin des années 70 et le milieu des années 80, ne peut pas être qualifié de particulièrement original. En effet, l'impression est que Mélanie Laurent – réalisateur et également scénariste, aux côtés de Christophe Deslandes – avoir joué délibérément avec les stéréotypes en question.
L'attention, en effet, est portée très nettement sur la dimension depuis « Arsène Lupin du XXe siècle » de ce personnage, qui vole plus pour le plaisir de le faire que pour l'argent, qui aime se considérer comme un élément critique et destructeur d'une structure sociale injuste, qui aime sa femme d'un amour doux et passionné comme sentir le vent sur sa peau .

Jusqu'ici, rien d'étrange, rien de remarquable, tout est normal : le portrait d'un criminel romantique et doux, qui n'utilise pas d'arme mais séduit par ses manières, son regard, son arrogance.
Laurent Tout d’abord, le casting a raison : Lucas Bravobeau et gentiment effronté, il travaille très bien dans le rôle de Bruno, et à ses côtés c'est une découverte notable celle de Léa Luce Busatoquelqu'un qui vient du théâtre mais qui a un visage beau et magnétique parfait pour le cinéma. Mais, en plus des seconds rôles, c'est dans le rôle de Georges Moréasle policier en charge de la cellule anticriminalité de Paris, toujours à la recherche de Sulak puis, finalement, devenu romancier. Laurent confie le rôle à Yvan Attal, qui en fait un personnage ridé à la Colombo, avec juste un peu plus de rudesse mais tout autant d'ironie et aussi une bonne dose de fatalisme.
De la somme d'écriture et d'interprétation, à un regard quelque peu désenchanté Moréas n'est pas seulement le personnage le plus charismatique du filmmais certainement, dans son arc de transformation, dans son double regard sur Sulak avec reproche et admiration, le plus intéressant et le plus sympa.
Peut-être, presque, son véritable protagoniste.

Cependant, une chose qui distingue Libre de nombreux produits similaires est certainement un style visuel moins plat et standardisé que ce que l'on a l'habitude de voir.
Dès le début, Mélanie Laurent il impose à son film des images dans lesquelles, alternant avec des moments plus traditionnels, la caméra bouge enneigé, à la main, joue avec les gros plans et les très gros plans, avec les détails, et même dans le montage il y a quelque chose de plus qu'un simple et assemblage linéaire.
Compte tenu de cela, et du message « révolutionnaire » et anarchique de l'idéaliste Sulakson audace et sa douceur, l'accent mis dans le film sur son histoire d'amour passionnée et troublée avec la belle Annie de Busato, on pourrait presque croire que Laurent a osé évoquer implicitement le cinéma des premiers Godardcelui de Jusqu'à mon dernier souffle, Bandes à part Et Pierrot le Fou. Si c'est le cas, qu'il soit mentionné à un moment donné Bébel, Jean-Paul Belmondocela ne semble certainement pas être une coïncidence.
Aucune mention en revanche de l'autre grande icône masculine du cinéma français, Alain Delonet en particulier à son fils Antoinequi était apparemment un ami de Sulak et qui a été arrêté au volant d'une BMW volée à l'intérieur de laquelle se trouvait une arme utilisée pour l'aider à s'évader de prison.