La vallée des fous a été présentée au Festival du Film de Rome : l'histoire d'un homme à la dérive, qui décide de participer à une régate… presque virtuelle. Une structure narrative classique mais corrigée par une certaine solidité dramatique et une belle interprétation. Notre avis.
Gérant d'un restaurant sur la côte de Normandiefortement désiré par sa défunte épouse, Jean-Paul (Jean-Paul Rouvé) est un homme à part entière crise: son filsmême s'il est chef, ne veut plus rien avoir à faire avec lui, alors que les affaires vont très mal. je suis seulement à côté de lui fille cadette et son père (Pierre-Richard), mais eux aussi étaient épuisés par sa descente dansalcoolisme. Pour en gagner un régate virtuelle et régler les comptes dans le rouge, Jean-Paul embrasse la mission de manière imprévisible, décidant de passer tout le temps de la course isolé dans son bateau, dans le jardincomme s'il était là, en pleine mer. Sa folie deviendra malgré lui un phénomène médiatique.
La vallée des fous« la vallée des fous » évoqué dans un dialogue, sur le papier ce serait une proposition très traditionnelle, avec une progression narrative sans surprises, mais jamais comme dans ce cas le vitesses supplémentaires ils doivent être trouvés dans déclinaison de cette proposition. Nous avons vu à plusieurs reprises un protagoniste raté, qui tente un exploit pour rachète-toicimentant une existence fragmentée en cours de route, réunir ses affections. Cependant, nous l'avons rarement vu en un seul une circonstance si étrange et symbolique. Choisir pour elle un Jean-Paul régate semi-virtuellele réalisateur et co-scénariste Xavier Beauvois obtient deux bons résultats. D'une part, la curieuse régate virtuelle est un parfait symbole de notre époqueoù même une expérience aussi physique et primordiale qu'un défi sur les vagues peut se raréfier en elle-même version abstraite. En revanche, le symbole ne devient jamais un sermon, car la manière absurde de vivre la course de Jean-Paul finit par isoler et valoriser le sens philosophique ultime des grandes régates: il ne navigue pas vraiment, mais il vit ça pleinement ascétisme dynamique et quelque peu mystérieux de la disciplineà tel point que des personnalités importantes de ce monde participent au film. Qui a visiblement très bien compris le film de Beauvois. De plus, l'idée derrière l'histoire se traduit de manière vivante, d'une manière évocatrice et curieuse, même dans le sens. espacequand le la distance psychologique entre Jean-Paul et sa famille devient physiqueavec un jardin aussi vaste que l'océan entre le restaurant et le bateau où il se terre.
La deuxième façon dont Beauvois donne du vrai à son histoire de rédemption est précisément dans la façon dont il la décline, sans trop de rhétorique et sans terminer le psaume en gloire, juste dans un port plus sûr pour l'existence de son protagoniste désespéré mais tendre. Bien que l'étrange odyssée de Jean-Paul devienne, comme on pouvait s'y attendre, un catalyseur pour la résurrection de sa famille et de son entreprise, l'originalité du récit réside dans le fait qu'il tu ne te reconnais pas du tout: il a commis une erreur dans sa vie, et peut-être qu'elle restera fausse, mais ce qui compte c'est d'éviter d'abîmer les existences liées à la sienne. Si cette personne ne se conforme pas au stéréotype, nous le devons àexcellente prestation de Jean-Paul Rouvece qui éclipse facilement la grande sympathie de Richard. Le protagoniste est un alcoolique, et Rouve incarne sa souffrance sans rabais, sans failles ni complaisances, particulièrement dans les premiers jours de la « navigation », lorsque leabstinence ça le tue.
La vallée des fous est donc sur le papier un film typique sur les valeurs familialesbien sûr, et il ne manque pas de solutions plus évidentes dans certaines parenthèses ou dans certains personnages secondaires (comme son fils Ferdinand), mais il crée empathie avec une certaine intelligence, travaillant ce sous-genre du cinéma avec ses propres personnalité.