la critique du film de Ludovica Rampoldi avec Valeria Golino et Pilar Fogliati

Deux couples aux prises avec la trahison et la complexité d'entretenir une relation après des années. Une comédie romantique qui débouche sur un thriller et une réflexion sans préjugés sur les relations homme-femme. Critique de Mauro Donzelli sur Brève histoire de l'amour de Ludovica Rampoldi.

Une chambre d'hôtel, en journée, pendant une journée de travail. Un lieu clé dans l'histoire de la trahison d'un couple pour voir le monde sous un angle différent, ignorant l'activité trépidante d'une ville extérieure et se consacrant à un rendez-vous sexuel qui devient lui-même une routine quotidienne. Il s'agit de la relation entre Lea (Pilar Fogliati), trente ans, qui elle-même est apparemment fiancée avec l'acteur du même âge Andrea (Carpenzano) et une fille, et Rocco (Adriano Giannini), cinquante ans, sismologue depuis de nombreuses années en relation avec une psychothérapeute (Valeria Golino) dans une relation apparemment mature, dont il fait une pause le vendredi soir pour une étrange animation : boxe en alternance avec échecs.

C'est le point de départ de la variation des sens amoureux avec la trahison représentée par Brief Love Story, qui commence sur un rythme agréable, troublant et presque sans dialogue, voulant justifier le sérieux avec lequel la scénariste Ludovica Rampoldi affronte sa nouvelle tâche de réalisatrice. Il n'a pas peur de relever le défi du film de couple, il évite le moralisme et les jugements hâtifs, et dépasse largement la tentation de la scène principale, humilie les infidèles, problématise et discute, aux côtés de personnages différents les uns des autres, mais ayant une crédibilité en commun. Pas de sketchs de cours de scénario, mais fragiles et séduisants, en phases alternées, voire très rapprochées, comme toute personne impliquée dans les pulsions et les déceptions de l'amour. Et puis l'adrénaline d'un acte interdit, qui, avec ceux qui soupçonnent et ramène des souvenirs ancestraux du jeu du Cluedo, permet au film de s'amuser dans les territoires du thriller.

C'est la relation entre Léa et Rocco qui fonctionne comme le déclencheur d'un chemin de rapprochement entre les deux couples, bien pensé et capable d'aller au-delà d'une comédie romantique superficielle. La différence d'âge entre les quatre permet à Rampoldi de réfléchir sur la façon dont le temps affecte le point d'observation, plus ou moins implacable ou moralisateur, d'une trahison et d'un mensonge en série raconté à quelqu'un qu'on aime. Les années apportent de l'expérience et des connaissances (mais en sera-t-il vraiment ainsi ?), personnellement et dans son propre environnement, qui permettent une vision moins manichéenne des relations, mais de la vie en général. Peut-être que l'enthousiasme s'estompe et que vous avez besoin de vous faire frapper sur une place un vendredi soir pour une dose d'endorphines, mais aux échecs, vous faites échec et mat en un instant.

Chaque couple est différent et, traditionnellement, il existe un risque de mal comprendre sa dynamique et ses caractéristiques lorsqu'on l'observe de l'extérieur. A Brief Love Story choisit de mettre la main à la pâte, d'entrer en plein milieu, sans espérer y trouver les fameuses et chimériques réponses, se contentant de soulever de nouvelles questions, plus adaptées aux personnes impliquées. Les passions renouvelées et les sentiments de culpabilité imprègnent les murs de la chambre d'hôtel et de l'appartement dans lesquels on les voit vivre leur quotidien distraits par l'espoir d'un appel, ou excités comme des enfants par la découverte d'un corps ou d'un cœur qui bat. Rien de tel qu'une soudaine chute amoureuse à l'âge adulte vous fait redevenir adolescent, et ce film parvient à le raconter sans oublier le côté plus mature du jugement et de la prise de responsabilité, en évitant les sermons lourds et avec ce qu'il faut d'imprévisibilité.

Les débuts de Rampoldi représentent un exemple de ce dont le cinéma italien aurait besoin en bien plus grande quantité : une écriture sèche et précise, une structure narrative bien pensée, le respect du temps du spectateur, des acteurs convaincants et, en partie, pas toujours habituels. Et puis cette chambre d’hôtel en plein jour, avec un inconnu.