Un braquage de banque est un matériau parfait pour le cinéma. Mais lorsque le braquage est réel, inspiré d'une histoire de Sherlock Holmes, puis dissimulé par le gouvernement britannique au nom de la « sécurité nationale », le succès est au rendez-vous ! C'est ici que commence The Perfect Heist – The Bank Job, un thriller de 2008 réalisé par Roger Donaldson et mettant en vedette Jason Statham, construit autour de l'un des vols les plus mystérieux de l'histoire anglaise.
The Perfect Heist : de quoi parle le film avec Jason Statham ?
Le protagoniste est Terry Leather (Jason Statham), un petit criminel londonien qui voit le coup d'État comme une opportunité de régler sa famille une fois pour toutes. Son amie Martine (Saffron Burrows) l'implique en lui offrant sur un plateau d'argent l'opportunité de braquer une banque de Baker Street. Le scénario adhère ouvertement à la théorie de l’implication des services secrets, que nous aborderons sous peu, en imaginant que le MI5 souhaitait récupérer des éléments compromettants conservés dans l’une des cassettes. Le résultat est une intrigue qui mêle crime, espionnage et scandales politiques, avec pour toile de fond le Londres des années 70.
Le braquage inspiré de Sherlock Holmes : ce qui s'est réellement passé en 1971
Nous sommes à Londres, en septembre 1971. Le criminel Anthony Gavin, fasciné par l'histoire d'Arthur Conan Doyle, monte un plan audacieux : braquer une succursale de la Lloyds Bank à Baker Street, non loin de l'adresse emblématique de Sherlock Holmes. Le gang loue un magasin de tissus, le , à quelques rues de l'objectif. Le week-end, il creuse un tunnel souterrain jusqu'à atteindre le coffre-fort de la banque. Le 11 septembre 1971, le sol explosa, les coffres-forts furent saccagés et le butin estimé variait entre 1,2 et 3 millions de livres. Un chiffre énorme pour l’époque.
Le détail le plus incroyable ? Un radioamateur intercepte les communications entre complices via talkie-walkie. Il enregistre une partie des conversations et alerte la police, qui ne parvient cependant pas à localiser précisément le lieu de l'attaque. En effet, dans la zone identifiée, d'environ 13 kilomètres carrés, se trouvent des centaines de banques. Lorsque la police arrive à Lloyds, il est trop tard. En quelques semaines, la plupart des membres du gang ont été arrêtés et condamnés à des peines d'une dizaine d'années. Mais seule une petite partie de l’argent est récupérée.
Le mystère du silence et le caméo de Mick Jagger
La véritable étrangeté de ce braquage sensationnel vient plus tard. Les autorités britanniques publient un DSMA-Notice, une disposition qui invite officiellement les médias à ne pas s'intéresser à l'affaire pour des raisons de sécurité nationale. Au fil des années, diverses hypothèses ont circulé : dans les coffres-forts auraient été contenues des preuves compromettantes concernant la famille royale, notamment des éléments liés à la relation entre la princesse Margaret et le criminel John Bindon, ainsi que des photographies qui auraient pu nuire à des personnalités politiques de premier plan. Rien n'a jamais été prouvé, mais de nombreux documents officiels restent classifiés jusqu'en 2071.
Recréer l’atmosphère des années 70 n’était pas facile, tout comme les us et coutumes de l’époque. Le réalisateur a déclaré que la scène la plus difficile à créer était celle du bordel. La séquence obligeait les figurants à se promener sur le plateau avec uniquement des bretelles, mais ils se présentaient sur le plateau avec les parties intimes rasées, obligeant la production à récupérer ce qu'on appelle des « » : des sortes de perruques génitales très inconfortables à attacher, mais nécessaires pour un « look » dans la lignée des années 70. Et, pour ceux qui aiment repérer des visages célèbres, Mick Jagger fait également une apparition parmi les employés de la banque.