les Astrophages expliquent, qui sont les « méchants » du film avec Ryan Gosling ?


Dans The Last Mission: Project Hail Mary, basé sur le roman du même nom d'Andy Weir de 2021, un organisme microscopique dicte silencieusement le sort de l'humanité. Ryan Gosling incarne Ryland Grace, un brillant scientifique qui se réveille seul à bord d'un vaisseau spatial avec une mission plus lourde que la gravité elle-même : sauver la Terre de l'extinction. En chemin, Grace trouve un allié inattendu en la personne d'un extraterrestre commun, Rocky (James Ortiz), transformant l'isolement en coopération.

Grace n’est pas un héros de manuel. Il trébuche, doute de lui-même et cache souvent sa fragilité derrière son auto-ironie. Son évolution, de l'hésitation au courage, est le cœur émotionnel du récit et, lorsqu'il s'agit du troisième acte, le film de Phil Lord et Christopher Miller propose une fin véritablement édifiante, sans compromis. Mais au centre du récit se trouve un microbe qui est à la fois bourreau et sauveur. Quelle est exactement cette petite menace qui tient en otage des civilisations entières ?

Qu’est-ce que l’astrophage du projet Je vous salue Marie ?

L'Astrophage n'est pas une créature visible à l'œil nu, pourtant son impact est comparable à celui d'un corps céleste. Cet organisme microscopique se développe à la surface des étoiles et se comporte presque comme des moisissures ou des algues cosmiques. Il flotte dans l’espace, irrésistiblement attiré par la lumière, se nourrissant de l’énergie stellaire comme principale source de subsistance. Le nom lui-même est significatif puisque, en latin, il signifie «  », une expression qui ressemble plus à un avertissement qu'à une étiquette.

Ce qui rend l'Astrophage particulièrement dangereux, c'est sa capacité à stocker d'énormes quantités d'énergie. Il peut convertir la masse stockée en propulsion, ce qui lui permet de voyager dans l’espace à une vitesse étonnante de 0,92 fois la vitesse de la lumière. Comment obtient-il ce résultat impressionnant ? Grâce à l'émission de lumière à la longueur d'onde de Petrova, qui transforme le microbe en un moteur naturel d'une efficacité extraordinaire. Malgré ses capacités, l'Astrophage est inconscient et agit par instinct. En fait, Grace plaisante sur la différence par rapport à d'autres rencontres célèbres avec des extraterrestres, notant qu'elle est très différente, par exemple, des Vulcains. Cette absence de conscience ne le rend cependant pas inoffensif. Loin de là.

En se nourrissant de l’énergie solaire, l’Astrophage réduit progressivement le rayonnement solaire émis. Et voici le problème : une baisse prolongée de la chaleur pousserait la Terre dans un gel profond, détruisant les écosystèmes et mettant fin à la vie humaine. Une expérience accidentelle en laboratoire démontre comment un minuscule échantillon libère suffisamment d'énergie pour détruire un bâtiment entier et tuer deux scientifiques. Cependant, considérer l’Astrophage comme purement destructeur serait insensé. Son immense capacité énergétique permet en effet des découvertes scientifiques révolutionnaires. Il peut réguler les températures extrêmes, protéger contre les radiations et, plus important encore, alimenter les voyages interstellaires.

Sans lui, Grace et Rocky n'atteindraient jamais Tau Ceti, où ils découvrent Taumoeba, le prédateur naturel capable d'arrêter la propagation de l'Astrophagus.

Comment l'Astrophage se reproduit et comment il alimente les voyages spatiaux

Comprendre le cycle de vie de l’Astrophage devient crucial alors que sa survie en dépend largement. Les humains et les Éridiens dépendent de cet organisme comme source d’énergie, mais leurs méthodes sont contradictoires. Les humains transforment le désert du Sahara en une immense centrale énergétique, utilisant la lumière du soleil pour nourrir et multiplier les Astrophages. Les Éridiens, qui vivent sur une planète beaucoup plus chaude, stockent les Astrophages dans des récipients métalliques et les plongent dans l'eau, permettant ainsi à l'organisme d'absorber l'énergie sans effort. Ensuite, lorsqu’ils en ont accumulé suffisamment, ils migrent vers Vénus pour se reproduire, utilisant cette énergie pour voler dans l’espace.

Bien que le récit semble extrêmement imaginatif, l’approche scientifique d’Andy Weir est tout sauf superficielle. « J'ai trouvé les équations des fusées sur Internet – a-t-il confié dans une interview à – C'est ainsi que j'ai compris qu'il fallait deux millions de kilogrammes d'astrophages pour un vaisseau spatial de 100 000 kilogrammes, même si dans le film la quantité était agrandie ».

Je suis fier que la seule véritable violation des lois de la physique dans l’histoire soit quelque chose qui ne peut être découverte qu’au niveau quantique.

Cette violation, explique-t-il, est la capacité de l'Astrophage à stocker des neutrinos. En réalité, les neutrinos traversent la matière presque sans être dérangés, glissant comme des fantômes. En enfreignant cette seule règle, et celle-là seule, Weir maintient l’histoire fondée sur la plausibilité scientifique tout en laissant place à l’imagination. L'Astrophage ne parle ni ne pense, mais il domine le récit avec une autorité silencieuse, faisant du Projet Hail Mary une histoire intéressante dans laquelle le plus petit organisme a la voix la plus forte.