Halle Bailey et Regé-Jean Page sont les protagonistes d'une comédie romantique se déroulant en Toscane qui, entre malentendus et bonnes intentions, joue avec les situations et les dynamiques typiques du genre. Notre critique de Entre amour et tromperies.
Toi, moi et la Toscane, réalisé par Kat Coiro (Épouse-moi) et distribué en Italie avec le titre Entre amour et déceptions, joue avec les clichés de la comédie romantique, immergé dans un décor pittoresque de collines et de vignobles toscans. Cependant, le décor évocateur ne suffit pas à donner au film un caractère véritablement original, capable d'impliquer pleinement un public adulte. L'histoire s'appuie en effet sur les représentations du Bel Paese familier au cinéma américain, sans parvenir à les renouveler ni à les rendre véritablement incisives.
L'ancienne Petite Sirène Halle Bailey incarne Anna, une jeune femme qui, après la mort de sa mère, a abandonné ses études de cuisine et se contente de petits boulots et de petits échecs personnels, essayant apparemment de vivre une vie qui ne lui appartient pas. La rencontre avec le charmant Matteo (Lorenzo de Moor) et la promesse d'une villa abandonnée à San Conessa deviennent le coup de pouce pour enfin partir pour l'Italie de ses rêves. À l'insu du garçon, elle se faufile jusqu'à la villa, déterminée à n'y rester qu'une nuit, mais la situation devient complètement incontrôlable lorsque la famille tapageuse de Matteo croit qu'Anna est sur le point de l'épouser. C'est là qu'intervient le charmant Michael (Regé-Jean Page), le cousin de Matteo. Jour après jour, une entente naît entre lui et Anna qui, bien que construite sur un mensonge absurde, les aide à affronter leurs fantômes et à trouver le courage de réaliser leurs rêves.
Les thèmes centraux, sur le papier, ont pas mal de potentiel : l'importance des apparences, la douleur de la perte et les différentes manières dont Anna et Michael ont réagi aux tragédies personnelles (elle a perdu, il s'est immergé dans l'entreprise familiale). Malheureusement, le scénario ne parvient pas à exploiter pleinement ces signaux émotionnels, transformant le récit en une comédie d'erreurs prévisible, dans laquelle les stéréotypes italiens (de la mère intrusive à la sœur corpulente qui a un liaison avec le plombier) s'imposent avec une série de gags déjà vus. Nos Isabella Ferrari, Tommaso Cassissa, Paolo Sassanelli, Stefania Casini et Marco Calvani deviennent des caricatures d'une Italie « carte postale », sans jamais ajouter une réelle profondeur à l'histoire.

Halle Bailey est enchanteresse dans le rôle d'Anna, et il est agréable de la revoir dans un conte de fées moderne, tandis que Regé-Jean Page, en effet, présente le héros romantique dur mais sensible qui l'a rendu célèbre dans Bridgerton, avec des abdominaux bien sculptés et toujours en vue. Globalement, nous sommes confrontés à une opération légère, qui se concentre davantage sur l'esthétique et le casting que sur la profondeur narrative, et pas trop différente de Another Small Favore, où le décor splendide de Capri ne suffisait pas à masquer le forçage de l'intrigue et le défilé de caricatures et de clichés. De même, dans ce cas, un duo de protagonistes sans aucun doute charismatique ne suffit pas à faire revivre une histoire qui ne fascinera probablement pas les plus de 15 ans. Certains gimmicks fonctionnent et allègent le ton, comme les références à Get Out de Jordan Peele ou à la série The Bear, mais ce sont des moments isolés dans un ensemble alourdi également par une bande-son prévisible, qui propose des persistants comme C'est peut-être parce que je t'aime Et Tu commences à faire l'amour. Une pure avant-garde.

Entre amour et tromperie elle reste une carte postale folklorique au dénouement heureux, plus attentive au charme visuel et à la présence de ses protagonistes qu'à la solidité narrative. Un film qui vise clairement le divertissement immédiat, sans toutefois sortir de la zone de confort d'une imagerie désormais datée, largement explorée par ce type de production.