Adieu au grand metteur en scène Maurizio Scaparro

Maurice Scaparro, l’un des plus grands metteurs en scène de théâtre italiens, un maestro, est décédé aujourd’hui 17 février dans sa maison romaine à l’âge de 90 ans. Sa vie fut entièrement dédiée à la scène, d’abord comme critique de théâtre à laAprès vous! puis comme fondateur, en 1961, de la revue Nouveau Théâtre. Mais il était aussi arrivé au cinéma, bien que de façon fallacieuse, avec la transposition de quelques œuvres théâtrales tirées des classiques, comme sa belle Don Chisciotteavec Pino Micol et Evelina Nazzari, à partir de 1984, la splendideAmérique de Franz Kafka avec Max Malatesta, 2004 (à cette occasion nous avons eu le plaisir de l’interviewer), la Bohèmeà partir de 2007, La dernière Pulcinelle avec Massimo Ranieri, Adriana Asti et Jean Sorel (2008) et Le rêve des mille avec Giuseppe Pambieri en 2011.

Maurizio Scaparro et le grand théâtre

Le nom de Maurice Scaparro il s’inscrit en grosses lettres au Panthéon des grands metteurs en scène italiens, avec ceux de Georges Strehler, Mario Missiroli, Luca Ronconi et autre. Au cours de sa longue carrière, il a dirigé de nombreux théâtres permanents, de Bologne à Rome en passant par le Théâtre Eliseo. En 1965, il fait ses débuts comme metteur en scène de théâtre avec La Venexiana. Toujours à l’écoute des nouvelles générations et soucieux de rapprocher les jeunes de la culture et du théâtre, on se souvient de lui dans une réunion publique en 1977, au moment des débuts, dont on a été témoin, de son splendide Cyranoavec Pino Micol (qui avait déjà réalisé dans Hamlet et avec qui il retravaillera dans La vie de Galilée Et Don Chisciotte) et Evelina Nazzari, un spectacle splendide et innovant, très réussi, qui se répète depuis des années et a voyagé dans le monde entier. Une autre de ses productions très appréciées avait été Mémoires d’Hadrien avec Georges Albertazzien 1989, La vie de Galilée et plein d’autres. Parmi les directions de Scaparro, il y a aussi des œuvres télévisuelles dont Rocco Scotellaro avec Bruno Cirino et Gaston d’Ettore Petrolini. Il n’est pas rhétorique de dire qu’il nous manquera beaucoup, dans un pays qui n’a pas su produire d’héritiers dignes et se retrouve de plus en plus pauvre en culture et en idéaux à la mort de chacun de ces grands.