Barbara Bouchet est la protagoniste d'un film délicat et courageux qui parle d'amitié, d'amour, de vieillesse et de liberté de décider quand quitter ce monde. Intitulé Finale : Allegro, il est réalisé par Emanuela Piovani. L'avis de Carola Proto.
Il n'est jamais facile de parler du troisième et du quatrième âge sur grand écran, surtout si l'on quitte le territoire de la comédie romantique, du drame lié à la maladie et de l'aventure audacieuse qui sert à se réconcilier avec le passé ou à rembourser d'anciennes dettes. Le cinéma américain, par exemple, regorge de films comme celui-ci, très habile à produire, les uns après les autres, des films de feel good plus ou moins réussis. En Italie, les exemples sont plus rares, et Finale : Allegro d'Emanuela Piovano est presque unique, car traiter avec délicatesse, sincérité et respect de thèmes comme la vieillesse et avec elle le changement du corps, la douleur de la perte, la quasi-impossibilité de faire des projets et la fin de la vie est une tâche très difficile et rarement menée à bien. Bien sûr, à la base du film il y a un roman, « L'età ridicola » de Margherita Giacobino, mais la réalisatrice a réussi à transmettre, par petites touches tacites, et avec une caméra à l'épaule qui filme les personnages de près, créant une intimité avec eux et entre eux, la fragilité et en même temps la force de ceux qui connaissent leur propre vulnérabilité et qui savent, hélas, qu'ils sont presque arrivés au bout de la course.
Parlons d'amour Finale : Allegro, parce que la protagoniste Karina voit s'éloigner toujours plus vite la femme qu'elle a aimée toute sa vie, une vie passée en partie sur les barricades, entre féminisme et mouvement de libération homosexuelle, et en partie devant un piano. Il parle aussi d'amitié, cette amitié nourrie par des années d'expériences partagées et éclairée par les rires, les sourires et les larmes d'émotion. Mais surtout Emanuela Piovano parvient à plaisanter sur la maladresse des « jeunes autrement », qui oublient chez eux les clés de leur maison ainsi que leur portefeuille et qui, en lisant les nécrologies dans un journal, se sentent dans les tranchées, imaginant leurs propres funérailles et fantasmant sur la robe à porter dans le cercueil. Vieillir, semble nous dire le film, c'est lâcher prise, c'est perdre le fil et le contrôle, c'est être soi-même, avec un passé cher et un avenir très court dont on peut fixer la fin, car qui a dit qu'il fallait mourir de maladie ? Vous pouvez aussi choisir de mourir par peur, par ennui ou par manque de courage, et ce message est important et révolutionnaire. Final : Allegro défend l'autodétermination et le renoncement, mais s'ouvre aussi à l'espoir et à une transformation inattendue, puisque les personnages ne sont pas solides et peuvent changer d'avis.
Revenons à l'amitié, car une amitié profonde naît entre Karina et la jeune Géorgienne qui s'occupe d'elle, qui se nourrit du contraste entre la mentalité ouverte de la première et le conservatisme de la seconde, originaire d'un pays où l'homosexualité est punie dans les couvents. La deuxième partie du film est consacrée à la construction de cette belle relation, une rencontre dans laquelle on échange sa peau et observe la réalité à travers les yeux de l'autre pour découvrir qu'elle n'est finalement pas si mal.
On aime particulièrement les acteurs de Finale : Allegro, à commencer par Barbara Bouchet et Luigi Diberti. Le premier oscille entre l'auto-ironie et la rébellion, tandis que le second a une énergie explosive, qui n'est pas une réaction forcée à l'horreur vacui mais le résultat de la joie que l'on ressent lorsqu'on sait qu'on a quelque chose à laisser à ceux qui viendront après nous.