Armageddon Time – Le Temps de l'Apocalypse, le film en partie autobiographique de 2022 réalisé par James Gray, met en vedette le jeune Michael Banks Repeta dans le rôle de Paul, un garçon déchiré entre le désir de faire le bien et la difficulté de s'opposer aux injustices du monde qui l'entoure. En arrière-plan se trouvent les thèmes du racisme, des privilèges, de la famille et de la perte de l'innocence.
Armageddon Time : l'intrigue, le casting et la bande-annonce du film
Situé dans le quartier du Queens (New York) au début des années 1980, dans la période précédant l'élection de Ronald Reagan à la présidence, le film suit les événements de Paul (Michael Banks Repeta), un garçon juif à l'âme d'artiste qui rêve de devenir peintre. Paul a du mal à s'intégrer à l'école, où il a souvent des ennuis, et vit dans une situation familiale complexe : sa mère (Anne Hathaway) l'aime mais ne le comprend pas, tandis que son père (Jeremy Strong) est un homme sévère et irascible. Le seul véritable point de référence pour Paul est son grand-père (Anthony Hopkins), un juif européen qui le protège, le comprend profondément et lui enseigne l'importance de défendre les plus faibles contre la discrimination.
À l'école, Paul noue un lien fort avec Johnny (Jaylin Webb), un garçon noir issu d'une situation familiale difficile. Johnny est aussi un rêveur, qui aspire à devenir astronaute, mais doit faire face au racisme d'un monde qui exclut les gens comme lui. Les deux partagent un sentiment d’exclusion et le désir de se rebeller contre les règles des adultes. Mais lorsqu’ils se retrouvent en difficulté, ses parents décident de transférer Paul dans une école privée, une institution destinée à former l’élite de demain financée par la famille Trump. Malgré le changement, Paul garde une grande naïveté, convaincu que tout est encore possible…
Ce que nous pensons du film : la critique de Federico Gironi
Vu ainsi, Armageddon Time pourrait apparaître comme une histoire d'apprentissage comme beaucoup d'autres, bien que mise en scène avec un style cinématographique très classique, très linéaire, très direct, en décalage avec la tradition plus récente du genre. Un style qui peut peut-être paraître un peu trop plat à certains, mais qui possède une élégance classique qui l'élève au-dessus de toute mode éphémère. Le film raconte quelque chose de complexe, qui a à voir avec la réalité prédatrice d'un pays, l'Amérique, qui était censé être la terre de liberté et d'opportunités pour tous, mais qui était, et est encore, à bien des égards, seulement pour certains. La réalité d'un lieu où la lutte pour la survie, pour le succès, pour toute forme de succès, même mineur et fatal, passe pour quelque chose d'inconfortable, de cruel, de douloureux. Égoïste. Le monde des adultes est plutôt incapable de relations ; un monde où autorité rime avec autorité tergiversante, méprisante, voire violente, liée à des modèles désormais lointains. C'est un film très amer et pessimiste. Un film qui raconte une réalité crépusculaire, automnale dans les couleurs et les tons, sèche et dénuée de tout pathétique, mais pas de mélancolie douloureuse. Un film dans lequel l'histoire du passage à l'âge adulte n'est pas réconfortante, mais soulève des questions complexes et douloureuses. C'est une pilule amère que James Gray fait avaler au spectateur après l'avoir avalée lui-même. Peut-être pour expier des péchés anciens, dans l'illusion qu'un film pourrait suffire à rembourser certaines dettes du passé.
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Armageddon Time – Le Temps de l'Apocalypse, Notre critique vidéo du Festival de Cannes 2022
Federico Gironi et Mauro Donzelli nous font part de leurs impressions sur le film après l'avoir vu à la 75ème édition du Festival de Cannes :