Ils élargissent les horizons et les acteurs, toujours attentifs aux comportements de la société actuelle, toujours dans une veine comique. Ficarra et Picone reviennent réalisé par Francesco Amato à Santocielo. La critique de Mauro Donzelli.
Sauf Ficarra Et Valentino Picone ils ont souvent commencé leurs aventures sur grand ou petit écran dans les sinueux villages perchés de Sicile, la dernière fois ils se sont aventurés jusqu’à Bethléem lors des journées intenses qui ont marqué la religion catholique, mais cette fois ils ont exagéré en commençant leur film directement du des salles de paradis aux hauts plafonds et très fréquentées. Avec un p minuscule, disons-le, puisqu’ils restent irrévérencieux (et heureusement) dans Mon Dieu. Leur dieu (ici aussi on ose une minuscule respectueuse) a ce petit caractère irascible et capricieux d’un ancien testament, mais avec les traits de Giovanni Stortid’où il prend au moins une certaine légèreté.
Cela ne change pas, même si cette fois ils se laissent diriger par Francesco Amatopour le duo d’humoristes siciliens, vétérans de l’expérience de L’étrangetéce qui les a anoblis en tant qu’interprètes même au-delà de leur zone de confort. La religion reste une sorte de terrain d’entente avec les spectateurs, un code communicatif à retravailler et à partir duquel partir.toujours avec ce respect et cette grâce qui les distinguent, au point d’élargir leur regard aux vices bien plus qu’aux vertus de la société d’aujourd’hui, mais aussi d’hier.
Dieu envoie un nouveau messie pour redresser l’humanité, mais qu’il soit le dernier avant d’intervenir brutalement avec un déluge universel. Même si cela risque d’être anticipé par la planète en rébellion climatique. Envoie l’ange Piconéqui d’un simple contact n’imprègne pas par erreur l’élu, mais un mâle sicilien bigot rencontré le premier soir sur terre, Ficarra. Dans Mon Dieu les thèmes abordés sont nombreux et actuels, dans un bond en avant en termes d’ambitions qui les conduit vers une sorte d’équilibriste entre provocation blasphématoire, mais avec pardon immédiat dans le confessionnal, et dénonciation sociale jamais imposée par un professorat, mais abordée avec style. classique de la comédie sur la peau de banane, presque comme s’ils étaient tombés dessus par hasard.
Mais comme on le sait, les comédiens siciliens, assistés ici sur le scénario par Amato, Fabrizio Testini et Davide Lentieri, sont très précis et sérieux et rien n’est laissé au hasard. Même s’ils disent que le film a failli s’écrire tout seul. Ce qui est évident, c’est qu’ils ont pris goût aux paradoxes et aux provocations, suffisamment pour parvenir à leur film le plus complexe et le plus courageux, complexe et irrégulier dans son développement narratif, à tel point que cela a duré deux heures. Dans une époque où la comédie (italienne) est en crise, ou du moins en mutation, ils se rendent compte qu’il ne suffit plus de s’en tenir à des formules connues et ils essaient de relever la barre, de rendre la comédie sociale et un peu folle. La prochaine étape à laquelle nous nous attendons est un peu plus de méchanceté (saine).
Dans ce chemin évolutif, elles font de la place et rendent justice à deux rôles féminins intégrés et intéressants, comme jamais auparavant. Comme l’ex de Ficarra, Barbara Ronchidont il est toujours amoureux, ou du moins il le croit, une psychologue qui ne comprend rien, même pas sur elle-même, et la religieuse Maria Chiara Giannetta, qui découvre une forme d’amour différente de celle de Jésus, lorsqu’il prie et chante avec l’ange Picone. Ce sera l’expérience la plus chauvine d’une grossesse, l’expérience la plus forte qu’une femme puisse vivre, dans un film qui saute de préjugé en préjugé pour le mettre à mal, partant dans un sens mais régulièrement surprenant par la conclusion qu’il en tire. Reste le rire qui, dans le cas de Ficarra et Picone, n’est jamais grossier mais toujours raffiné, tandis que Mon Dieu oser et observer avec une participation active la société dans laquelle nous vivons, même depuis le nuage d’un paradis tout blanc, sans se contenter d’alimenter des préjugés et des plaisanteries désormais dépassées et hors du temps. Une autre comédie est possible, les spectateurs la méritent.