Le premier film de Tommaso Renzoni actualise avec légèreté la comédie culte de 2006, sans trahir le cœur de l'original. Notte Prima degl Esami 3.0 parvient à équilibrer nostalgie et contemporanéité grâce à un casting jeune et soudé et un dialogue plein d'humour entre le passé et la Gen Z.
Lors de sa sortie en 2006, Notte prima degli exami, malgré toutes ses limites, a réussi à se tailler une place à part dans l'imaginaire collectif. Luca Molinari (Nicolas Vaporidis) et le terrible professeur'la charogne » Martinelli (Giorgio Faletti) a parlé au cœur de deux générations différentes. D’un côté, ceux qui se préparaient réellement à affronter la maturité ; de l'autre, ceux qui ont vécu ce rite de passage dans les fabuleuses années 80, en redécouvrant les ambiances, la musique et les suggestions.
Le deuxième opus, Night Before the Exams – Today, qui se déroule dans le présent, n'a pas reproduit la même magie, laissant la franchise dans une position délicate. C'est aussi pour cette raison qu'une opération comme La veille des examens 3.0 commence déjà avec un certain degré de risque : redonner vie à un titre si lié à la mémoire émotionnelle du public sans le trahir ni le copier. Ce qui est surprenant, c'est la façon dont le film parvient à trouver un équilibre. Lors de ses débuts en tant que réalisateur, Tommaso Renzoni (auteur de titres célèbres tels que je m'appelle Lillo, Le Baracchino Et Gigolo accidentel) s'associe au créateur du film original, Fausto Brizzi, ici en tant que co-scénariste. Le résultat est une opération qui fonctionne justement parce qu’elle choisit la voie de l’hommage sans tomber dans l’imitation.
L'intrigue reprend, dans ses grandes lignes, le schéma de l'original. Contre toute attente, Giulio (Tommaso Cassissa) est admis à l'examen final par le professeur Castelli (Sabrina Ferilli), surnommé «la bête« , qui le cible depuis des années au point de lui faire détester l'école. Convaincu que l'admission n'est rien d'autre qu'une embuscade, Giulio voit ses soupçons confirmés lorsque le professeur l'invite chez lui sous prétexte d'organiser ses études pour l'examen. Pour agir, le garçon compte sur ses vieux amis : Cesare (Adriano Moretti), Allegra (Alice Lupparelli) et Sole (Alice Maselli), la petite amie de Cesare secrètement amoureuse. Le groupe met en place un plan aussi naïf que risqué : créer un faux profil du béguin de Castelli au lycée, dans l'espoir que, distraite par l'enthousiasme d'un nouvel amour, l'enseignante baissera la garde et se montrera plus indulgente lors des oraux. Comme prévu, la situation devient vite incontrôlable, à l'approche du jour de l'examen, des tensions familiales (entre parents absents et présences intrusives), des amitiés de plus en plus fragiles et un château de mensonges prêt à s'effondrer.

Parmi les points forts, se distingue le jeune casting, avec une mention particulière pour Adriano Moretti, un talentueux comédien romain qui réalise son premier film. La relation de Cesare avec son irrésistible grand-mère (Teresa Piergentili), sa seule famille, évoque une dynamique « verdonienne » et offre certains des moments les plus drôles du film, sans pour autant sacrifier la crédibilité du personnage, qui n'est jamais caricatural. Du côté des adultes, Sabrina Ferilli recueille idéalement l'héritage du regretté Giorgio Faletti, reproposant la figure du « mauvais professeur », mais en l'actualisant dans le ton et le contexte. Et c'est précisément dans l'actualisation que le film trouve son identité : les relations amoureuses évoluent entre de nouvelles formes comme le polyamour, les stratégies de copie deviennent high-tech, tandis que la comparaison avec les adultes passe aussi par des outils contemporains comme l'intelligence artificielle et les faux profils.

L'élément de nostalgie, cœur battant du premier film, est ici confié avant tout à la musique et au beau personnage interprété par Gianmarco Tognazzi. Le camée d'Antonello Venditti, icône de l'imagerie liée à La veille des examensapporte avec lui la mémoire du passé, tandis que le petit rôle de Ditonellapiaga, visage musical du présent, souligne l'équilibre entre passé et contemporanéité qui guide tout le film. Un chemin géré avec sensibilité, qui évite le raccourci facile des plaisanteries »des baby-boomers » et tente plutôt de construire un pont plus authentique entre les différentes générations. Dans l'ensemble, le film est fluide, mais payant une intrigue construite sur une idée de départ fragile, qui montre à la longue ses limites. Il est difficile de croire que la tromperie contre l'enseignant, si centrale dans l'histoire, se déroule sans heurts et sans accroc.
Cela ne veut pas dire que Night Before Exams 3.0 est une comédie capable de photographier la Gen Z dans son authenticité chaotique, mais aussi d'intercepter quelque chose de plus profond. Sans être didactique ou sucré, il parvient à capter ce sentiment répandu d'incertitude et de perplexité qui traverse les jeunes d'aujourd'hui : une génération qui regarde l'avenir avec moins de certitudes, écrasée entre des angoisses personnelles et un contexte mondial tout sauf rassurant, entre crises climatiques, guerres et instabilité. C'est justement dans cette dimension plus authentique et moins explicite que le film donne le meilleur de lui-même, mettant une fois de plus les enfants d'aujourd'hui en dialogue avec ceux d'hier.