Ernest et Célestine – L’aventure des 7 notes

Ernest & Célestine sont de retour avec L’Aventure des 7 notes, une suite du film qui les voyait protagonistes il y a dix ans : dans notre critique, nous expliquons pourquoi leur monde conserve son charme inchangé.

Quand par erreur Célestine casse le violon De Ernest, la petite souris décide de traîner l’ours dans la patrie de l’ours, où se trouve le seul luthier capable de le réparer. Ernest a ses raisons de ne pas vouloir Rentrer à la maisonet ils semblent bien fondés : la ville a une atmosphère étrange… et pour une raison mystérieuse toutes les formes de musique ont été interdites. Quel rôle jouera dans le mystère le La famille d’Ernestcomposé du père juge, de la mère médecin du pays et de la sœur indépendante ?

Si vous n’avez jamais vu le précédent Ernest et Célestine (2012), écrit par Daniel Pennac m’adapter livres illustrés de Gabrielle Vincent (disparu il y a vingt ans), il faut absolument le récupérer : à l’heure où nous écrivons, il est disponible légalement dans fluxfinancé par la publicité sur Rakuten TV. Cette suite Ernest et Célestine – L’aventure des 7 notes parvient à réitérer après une décennie la même poétique irrésistible du visuel et du contenu que l’original incarnait il y a dix ans… et ce n’est pas étonnant, car comme dans le premier long métrage on est dans un monde de conte de fées vraiment intemporel: nous parlons de thèmes humains universelsdans la magie d’un coup de main visibleDe toiles de fond aquarelle incomplète et suggérée. Un art qui se montre sans vergogne… et sonne plus réel et tangible que les meilleures simulations. C’est un peu cliché, on le reconnaît, mais tant pis.

Quels thèmes aborde cette nouvelle aventure ours et souris ? Si le premier chapitre était un hymne à la tolérance et à la coexistence des différents dans la société, où les préjugés devaient céder le pas à la raison, cette suite continue dans sa exploration de l’interaction entre la dynamique publique et les sentiments privés: se prête à une lecture attentive peut-être par des enfants plus âgés, tandis que les enfants seront ravis par l’harmonie des graphismes. C’est vraiment difficile de ne pas voir ça état policier poursuivre la musique et la joie, un écho de ce qui se passe dans le régimes dictatoriaux (comme courant). La force du scénario est toutefois passée à Guillaume Mautalent & Sébastien Oursel (déjà actif sur la dernière série des Schtroumpfs), est de faire dépendre cette dérive autoritaire d’un terreur humaine à l’interruption d’une tradition confortablede ça Douane qui aide à ne pas penser… mais qui empêche aussi l’existence d’être vécue de manière créative et complète. Il est surprenant de voir à nouveau les vicissitudes de ces protagonistes traverser des scènes qui se combinent si bien suspense et humour, petits détails drôles et pleins d’esprit avec de vrais sentiments, qui génèrent une réelle empathie avec le spectateur. Transmettre une vraie tension sans jamais effrayer ni affoler, rester léger comme une plume : cela semble facile, mais ces deux films incarnent l’équilibriste avec une la grâce qui mérite une étude.

L’épine dorsale de cette grâce est la combinaison de graphiques et de notes. Le mariage était déjà deviné dans le chapitre précédent, ici l’accompagnement de est réaffirmé Vincent Courtois, irrésistible lorsqu’elle monte en intensité dans les situations les plus mouvementées. Pour être précis, nous avons remarqué dans les animations à main levée moins de fluidité que celle admirée il y a une dizaine d’années : on n’exclurait pas que le budget ait été plus prudent et une approche avec moins de dessins totaux et moins « d’entrelacement », c’est-à-dire moins de trames intermédiaires, a été choisie. Cependant, ce n’est pas une différence qui pèse, car les mouvements sont corrects et l’expressivité du dessin est toujours la même, si bien que même la mise en scène (qui est passée du trio Aubier-Patar-Renner au duo Julien Chheng & Jean Christophe Roger) ne peine pas à adopter une rythme rapide mais jamais essoufflé, où chaque scène a le temps nécessaire pour favoriser l’identification. Le style en mouvement continue de nous sembler un mariage entre l’anime et le goût occidental: il y a l’urbanisme rêveur d’un Miyazaki et le trait instinctif discontinu du Mes voisins Yamada par Isao Takahata, mais il y a aussi le plus contrôlé Anthropomorphisme de marque euro-américainqui trouve ses racines les plus représentatives dans la tradition Disney.
Et encore une fois Ernest & Célestine embrassent les enfants et satisfont le désir des adultes bon cinéma.