Examen de Credo III

Stallone n’est pas là, Adonis Creed n’est plus un outsider mais est plutôt devenu riche et un peu vaniteux, mais il y a Jonathan Majors, un acteur bon et charismatique, dans le rôle d’une sorte de Tyson sorti du passé de champion pour lui créer un petit problème. Revue par Federico Gironi.

La force de la saga dont Credo III est encore un autre chapitre a toujours été dans certains facteurs très spécifiques: le caractère de Rocheuxinterprété par Sylvester Stallone; le travail d’un récit épique sur ce qu’en Amérique on appelle leoutsider, ou l’opprimé, celui qui émerge d’en bas ; charisme du rival.
Si les retombées de films mettant en vedette, et cette fois aussi réalisés, par Michael B.Jordanie c’est parce que, par exemple, il y avait leApollon De Carl Météos. Pas tué par hasard, dans Rocheux IVdu rival par excellence de Rocheux, Ivan Dragocelui qui remonte à Credo II car, comme il est logique que ce soit, son fils Victorentraîné par lui, doit affronter le fils d’Apollon entraîné par Rocky.

Dans ce Credo III Rocky est parti (même pas la main de Étalon dans le scénario, et malheureusement on entend : des problèmes de production, plus que narratifs, mais bon’) et Adonis est tout sauf un outsider, car c’est lui le Champion, et il a pris sa retraite au plus fort de son succès, se promenant maintenant avec un Cullinan, le SUV de Rolls Royce, et vivant dans une villa pharaonique. Il restait donc à tout miser, et fort, sur le rival, qui ici est, en fait, aussi l’outsider du moment : l’ami d’enfance qui s’est retrouvé en prison très jeune avec une vague co-responsabilité d’Adonis lui-même. , et maintenant libéré et ayant l’intention de reprendre tout ce qui est convaincu d’être légitimement le sien, ou le titre mondial, quel qu’en soit le prix.
ET si vous pariez fortement avec Jonathan Majors, vous pouvez être assuré que votre pari est, s’il n’est pas couvert à 100%, un pari sûr.

Dans le coin rouge, un Credo d’Adonis trop amoureux de lui-même et de sa propre réussite, mis en crise par la résurgence d’un passé désormais très lointain, mentalement et financièrement. Dans le coin bleu, ici Damien « Dame » Andersonquelqu’un qui porte en lui un désir de rédemption qui pourrait alimenter à lui tout seul une centrale électrique, qui semble – pas par hasard – comment il bouge, comment il parle, comment il monte sur le ring et comment il se bat Mike Tyson.
Le cœur de Creed III réside dans la rencontre entre ces deuxoù par match je ne veux pas dire celui du ring, filmé par Michael B.Jordanie avec une série de choix discutables (il disait s’être inspiré d’anime…), sinon carrément déplorables, mais humains et existentiels, si vous me passez les grands mots. Une rencontre à travers laquelle le pas très gentil Adonis va se réconcilier avec son passé, avec ses choix, avec son mode de vie, avec son avenir. Bref, avec lui-même.

Ce n’est pas beaucoup, mais pas très peu non plus, et nous devons en faire assez.
Aussi parce qu’amoureux de lui-même n’est pas seulement Adonis, mais aussi JordanLe Jordan réalisateur et producteur, qui il se garde bien de faire ce que Stallone a eu le courage et l’intelligence de faire plusieurs fois, dans Rocky : se dire perdant. Sur le ring comme dans la vie.
Parce que nous savons tous comment cela finira, Credo III, et que Jordan fera la promotion de son Adonis avec brio, en tant que boxeur et en tant qu’homme, tout en montrant sa grande capacité à être compatissant, ainsi qu’une bombasse musclée. Tandis que le rival, l’outsider, doit rester à sa place, remplir sa fonction narrative (qui est aussi celle de reconnaître la supériorité physique et morale de son adversaire) et agiter respectueusement la queue à la fin du film.
Pour le reste, rien de plus et quelque chose de moins que ce que nous avons déjà connu: la famille, le cross-training, la grande épopée de la boxe, la sueur et le sang. En ajoutant Jonathan Majorsbon et intense, mais je l’ai déjà dit.
Ce n’est pas beaucoup, mais pas très peu non plus, et avec le climat actuel, il faut en faire assez.