Examen des voisins

Le film réalisé par Paolo Costella touche parfaitement la cible. Vicini di casa est la mise en scène d’une conversation épicée entre deux couples qui oblige les spectateurs à se regarder dans le miroir.

Voisins c’est un bon exemple de la façon dont une comédie italienne peut simultanément avoir plusieurs éléments pour être un produit de divertissement et en même temps chatouiller l’intellect des spectateurs pour les faire participer activement. Non pas qu’il n’y en ait pas, mais il est important de reconnaître à quel point ce film est un produit à haute valeur artistique.

Le matériau original sur lequel le film est basé, une pièce de théâtre de l’auteur espagnol Cesc Gay, est brillant et éprouvé (étant également devenu un film en Espagne). Cela dit, le bien-fondé du travail effectué par le réalisateur Paul Costelle se manifestent tant dans la mise en scène que dans l’écriture du scénario qu’il a adapté avec James Ciarrapico.
Voisins vient rappeler qu’une excellente écriture élève aussi le travail des interprètes. Les quatre acteurs principaux apparaissent extrêmement naturels dans le rôle de deux couples, l’un soudé et sexuellement actif, l’autre terne et prisonnier de la routine.

C’est rafraîchissant de voir Claudio Bisio marcher sur la ligne entre les tempos comiques, une caractéristique que nous connaissons très bien, et la lente émergence du drame du personnage. Comprendre avec Victoria Puccini dans la représentation d’un couple issu d’une relation périmée fonctionne bien, ainsi que le revers de la médaille représenté par Vinicio Marchioni Et Valentina Lodovini. Il y a une certaine spontanéité dans le ton de leur dynamique, du fougueux au glacial, de l’ironique à la mélancolique, de l’embarrassant à l’avilissant, que c’est comme si nous aussi, nous étions d’autres voisins désireux d’espionner et d’expérimenter le rebond de ce tourbillon d’émotions.

En un peu plus de 80 minutes, Voisins il démontre aussi que la durée d’un film doit toujours être humblement alignée sur ce que l’histoire a à raconter, afin qu’il puisse trouver un équilibre narratif dans lequel la qualité, et non la quantité, est le critère de référence.
Sur la question du sexe, personnage abstrait mais à toutes fins utiles cinquième protagoniste de l’histoire, le film prend des libertés qu’on ne prendrait pas, aborde le sujet franchement et directement et laisse la porte ouverte à une discussion après les titres de queue. On peut en profiter et se demander où en est le dialogue avec son partenaire ou avec soi-même. Est-il négligé ? Est-ce un artefact ? Est-ce tergiverser ? Est-il soumis ? Est-il sincère ?
Le miroir pour se poser est de ce côté-là.