Avec Invelle, la réalisatrice d’animation Simone Massi a voulu évoquer un passé rural qui traverse trois générations italiennes. Une vision hypnotique et douloureuse. Notre critique du film présenté à Alice nella Città, dans le cadre du Festival du Film de Rome.
Invelle suit la même chose famille paysanne sur soixante ans, en trois phases, avec pour fil conducteur (dans tous les sens, il y a un drap rouge en jeu) de Zélinda: fille pendant la Grande Guerre, elle fut empêchée d’étudier ; mère d’Assunta en 1943, parmi les fascistes et les partisans nazis, elle joue un rôle actif dans une famille surpeuplée ; Grand-mère en 1978, témoin de la fin d’un monde, lorsque son neveu Icare est sur le point de quitter la campagne pour s’installer en ville, et que l’Italie est secouée par la mort d’Aldo Moro.
C’est ambitieux mais à la fois murmuré et intime Invellele premier long métrage de l’un de nos animateurs à main levée les plus estimés, Simone Massidéjà David di Donatello en 2012 pour le court métrage De tuer le cochon: comme la plupart des productions de Massi, la technique utilisée dans ce cas est encore une reproduction gratuite de séquences réellesou plutôt un des leurs réinterprétation constante, via un blanc dessiné en noir et blanc avec des éclairs de couleur soudains, en un sélection d’éléments narratifs qui se libèrent de ce qui, dans un plan réel, détournerait le regard et les sens. Et le mot « sélection » revient en observant le style de Massi à 360°, en se concentrant sur conception sonorequi annule presque complètement un commentaire musical, se concentrant sur sons ambiants raréfiés ou des éclairs de dialogue dont le son a la même importance que le contenu. Comme Invelle le représente bien, franchissant une nouvelle étape vers une plus grande portée du long métrage, celui de Massi est une animation qui réinterprète la réalité sans jamais brûler les liens avec son écho puissant.
La transfiguration de la ligne permet plans de séquence qui relient des images, des personnes et des éléments qui n’auraient pas de liens de continuité : à côté de cela visionnaire presque hypnotiquecomme on l’a dit efficacement servi par le son, cependant à Invelle il y a unémotivité narrative nostalgique curieusement dure, l’importance de la mémoire aux côtés du constat le plus amer. Le matériel autobiographique des Marches Massi a pour objectif de photographier et de préserver un monde des gens ordinaires, des non-héros que l’histoire emporte inexorablement, ainsi que leur univers. Dans l’essence des problèmes auxquels la famille de Zelinda a été confrontée pendant plus d’un demi-siècle, il y a la certitude d’unexistence en marge de décisions prises depuis une autre planète, dont nous dépendons et à qui nous finirons par nous sacrifier. Si vous avez un minimum de connaissances avec leimportance du travail à la campagne dans l’histoire italiennece sentiment de est très douloureux inévitabilité auquel Massi s’abandonne, utilisant son Invelle comme témoignage d’un changement d’époque. Le titre « invelle« , en dialecte des Marches « nulle part« , semble suggérer une ironie amère qui ne ressort pourtant pas des images, sérieuses et pleines de suggestion, de respect et même d’un certain respect métaphysique.
À mi-chemin entre nostalgie et voyage oniriquepresque un cauchemar, Invelle impose pour son heure vingt d’accepter un style qui pèse sans doute moins sur la taille du court métrage de par son rythme. Cependant, il est impossible de ne pas admettre qu’une fois le visionnage terminé, un marquer dans la mémoire n’est pas resté.