La nouvelle du décès de l'écrivain new-yorkais, le 30 avril dernier, a suscité une vive émotion chez tous ses lecteurs. Paul Auster, décédé à l'âge de 77 ans des suites d'un cancer du poumon dont il était atteint. Sa plume a su décrire sa ville et son pays comme peu d'autres, décrivant les névroses et les peurs de l'homme contemporain et en même temps avec un engagement civique qui critiquait les dérives d'un système de moins en moins démocratique. La vie ne lui avait pas épargné de grandes souffrances : il y a 3 ans, il fut frappé par le décès de sa petite-fille de 10 mois suite à une overdose accidentelle, suivi l'année suivante par celui de son premier enfant, Daniel, toxicomane, dont » lui a confié la petite fille. Ses lecteurs passionnés le connaissent comme écrivain, de la splendide « Trilogie new-yorkaise », en passant par « Moon Palace », « Le Conte de Noël d'Auggie Wren », « La Musique du hasard », jusqu'à « 4 ». 3 2 1″ et enfin « Baumgartner », ainsi que pour le roman graphique « City of Glass », nous voulons rappeler son réalisations et scénarios pour le cinémainvitant ceux qui ne les ont pas vus à revisiter ces films drôles, mélancoliques et singuliers.
Paul Auster réalisateur de petits chefs-d'œuvre sincères sur New York
Il était inévitable que les chemins de ce grand conteur et du cinéma finissent par se rencontrer. En 1990 La musique de l'affaire devient un film Philippe Haas. Auster il collabore sur le sujet mais n'est pas particulièrement satisfait du résultat : il trouve surtout étrange de voir les acteurs – James Spader, Mandy Patinkin, M. Emmet Walsh – qui incarnent ses personnages, qu'il avait imaginés très différents. La rencontre avec Wayne Wang cela lui fait comprendre qu'une union plus heureuse entre littérature et cinéma est possible. Il est sorti en 1995 Fumée, tiré de « Auggie Wren's Christmas Tale », dont il a écrit le scénario et pour lequel il a remporté l'Independent Spirit Award. Même s'il ne le signe pas officiellement en tant que co-réalisateur, c'est peut-être son chef-d'œuvre. Le film raconte les histoires des clients qui gravitent autour du magasin de cigares d'Auggie Wren, l'un de ses meilleurs personnages, interprété par Harvey Keitelet a un casting serré et parfait, qui comprend William blessé, Giancarlo Esposito, Jared Harris, Whitaker des forêts, Stockard Channing Et Ashley Judd. Le fils malheureux d'Auster, Daniel, apparaît également dans le film comme un petit voleur. La bande originale est magnifique et comprend deux chansons de l'auteur-compositeur-interprète/acteur. Tom attend, « Downtown Train » et « Innocent quand tu rêves ». Le succès du film donne lieu à une suite, Bleu dans le visage, où revient le magasin de cigares d'Auggie Wren. Ils sont également au casting Michael J. Fox, Jim Jarmusch, Mira Sorvino, Madone Et Lou Reedet cette fois Paul Auster en plus du scénario, il co-réalise également. Seul, en 1998 il écrit et réalise le poétique et émouvant Lulu sur le pontencore une fois avec Harvey Keitel Et Mira Sorvino et avec Willem Dafoé (et une apparition de Lou Reed), qui raconte la rencontre imaginaire entre un saxophoniste blessé par un homme dérangé et une jeune actrice en herbe. En 2001, il co-écrit le film de Wayne Wang Le centre du mondepuis contribue au scénario du court métrage Fluxus et de Les carnets rouges. 2007 est drôle La vie intérieure de Martin Frostdont il est également le réalisateur et où il dirige David Thewlis, Irène Jacob Et Michael Impérioli, se réservant le rôle de narrateur. Malheureusement le film n'a pas eu un grand succès et reste inédit chez nous. Ainsi que Au pays des dernières chosesco-écrit en 2020 et sa dernière œuvre pour le cinéma, d'après son roman de science-fiction « Au pays des dernières choses ». Paul Auster on se souvient aussi de lui pour ses paroles données au cinéma, pour l'ironie, la mélancolie et la tendresse avec lesquelles il a su nous raconter des histoires humainement universelles et en même temps typiquement new-yorkaises.