Il y a des films qui racontent l’histoire et d’autres qui tentent de panser une blessure encore ouverte. Diaz, réalisé par Daniele Vicari, appartient à la deuxième catégorie. Inspiré par les événements qui se sont réellement produits lors du G8 de Gênes en 2001, il reconstitue l'un des événements les plus douloureux de l'histoire récente de l'Italie, transformant des témoignages, des documents et des documents judiciaires en une histoire qui continue d'être discutée aujourd'hui.
Présenté en avant-première à la 62e Berlinale, où il a remporté le Prix du Public dans la section Panorama, le film a également obtenu 13 nominations pour le David di Donatello, en remportant quatre, et a été accueilli avec beaucoup de faveur par la critique. Le casting comprend Claudio Santamaria, Elio Germano, Alessandro Roja et Paolo Calabresi.
L'intrigue de Diaz : une nuit destinée à changer l'histoire
Diaz – Don't Clean Up This Blood raconte les événements de la nuit du 21 au 22 juillet 2001, lors du sommet du G8 à Gênes. Dans les heures qui ont suivi les affrontements qui ont secoué la ville, des dizaines de manifestants, journalistes et bénévoles ont trouvé refuge à l'intérieur de l'école Diaz-Pertini, utilisée comme dortoir et centre de presse du Forum Social de Gênes. Ce qui semblait être une nuit destinée à se terminer sans nouvelles tensions se transforme en cauchemar. La police fait une descente dans le bâtiment avec une descente qui fait des dizaines de blessés et de nombreuses arrestations. À partir de ce moment, la vie de toutes les personnes présentes change pour toujours. Le film raconte l'histoire à travers différents points de vue : celui des manifestants, des journalistes, des bénévoles et des agents eux-mêmes, construisant une histoire chorale qui met l'humain au centre avant même les déploiements.
Ce qui s'est réellement passé à l'école Diaz
Diaz s'inspire de l'un des épisodes les plus controversés de l'histoire de la République italienne. Dans la nuit du 21 juillet 2001, environ 300 agents ont fait irruption dans l'école Diaz, affirmant rechercher les responsables des affrontements survenus lors du G8. Mais à l'intérieur, il y avait surtout des gens qui dormaient ou qui avaient trouvé refuge après les manifestations de la journée. Le blitz s'est soldé par des dizaines de blessés, dont certains très graves, et par 93 arrestations. Dans les jours suivants, de nombreuses polémiques éclatent quant à la gestion de l’opération et à la reconstruction assurée par les autorités.
Au fil des années, le pouvoir judiciaire a constaté l'existence de faux rapports, de preuves manipulées et d'autres irrégularités, ce qui a conduit à plusieurs condamnations contre des responsables et dirigeants de la police. La Cour européenne des droits de l'homme a elle-même défini ce qui s'est passé comme une violation des droits fondamentaux, soulignant également l'absence, à l'époque, d'un crime spécifique de torture dans la loi italienne. Bien que fidèlement inspiré des faits, le film ne raconte pas l'histoire de personnes individuelles qui ont réellement existé : presque tous les personnages sont le résultat de la fusion de différents témoignages, pour représenter les nombreuses expériences vécues cette nuit-là.
Ne nettoyez pas ce sang : ce que signifie le titre
Le titre complet du film, Diaz – Don't Clean Up This Blood, signifie littéralement « Ne nettoyez pas ce sang ». La phrase rappelle l'un des témoignages apparus lors des enquêtes sur le blitz et résume parfaitement le sens du travail de Daniele Vicari : ne laissez pas le temps effacer ce qui s'est passé cette nuit-là. Le réalisateur n'a réalisé ni documentaire ni film d'action. Son objectif était de reconstruire une mémoire collective, montrant les conséquences humaines de ces événements à travers le regard de ceux qui les ont vécus. C'est pour cette raison que Diaz reste l'un des films italiens les plus importants consacrés à l'histoire récente de notre pays.
Comment se termine Diaz et pourquoi cela vous laisse sans voix
La fin du film ne cherche pas de rebondissement ni n’offre de réelle consolation au spectateur. Après le violent raid, l'histoire suit les conséquences de l'opération : les personnes arrêtées sont transférées à la caserne de Bolzaneto, où beaucoup rapportent de nouvelles violences et humiliations, tandis qu'à l'extérieur commencent les premières reconstitutions de ce qui s'est passé. L'épilogue rappelle que l'histoire ne s'est pas terminée avec cette nuit-là. Les enquêtes judiciaires, les procès et les condamnations ont duré des années et ont permis de mettre en lumière de nombreuses responsabilités, mais ils ont aussi montré les limites de la justice pour punir pleinement les exactions commises.
C’est précisément ce choix qui rend la fin si puissante. Diaz n'invite pas le spectateur à choisir un groupe de fans plutôt qu'un autre, mais à réfléchir sur la valeur des droits, des institutions et de la mémoire. Plus de vingt ans plus tard, le film reste une œuvre capable de susciter la discussion, car il raconte une blessure qui, pour beaucoup, n’a jamais complètement cicatrisé.