La revue du grand jour

Aldo, Giovanni et Giacomo poursuivent leur nouvelle collaboration fructueuse avec Massimo Venier, qui les a dirigés dans Odio l’Estate. Le nouveau film dont ils sont les protagonistes s’appelle The Big Day et parle d’un mariage, de parents et d’enfants.

Dans peut-être la plus belle scène du grand jour, Aldo fait irruption dans la vie familiale de John Et Jamesqui sont sur le point de devenir beaux-frères l’un de l’autre, et, assis au piano, entonne « Maudit printemps » de Loretta Goggirendant l’ambiance générale romantique et colorée d’une nostalgie bleue/céleste.

Maintenant, quiconque connaît les paroles de la chanson qui est arrivée deuxième au Festival de Sanremo en 1981 sait que la chanson, avec son couplet « Quelle ruée, ça ne fait que me faire mal »parle d’amour non partagé. Et si 1+1 est égal à 2, alors il devient clair que dans le film des paires de Massimo Venier il y a toujours un déséquilibre, une intensité de sentiment différente, c’est-à-dire celui qui aime plus et celui qui aime moins ou n’aime plus. Mais avant que le désenchantement et la fin des illusions n’arrivent, et surtout que le secret des secrets ne soit révélé, le nouveau film du trio lombard ressemble volontairement au plus diabolique comédie de mariage Cuisine anglo-saxonne, avec feu d’artifice, villa avec piscine, vin inestimable et l’habituel gaffeur qui menace de ruiner le mariage. Dans ce cas le gaffeur est toujours Aldoqui fait un clin d’œil au Pierre Vendeurs de Fête hollywoodiennelorsqu’il appuie sur un bouton qu’il ne faut pas appuyer, et qui représente le rayonnement et la spontanéité du terun de basse extraction sociale en antithèse avec la respectabilité, le conservatisme et la paresse de la classe moyenne de la Brianza, « plus laide » comme les Milanais de Germain Lanzoni.

Il a donc un rythme joyeux (mais jamais effréné), la première demi-heure ou peut-être plus de Le grand jour, où ceux qui ont dressé devant eux un mur d’hypocrisie se retrouvent en sous-vêtements au milieu de la rue, tandis que ceux qui se croient anesthésiés se rendent compte qu’ils n’ont jamais oublié une histoire d’amour. Ce dernier inconvénient arrive à John, qui, également pour ne pas faire mauvaise impression sur ses collègues, n’épargne aucune dépense pour le jour le plus mémorable de la vie de sa fille et est vraiment heureux d’être lié à son ami et partenaire d’enfance. Et James? James vit de peur et de « gouttelettes » pour calmer l’angoisse, et a l’expression de quelqu’un qui suit, la tête baissée, le chemin le plus parcouru et le plus praticable : celui du salaire à la fin du mois et d’un mariage en beauté Maison Vianello mais ce n’est pas drôle.

Évidemment, quand arrivent la mélancolie et la certitude que les rêves de jeunesse sont restés dans le tiroir, Vénier il n’oublie pas de ponctuer le récit de moments de pure hilarité, tantôt confiés à des plaisanteries spirituelles tantôt à des situations bouffonnes ou encore à des personnages secondaires : un curé de campagne, un cardinal coeliaque, une belle-mère souffrant de maux de dos. Ensuite, il y a la tendresse de trois hommes qui n’ont pratiquement jamais grandi, dont deux n’ont pas appris à s’écouter ou à se remettre en question, tandis que le troisième a des problèmes d’estime de soi.

Si les protagonistes de Le grand jour à un certain point ils évoluent, ce n’est pas seulement grâce à la Deus Ex machina Aldo. La fluidité des sentiments et des émotions est aussi intimement liée au choix de l’unité de lieu et au plus des femmes du film, qui sont une seconde épouse qui semble douce et soumise mais qui a beaucoup de courage, une autre épouse qui n’a pas peur de changement et une ex-femme surnommée « la barbie vintage » qui a choisi la liberté et qui a les yeux vifs et la beauté lumineuse de Lucie Mascino. Qui Lucie Mascino était déjà parmi les interprètes de je déteste l’étédont on pourrait considérer le film non pas comme le jumeau mais comme le frère de Le grand jourpuisque dans le premier il était encore possible de se rencontrer et de savourer ensemble les joies de l’existence, alors que maintenant, au moins dans certains cas, il ne reste plus qu’à déclarer l’heure du décès et à accrocher une étiquette au gros orteil du défunt.

Les films de Aldo, John Et James ils ont grandi et sont devenus adultes avec Aldo, John Et Jamesqui pourtant ne sont pas immobiles comme les statues de bois qui John Et James qu’ils reçoivent en cadeau dans le film. Malgré le temps qui passe, M. RayonnerM. Courbé et M. Porretta ils ont du vif-argent sur eux et un enthousiasme enviable. On peut appeler ça l’enfant intérieur, l’enchantement ou le superpouvoir, mais les trois acteurs sont toujours magnifiquement ensemble, et ensemble ils dégagent une énergie redoutable, car chacun a gardé un coin à lui, dans lequel il a mis du théâtre, du cinéma » seul » ou le souci du sort de l’environnement. Et alors Au, John & Jack ils ont des familles tout comme leurs personnages, et donc ils connaissent la dynamique entre parents et enfants et savent à quel point il peut être mal d’idéaliser ou de charger les « plumes de leurs plumes » d’attentes (pour le mettre en Donald Canard).

S’il est amer et parfois mélancolique, Le grand jour il n’est ni triste, ni pessimiste ou défaitiste, car il enseigne que l’homme peut révolutionner sa pensée et son modus vivendi même à 60 ans, en cessant d’être soigné par des nourrices, de tout garder à l’intérieur, de ne pas accepter les siens fragilité et imperfections, et de ne penser qu’à la « facturation ». Avec un film basé sur un scénario solide, une excellente direction d’acteurs et un casting bien mélangé, ce Noël Aldo, John Et James ils nous enseignent qu’il ne faut jamais renoncer aux désirs, que la douleur fait partie de la vie et qu’il est toujours temps d’être heureux. Bref, avec un peu de chance, une infinité de sources nous attendent. C’est à nous de les rendre bénis.