L’amour selon Dalva Review

L’amour selon Dalva traite du thème de la pédophilie avec un sens des proportions et de la sensibilité, grâce également à la très jeune et extraordinaire protagoniste Zelda Samson. L’avis de Daniela Catelli.

En compétition à la Semaine de la Critique du Festival de Cannes 2002, la première œuvre L’amour selon Dalva a remporté le prix FIPRESCI et le prix Rising Star pour le très jeune protagoniste Zelda Samson, ainsi que le prix du public au récent Festival du film de Rotterdam. Toutes récompenses méritées, selon nous, pour un film qui traite du thème scabreux de la pédophilie, véritable fléau social, avec un regard lucide, objectif et jamais critique mais montrant l’émancipation de la victime d’un crime impardonnable et sa difficile reconquête de son statut d’enfant. C’est dans ce voyage à rebours que, grâce à la construction réaliste de l’histoire et à l’extraordinaire performance du protagoniste (à peine onze ans au moment du tournage, et on n’y croit pas), le réalisateur Emmanuel Nicot elle nous conduit, à nous montrer le chemin difficile d’une âme blessée et plagiée par une horrible violence.

Le film commence par une descente de police dans une maison, où un homme est emmené de force au milieu d’un désordre qui dénote un séjour temporaire et précipité. Dans l’autre pièce se trouve une petite fille. Les deux crient, s’appellent, se rebellent. Puis la petite fille, Dalva, est emmenée dans un centre d’accueil pour mineurs en situation de violence et de dégradation. Bien qu’elle n’ait pas encore eu ses règles, la petite fille ressemble déjà à une femme : maquillée et habillée comme une adulte, dans la dernière tentative d’un esprit malade (celui de son père) pour normaliser l’horreur. Le physique est le seul type d’amour que Dalva ait jamais connu et donc elle n’accepte pas la séparation d’avec l’homme qui veut la protéger, qui lui a tout appris et avec qui elle a une relation « spéciale », mettant la patience des éducateurs à le test bien conscient de la situation. Dopo le fughe ripetute e le risse a scuola per difendersi dagli insulti di compagne crudeli, l’incapacità di adattarsi e la consapevolezza di essere diversa dagli altri che pian piano si fa strada, Dalva capirà alla fine che la sua è una visione del mondo distorta e irreale: rapita dal padre a 5 anni, ha sempre vissuto in fuga, senza mai provare le gioie dell’età infantile, ridotta a una bambola senza volontà ma con ferree regole di comportamento, con la seduzione come unico strumento lecito per farsi accettare e aimer.

Dalva idolâtre son père à tel point que lorsqu’elle parvient enfin à le rencontrer en prison, pour lui demander de confirmer leur « vérité », on est choqué de voir un homme normal, peu attirant et décidément vieux, car nous aussi , à travers ses yeux, auxquels nous nous identifions depuis le début, nous avons jusqu’alors transfiguré la réalité. L’amour selon Dalva est un film entièrement vécu du point de vue de la protagoniste, qui refuse le rôle de victime mais avec un effort et une intelligence énormes, grâce à un courage indomptable et à l’amitié qu’elle noue avec une fille du même âge dans la maison familiale, ce qui met souvent brutalement confrontée à la réalité des faits, elle parvient à composer avec la vie sens dessus dessous qu’elle a vécue, non par choix jusque-là, jusqu’à ce qu’elle redevienne la petite fille qu’elle n’a jamais été (illustrée dans la scène touchante de laquelle elle se coupe les cheveux et on la voit telle qu’elle est) et de comparaître aux côtés de sa mère retrouvée au tribunal.

Surtout, cette histoire d’une mère et sa fille si brutalement blessées touchera le public le plus sensible et en particulier le public féminin, car le point de vue est évidemment celui des femmes, qui même dans des cas non extrêmes comme celui raconté dans le film, dans cette société sont souvent contraints de vivre leur corps comme s’il ne leur appartenait pas et de faire de la sexualité une monnaie d’échange. Avec la caméra verrouillée sur le visage incroyablement beau et expressif de son protagoniste, L’amour selon Dalva il nous entraîne dans un monde dont on sait qu’il existe mais où nous ne voudrions jamais entrer, sans effets faciles mais dans le respect du spectateur et du thème qu’il traite, sur lequel il démontre une connaissance non superficielle. Des débuts plus que prometteurs celui de ce nouvel auteur français, dont on attend avec confiance les prochains essais.