Parmi les films d’horreur les plus curieux et sous-estimés des années 1980 figure sans aucun doute Mort à 33 tours (1987) de Charles Martin Smith. Une secte née en pleine hystérie satanique américaine, qui mélange heavy metal et surnaturel. Mais ce qui fait aussi la particularité du film, c'est la présence d'Ozzy Osbourne, légende absolue du métal, dans un caméo aussi grotesque que génial.
Un vinyle maudit et le retour du rock démoniaque : de quoi parle Death au 33 tours
L'histoire, à mi-chemin entre horreur surnaturelle et comédie grotesque, tourne autour d'Eddie Weinbauer (Marc Price), un adolescent timide et solitaire, pris pour cible par ses camarades de classe et grand fan de la rock star Sammi Curr (Tony Fields), une idole rebelle décédée dans un incendie. Lorsqu'un ami lui donne la matrice du dernier album enregistré par le chanteur, Eddie croit avoir entre les mains une simple relique. Lors de la nuit d'Halloween, il découvre cependant qu'en faisant tourner le vinyle à l'envers, un message caché qui lui est destiné surgit. A partir de ce moment, sa vie change : le garçon prend confiance et attire même l'attention de la fille qu'il aime. Mais le prix à payer est très élevé. L'esprit de Sammi Curr, en effet, revient se manifester et semer le chaos, au point de transformer la danse en cauchemar. Le seul espoir d'Eddie d'arrêter le rockeur « ressuscité » est de détruire la cassette contenant le dernier album de Sammi et la matrice…
Ozzy Osbourne et la satire de la panique satanique
L'un des éléments les plus mémorables du film, comme mentionné, est l'apparition d'Ozzy Osbourne, qui incarne le révérend Aaron Gilstrom, un prédicateur de télévision déterminé à dénoncer les prétendus messages sataniques cachés dans la musique rock. Un choix ironique, étant donné qu'Ozzy lui-même a souvent été accusé, en réalité, d'influencer négativement les jeunes avec ses chansons. La mort au 33 tours est née au milieu de la soi-disant « panique satanique » des années 80, lorsque des groupes religieux, soutenus par les médias, affirmaient que les disques de rock contenaient des messages subliminaux s'ils étaient écoutés à l'envers. Le film joue ouvertement avec cette peur collective, le transformant en un film d'horreur plus satirique que scandaleux.
Ozzy Osbourne est décédé le 22 juillet 2025, à l'âge de 76 ans. Ceux qui l'ont bien connu savent qu'il était non seulement le leader de Black Sabbath et une icône absolue du heavy metal, mais aussi un visage récurrent du cinéma pop. Le caméo dans , court mais très puissant, est mémorable car il renverse son propre mythe. La scène culmine avec le fantôme de Sammi Curr envahissant l'émission et, au lieu d'attaquer le prédicateur, le fait taire en éteignant la télévision. Un moment qui démontre comment le film joue avec l'angoisse collective de l'époque pour affirmer que le véritable monstre n'est pas la musique, mais la peur qui l'entoure.