Le 1er avril est le jour dédié aux farces : le fameux poisson d'avril, une tradition très répandue non seulement en Italie, mais dans le monde entier. Autrefois, il suffisait de prêter attention aux drôles d’amis ou de collègues… Aujourd’hui, le web est pourtant le royaume des fausses nouvelles les plus créatives, dont certaines sont véritablement mémorables. Mais pourquoi le début du mois d’avril est-il devenu le jour le plus drôle de l’année ?
Les origines ne sont pas tout à fait claires. L'une des plus anciennes théories fait remonter la fête au bienheureux Bertrand de San Genesio, patriarche d'Aquilée au XIVe siècle, qui sauva miraculeusement un pape étouffé par une arête de poisson. Le pontife reconnaissant aurait interdit la consommation de poisson le 1er avril. Une autre hypothèse lie le poisson d'avril à la réforme du calendrier grégorien, lorsque le réveillon du Nouvel An a été déplacé du 1er avril au 1er janvier : les plaisanteries se souviendraient de la fête « perdue ». Enfin, certains chercheurs relient la tradition au début de la saison de pêche printanière, lorsque les pêcheurs revenaient souvent les mains vides et étaient ridiculisés, ou à des mythes classiques comme celui de Proserpine.
Le nom même du festival joue sur le concept de « » : celui qui s’y laisse prendre devient, métaphoriquement, un poisson crédule. Dans les pays anglo-saxons, ce jour est appelé April's Fools' Day, où « Fool » signifie « Fool », mais le sens est le même : un jour où tromper son entourage n'est pas seulement autorisé… il est célébré ! Le cinéma a toujours eu un talent particulier pour ce type de plaisanterie. Certains films construisent l’histoire autour de tromperies, de déguisements et de rebondissements qui vous surprennent au moment où vous vous y attendez le moins. De la ruse inexpliquée d'un agent maladroit à toute une vie construite comme une télé-réalité, voici 5 films incontournables, chacun basé sur une tromperie différente, mais tous capables de nous faire rire, étonner ou réfléchir.
Borât (2006)
Dans Borat, Sacha Baron Cohen a poussé à l'extrême ses performances de filou : plus de 400 heures de séquences, avec de vraies personnes ignorant complètement à quoi elles s'engageaient. Le côté comique vient du fait que les participants sont véritablement surpris. Le gouvernement kazakh a d'abord dénoncé le film car il estimait que la représentation du pays était offensante, ridicule et basée sur des stéréotypes négatifs. Certains ont même interprété le film comme une attaque contre la culture ou la nation à une époque où le Kazakhstan cherchait à améliorer sa réputation. La situation s’est inversée lorsque l’intérêt international pour le Kazakhstan, et notamment les demandes de visas touristiques, a considérablement augmenté. Une tromperie si efficace qu’elle a changé le destin de tout un pays.
Le spectacle Truman (1998)
Jim Carrey incarne Truman Burbank, dont toute la vie est une émission de télévision. À l’époque, le réalisateur Peter Weir avait déclaré que The Truman Show « était un film dangereux à faire », parce que ce que nous voyons ne pourrait jamais arriver… « et pourtant, une partie de cela s’est produite ». Le scénario, en fait, anticipait la réalité des émissions de téléréalité, des réseaux sociaux et des influenceurs, mais l’astuce ici n’est pas un gag : c’est la vie elle-même. En 2025, le film a été inscrit au National Film Registry, ce qui montre à quel point il reste pertinent et capable d’impacter le public aujourd’hui.
Dead Pool (2016)
Deadpool n'est pas seulement un film de super-héros : c'est une moquerie constante des règles et conventions cinématographiques. Ryan Reynolds incarne Wade Wilson, un ancien mercenaire qui, après une expérience ratée, acquiert des pouvoirs surhumains et décide de défier tout le monde, ennemis et spectateurs compris. Dès les premières scènes, le film brise le quatrième mur : Deadpool s'adresse directement au public, commente ses choix et se moque des réalisateurs, des producteurs et des clichés des blockbusters. Reynolds a même admis qu'il avait délibérément diffusé les images de test pour forcer la production à réaliser le film : une véritable « blague » qui impliquait également Fox. Dans le générique d'ouverture, le réalisateur est présenté comme « un recommandateur surpayé » et les producteurs comme des « idiots » : tout cela fait partie de la plaisanterie. Ici, la comédie naît d’une irrévérence totale et du mépris des normes et codes du genre.
Le pistolet nu (2025)
Après des années de tentatives de reboot, Liam Neeson entre en scène et The Naked Gun devient un succès en streaming. La saga comique de Frank Drebin, selon la tradition, voit le protagoniste impliqué dans des situations absurdes et des gags burlesques, avec une intrigue volontairement minimale. Le film, en effet, est construit comme un véritable jeu avec le spectateur : les références aux films précédents, les gags autoréférentiels et l'absurdité des scènes créent un dialogue continu entre l'écran et le public que la critique a apprécié, démontrant que l'humour méta-cinématographique peut encore très bien fonctionner.
Poisson d'avril (1986)
Toutes les blagues ne sont pas drôles… mais celle-ci l'est, du moins sur le papier. April Fools' est un slasher qui joue littéralement avec le concept de tromperie, en suivant un groupe d'enfants qui voyagent vers une île sans savoir ce qui les attend. Le film est un énorme bluff cinématographique : le public est trompé, les personnages aussi, mais la surprise finale bouleverse complètement les attentes. Le réalisateur Fred Walton a déclaré que Paramount ne savait pas comment le présenter. De nombreux téléspectateurs s'attendaient à un classique de l'horreur, mais ont plutôt trouvé une intrigue construite sur la tromperie et les rebondissements : une véritable blague dans la blague.