Même s’il s’intitule Percoco – Le premier monstre d’Italie, le film de Giuseppe Ferrandini inspiré d’une histoire vraie ne parle pas d’un tueur en série mais d’un homme presque devenu fou par les attentes de la famille et de la société de l’époque. L’avis de Carola Proto.
Dans une scène de Percoco – Le premier monstre d’Italie, un jeune homme bien habillé se promène le long du front de mer de Bari chargé d’enveloppes provenant des magasins de vêtements les plus élégants et les plus chers de la ville. Il sourit, et son propre sourire, qui ressemble à celui d’un enfant dans une confiserie, fait penser à Julia Robert qui, dans une jolie femme, parcourt triomphalement Rodeo Drive chargé de colis. Comme, comment Gianluca Vicaire dans le film de Pierluigi Ferrandinmoi, elle aussi porte des gants et pense que la robe fait le moine, mais dans le jeu de Garry Marshall là roberts est une prostituée au cœur d’or sur Hollywood Boulevard, alors que dans le film inspiré d’une histoire vraie et d’un roman de Marcellus Intronanous sommes en présence de Franck Percoco, le premier massacre familial de l’histoire de l’Italie. Également si Viviane sauvegarder Edouard et Edouard sauvegarder Viviane, Percoco il ne sauve ni lui-même ni les autres. Et s’il ne le fait pas, c’est qu’il n’en est pas capable, et s’il n’en est pas capable, la faute n’est pas d’être un monstre mais de ne pas l’être.
C’est à peu près ce qu’il a expliqué Giancarlo De Cataldo dans un article sur Percocoécrivant que « Franck Percoco il était trop malheureux pour être un monstre ». Le réalisateur l’a d’ailleurs répété, qui tient à souligner qu’après la prison, Franck Percoco il a vécu encore 21 ans en tant que commis et mari d’une femme qui l’aimait beaucoup. Maintenant, le film de Ferrandini il n’impose pas de point de vue, il ne récompense ni même n’approuve les mauvais comportements. En effet, tout en révélant de grands miséricorde, ne nie pas au protagoniste le statut d’assassin. Simplement, à travers la chronique des 10 jours qui s’écoulent entre le triple homicide dont l’homme s’est rendu coupable et l’arrivée de la police, le réalisateur et scénariste suggère que l’horreur engendre l’horreur et que les attentes d’une société formelle, riche, hypocrite et les commérages peuvent gâter un individu qui ne jouit pas d’une solide estime de soi et qui, tout en maîtrisant les matières universitaires les plus difficiles, se retrouve bloqué à l’examen. Et plus encore qu’à Bari pendant les années de boom économique (nous sommes en 1956), Pierluigi Ferrandini identifie la cause de toutes les turpitudes, ainsi qu’un petit enfer sur terre, dans la famille bourgeoise.
Le seul fils « normal » d’un couple riche, qui a également donné naissance à un garçon gravement handicapé et à un méchant qui s’est retrouvé en prison, Franc il tue parce qu’il ne peut plus supporter le poids des attentes parentales. Il dit à un ami : « Je me suis trop cassé le dos aux livres », et l’élimination de ses bourreaux lui donne une ivresse de liberté qui parvient aussi à inspirer la tendresse. En ce sens, le mérite du film, qui aurait pu se limiter à une reconstitution froide des faits, est de s’identifier aux yeux pleins d’émerveillement enfantin de Francqui, orpheline, peut enfin commander du cognac, porter des Raybans et se rendre dans le restaurant le plus branché de la ville. Franc ce n’est pas un tueur en série froid, car sinon il aurait (peut-être) fait disparaître les corps laissés à pourrir dans la chambre de sa mère et de son père. Francc’est plutôt comme un petit garçon qui demande désespérément à sa mère de pouvoir faire un autre tour sur le carrousel. Ferrandini condamne son geste, comme nous l’avons déjà dit, mais pour lui la riche ville de province qui lui a donné naissance et même son pays d’origine sont également coupables, qui à cause de son geste cesse d’être euphorique face au boom économique.
Percoco a le grand mérite de raconter cette annulation brutale du rêve italien à travers des détails scénographiques, des techniques de prise de vue, des costumes. La fille de Franck Percoco – geignard, ennuyeux et précaire – vit dans un immeuble qui a la froideur d’une morgue. Dans une autre scène, la ville qui accueille l’histoire est illuminée par la lumière livide qui précède l’orage, signifiant la menace d’une explosion émotionnelle. Encore une fois, des scénarios Trémies ils suggèrent l’immobilité de la pensée et l’illusion d’un bien-être financier et émotionnel qui est en fait inaccessible. Le film le suggère d’emblée à travers la main blessée du protagoniste, et ces mouches et ces vers qui font d’abord allusion à la mort et à la décomposition deviennent alors la métaphore d’une humanité bornée et pas du tout empathique. Et en fait, aucun des personnages du film n’est agréable ou positif. Quelqu’un est encombrant et intrusif, quelqu’un d’autre est fouineur ou complètement idiot, voire irréaliste. Et s’il y a quelque ingéniosité à trouver la pureté dans le sourire d’une prostituée qui a la beauté de Grace Kelly et la grâce d’un ange, ainsi que le bon sens dans un outsider comme un garçon vigneron, excellent est le choix des acteurs qui peuplent l’univers de Franck Percocoet qui ont quelque chose d’étrange, de laid et de déformé, presque comme s’ils se trouvaient dans la maison des miroirs d’un parc d’attractions.
Enfin, nous voulons dire quelques mots sur la performance de Gianluca Vicaire, qui ressemble à un acteur avec une longue expérience derrière lui. Garçon timide pour qui jouer c’est comme respirer, il a une présence scénique incroyable. Sans sa capacité à osciller entre vulnérabilité poignante et maîtrise de soi, entre bonheur et perplexité, entre regards vitreux et tendresse, entre agacement et acquiescement, Percoco – Le premier monstre d’Italie ce serait certainement un autre film.