Les secrets de la scène qui ont choqué les fans

Si vous avez vu le cinquième épisode de la saison 3 d'Euphoria (disponible sur Sky, en streaming MAINTENANT et sur HBO Max), vous aurez sans doute été assez abasourdi (pour ne pas dire choqué) en regardant les dix premières minutes. Notamment la séquence dans laquelle Cassie Howard, interprétée par Sydney Sweeney, se transforme soudain en un personnage gigantesque et traverse un Los Angeles miniature comme si elle était Godzilla ou un monstre du film Kaiju. C'est un joli mélange de virtuosité technique et de provocation, construit pour pousser au maximum l'imagination de la série (et de son créateur Sam Levinson, qui a toujours été accro aux excès), mais il a aussi une fonction métaphorique en nous faisant percevoir ce que ressent Cassie, en proie au succès issu de son activité de créatrice de contenus pour adultes. Il y a de nombreux hommages au cinéma classique, beaucoup de savoir-faire à l'ancienne, mais aussi une certaine exagération qui a rendu la séquence perçue comme très dérangeante. Certes, La « Cassie-zilla » est déjà devenue l'un des moments les plus évoqués de la saison. Mais comment exactement la scène a-t-elle été réalisée et pourquoi tout le monde ne l’a-t-elle pas appréciée ?

Euphoria 3 : Comment a été réalisée la séquence « géante » de Cassie

La séquence n’a pas été créée uniquement comme une provocation, mais comme un hommage direct au cinéma des monstres géants. Sam Levinson a construit le concept à partir de l'imagerie de Godzilla et de films comme Attack of the 50 Foot Woman, ainsi que de la tradition japonaise du tokusatsu, où les villes sont reconstruites en miniature pour être détruites sur scène.

Le décor miniature et le retour aux effets pratiques

L’un des aspects les plus surprenants de la scène est sa construction presque entièrement artisanale. Le chef décorateur François Audouy a expliqué que le Los Angeles de la séquence a été recréé comme un immense modèle physique, avec des bâtiments et des skylines emblématiques créés à l'échelle. Le superviseur des effets visuels, David Van Dyke, a souligné que le travail n'était pas basé principalement sur des images de synthèse, mais sur des perspectives forcées, des miniatures et des interventions numériques minimales, conçues uniquement pour affiner l'illusion. L'ensemble a été construit sur environ un an et conçu avec différentes échelles pour simuler la profondeur et la distance. Certaines pièces étaient même montées sur des plates-formes mobiles qui pouvaient tourner ou bouger pendant le tournage, créant l'effet d'une ville vivante et fragile sous les pas de Cassie. Sweeney se retrouva en fait à marcher parmi ces bâtiments miniatures. Et même les hélicoptères qui tournaient autour d’elle étaient des modèles réalistes.

Le sens profond de la scène

C'est une scène construite comme un rêve déformé, qui part d'un montage lié à la vie de créatrice de Cassie et aux contenus de plus en plus extrêmes qu'elle produit, pour glisser ensuite dans une dimension tout à fait symbolique. Cassie grandit jusqu'à atteindre une taille énorme sans aucune explication concrète, et se déplace désormais entre des bâtiments qui ressemblent à des jouets. Au milieu de tout cela, il y a aussi le moment où il observe un homme à l'intérieur d'un bâtiment en regardant son contenu, un passage qui explicite le thème central de la scène, à savoir la relation entre le regard, la consommation et le corps.

Le point que Sam Levinson voulait faire valoir est le suivant : que signifie être constamment observé et transformé en image ? Comme l'explique le réalisateur, la scène est une métaphore visuelle de la grandeur de la renommée et de la culture constante de la performance dans laquelle évolue Cassie, qui, ici, devient à la fois sujet et objet du regard. De cette manière, la transformation de Cassie représente la croissance incontrôlée de son image publique et le sentiment d'être constamment surveillée.

Parce que la scène a divisé le public

À en juger par les commentaires et réactions partagés sur la toile, le public est divisé. Certains téléspectateurs ont apprécié la puissance visuelle et le retour aux effets pratiques, lisant la séquence comme une expérience cinéphile cohérente avec l'esthétique de la série. D'autres cependant l'ont trouvé excessif et dérangeant, notamment pour l'utilisation d'images sexualisées (comme les seins nus de Sweeney poussés contre une vitre) considérées comme gratuites et inutiles. Sans compter les critiques que Sydney Sweeney ne cessait de s'attirer, coupable selon certains d'avoir accepté une représentation hypersexualisée et dégradante de sa Cassie.

Décidément, cette séquence du cinquième épisode de 3 en est une dont on se souviendra longtemps. Et il reste encore trois épisodes avant la fin de la saison.


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