Mon avis

Avec Mia, Ivano de Matteo signe un autre film politique au meilleur sens du terme. Le réalisateur se remet à parler de famille et confie à Edoardo Leo son rôle peut-être le plus beau, le mettant en situation de jouer en état de grâce. L’avis de Carola Proto.

Nul besoin de raconter la vie d’un secrétaire de parti ou de chroniquer une révolution, ni d’expliquer un changement de drapeau ou d’illustrer une campagne électorale pour faire un film politique. Dans le cas d Ivan De Matteo, un film est politique parce qu’il prend position, parce que le social devient l’objet d’une analyse certes lucide mais qui passe aussi par le cœur. Et peu importe si c’est au sein d’un petit groupe de personnes ou si l’enquête s’étend à tout le pays. Non, le militantisme concerne des actions ou des gestes simples qui ont des conséquences importantes et percutantes sur le contexte dans lequel évoluent les protagonistes d’une histoire.

Comment ne Les funambules et ne Nos garçonsle réalisateur, accompagné de sa compagne et scénariste Valentina Ferlan, se concentre sur une situation dramatique. Que ce soit le point de départ de l’histoire ou le point d’arrivée, c’est pareil, car c’est toujours la famille du personnage qui rompt les rangs ou subit des dommages, et depuis De Matteo est le père d’une fille qui a le même âge que le protagoniste de Monson implication est si forte que ce qui se passe dans un quartier au sud de la capitale nous submerge comme une avalanche et nous coupe le souffle comme un coup de poing dans le ventre.

La même chose est arrivée, pendant le tournage, à Edouard Léoqui a qualifié l’expérience sur le plateau de « dévastatrice », et, fictivement, à son personnage Sergepère attentionné d’une jeune fille de quinze ans qui lui apparaît parfois comme une extraterrestre. Serge et sa femme Valéria ils se sont mis en quatre pour Mon, qui était la petite princesse de la maison, mais ils n’ont pas réussi à la protéger des insécurités typiques d’un adolescent et surtout de la fragilité face aux grands sentiments. Et qu’arrive-t-il à ceux qui ne sont pas équipés pour faire face aux délires et aux manipulations ? La plupart des gens ont tendance à s’annuler, et puis ce qui se passe sur scène, dans notre cas, c’est le spectacle de la dépression juvénile et la fin de l’idylle paisible entre un père et sa petite fille, qui n’a plus de poupées dans sa chambre mais un smartphone capable de transformer sa vie en enfer.

Ne portez pas de jugements hâtifs Ivan De Matteo dans Monmais, découragé, insiste sur l’importance de la présence, dans la vie des enfants, des adultes, à qui personne n’a appris à être parents et à faire face à une série d’horreurs délicieusement contemporaines, et le plus troublant est que Serge pour le travail, il conduit une ambulance, et il voit déjà de nombreuses horreurs, et a appris à les tenir à distance, mais quand il s’agit de Monc’est comme si quelqu’un lui arrachait la chair, car si l’enfant de voleurs de vélo il est devenu un homme quand il a vu son père commettre un crime qui ne faisait plus de lui un héros à ses yeux, Serge il est mal armé pour supporter la perte et la honte d’une fille qui, trop vite, s’est transformée en femme.

L’état est complètement absent du film Ivan de Matteo, et puis il ne reste plus qu’à se faire justice soi-même, car la justice liée au respect de la loi est malheureusement linéaire, elle n’a pas de nuances, elle ne punit pas ceux qui se rendent coupables de violence psychologique ou de chantage affectif mais ceux qui répondent à cette violence avec une gifle ou un coup de pied. Ce n’est pas bon. Et même une mère aimante et compréhensive ne peut parfois empêcher une catastrophe, car il est si difficile de se rebeller contre une dévaluation ou une mortification continue.

Il ne manque jamais un battement Mon, n’a jamais un moment de fatigue. Il avance avec un rythme rapide mais pas effréné et rend les regards et les silences d’acteurs extraordinaires hautement significatifs, qui sont entrés dans le monde de Ivan De Matteo emportant avec eux les soucis et les angoisses des mères, des pères et des adolescents. Edouard Léo est en état de grâce et Michel Mancini il oscille à merveille entre tendresse et désespoir. Ensuite il y a Greta Gasbarri Et Richard Mandolineelle dans sa première expérience de comédienne et lui aux prises avec un rôle très difficile, celui de Marcole garçon de Mon. La caméra de Ivan De Matteo il les suit, puis se colle à leur corps et serre leur visage. Il ne se déplace pas en douceur, car c’est une machine à main, utilisée non pas pour regarder une scène mais pour y entrer. Tout comme elle, chaque père et chaque mère devrait ouvrir la porte de la chambre d’une fille ou d’un fils et se rendre compte si elle n’a plus la volonté de vivre, si elle arrête de faire ce qu’elle aimait faire avant. Se cacher la tête dans le sable est un luxe impossible à avoir de nos jours, car dans notre monde laid un garçon doit être défendu autant des autres que de lui-même.