Oui, chef ! : la revue de la brigade

Audrey Lamy et François Cluzet sont à l’affiche de cette comédie mise en scène par Louis Julien-Petit qui raconte l’histoire d’un chef de haute cuisine qui se retrouve à cuisiner dans un centre pour migrants mineurs. Au cinéma à partir du 8 décembre, critique de Federico Gironi.

Cathy Marie, un grand talent en cuisine et pas une mauvaise humeur. A tel point que, lorsque le chef du restaurant où elle travaille comme sous conteste, par pure vanité, l’habillage d’un plat de son cru, elle n’hésite pas à l’envoyer en enfer et à repartir en claquant la porte.
Il est temps de poursuivre le rêve d’ouvrir sa propre maison, mais pour cela, il faut de l’argent : et ici Cathy Marie trouve du travail dans ce qui était annoncé comme « un endroit charmant » avec une « clientèle exigeante », et qui est en fait une communauté de migrants mineurs en attente de régularisation par l’Etat français.
La réponse de Cathy Marie à cette nouvelle situation de travail imprévue sera en adéquation avec ses talents de cuisinière et son caractère, bien sûr, mais aussi avec son propre passé ; un passé qui, d’une certaine manière, l’unit à celui des garçons qu’elle rencontre dans la communauté et qu’elle transformera en sa brigade de cuisine, parce qu’elle aussi a été élevée dans un orphelinat, et qu’elle aussi avait trouvé dans le cuisinier de ce structurer un modèle et un enseignant.

Complot mis à part, vous comprenez assez rapidement que Oui, les cuisiniers est un film plein de bons sentiments, même trop. Un film dont il ne faut pas attendre trop de cahots, ni trop de conflits, car il faut que tout se passe au mieux.
D’un autre côté, avouons-le, les épreuves, les difficultés et les conflits autour de certains enjeux – qui sont les enjeux des migrants et de leur inclusion dans nos pays – sont trop évoqués, et de manière trop instrumentale, par l’information. Et donc le cinéma accueille le message d’espoir, et cette façon de raconter une histoire et des personnages d’une manière peut-être prévisible, mais humaine, qui réchauffe un peu le cœur et fait peut-être même quelques étincelles.

Par contre, tu comprends assez vite aussi que Oui, les cuisiniers est un film capable de un très haut niveau de professionnalisme: soit pour les choix de cadrage et de montage, soit pour le jeu des acteurs. Tu veux avant tout pour une écriture, l’écriture du réalisateur Louis Julien Petit et ses co-auteurs Liza Benguigui Et Sophie Bensadoun, capable de mêler habilement le rire à l’émotion, de raconter un personnage en élargissant son regard à toute sa brigade. Et aussi de lancer des fouilles bien ciblées sur les modes télévisées contemporaines, toutes les émissions de cuisine et les émissions de téléréalité.
De la cuisine, en Oui, les cuisiniers il y en a beaucoup, et encore une fois vu comme un acte d’amour et d’altruisme. Peut-être un peu moins de réalité : mais ce serait bien si cette part de réalité racontée par le film, qui existe pourtant, était considérée de moins en moins comme un conte de fées, et plutôt comme quelque chose de quotidien.