quand les clips vidéo sont devenus cinéma

Bien avant que les clips vidéo ne deviennent du contenu à défilement rapide sur Tik Tok, Michael Jackson avait déjà tout compris. Chacune de ses vidéos est née d'une idée précise, celle de construire une expérience visuelle allant au-delà de la musique. Ce n'est pas un hasard s'il les appelait souvent courts métrages, c'est-à-dire de vrais courts métrages. Pour ce faire, il s’est appuyé sur des réalisateurs dotés d’une vision forte, capables de transformer une chanson en quelque chose d’emblématique.

Alors que Michelle biopic consacré à Michael Jackson, domine le box-office mondial (à ce jour il a rapporté plus de 400 millions de dollars dans le monde) et a ramené sa figure au centre de la culture pop, cela vaut la peine de revenir au moment où les clips vidéo sont devenus cinéma.

Thriller, John Landis

Avec ThrillerJohn Landis apporte le langage de l'horreur cinématographique dans le clip vidéo. Maquillage prothétique, transformations sur scène, ambiance cinématographique et véritable construction narrative, qui accompagne le spectateur jusqu'à la très célèbre chorégraphie finale.

Mauvais, Martin Scorsese

Martin Scorsese se transforme Mauvais dans un court métrage urbain. Le prologue est long, il crée des tensions, il raconte un conflit social avant même un conflit musical. Lorsque le spectacle arrive, c’est comme une libération et la mise en scène maintient toute l’énergie et la tension de l’histoire.

Qui est-ce, David Fincher

Avec David Fincher, la « musique » change. Qui est-ce c'est un court métrage froid, élégant, maîtrisé dans les moindres détails. Lumières sombres, mouvements précis, compositions épurées. Tout communique distance émotionnelle et perfection formelle, un style qui deviendra la marque de fabrique du réalisateur dans les années suivantes.

Crier, Mark Romanek

Crier est l'un des clips vidéo les plus emblématiques des années 90. Mark Romanek construit une esthétique futuriste en noir et blanc, faite de symétries, d'espaces minimalistes et de design industriel. Chaque prise de vue est conçue pour avoir un aspect presque photographique.

Dans le placard, Herb Ritts

Herb Ritts apporte le langage de la photographie de mode au clip vidéo. Dans Dans le placard tout est réduit à l'essentiel, noir et blanc, lumière naturelle, corps en mouvement. La mise en scène ne domine jamais la musique ou la chorégraphie, mais observe et valorise la présence scénique.

Ils ne se soucient pas de nous, Spike Lee

Spike Lee transforme le clip vidéo en geste politique. Il déambule parmi les gens, dans les rues, avec une énergie réelle et collective. Le montage suit le rythme de la musique mais aussi celui de la contestation, rendant la vidéo puissante et directe.

Smooth Criminal, Colin Chilvers

Avec criminel lisseColin Chilvers construit une comédie musicale de gangsters. Décors des années 30, lumières de théâtre, fumées de scène et mouvements de caméra fluides. La chorégraphie devient action et chaque geste est conçu pour devenir iconique.

La force de Michael Jackson était de pouvoir changer de langage visuel à chaque clip vidéo, sans jamais perdre son identité. Chaque réalisateur a apporté un univers différent et il a toujours réussi à se l'approprier. C'est aussi pour cela que ces vidéos ne semblent pas démodées aujourd'hui, elles semblent toujours en avance sur leur temps.