qui survit dans l’horreur du confinement créée par l’auteur de Scream ?


Tous les films d'horreur ne parviennent pas à transformer un événement réel en une histoire terrifiante, mais Sick, réalisé par John Hyams et écrit par Kevin Williamson (auteur de Scream), s'y efforce. Il s’agit d’un slasher se déroulant en pleine pandémie de Covid-19, qui utilise le confinement non seulement comme toile de fond, mais comme partie intégrante de la paranoïa et de la violence du récit. Diffusé directement en streaming aux Etats-Unis, c'est une réflexion sur les réactions des gens face à la crise sanitaire mondiale, émaillée de meurtres, de masques imbibés de chloroforme et de haute tension.

Malade : de quoi parle le slasher organisé pendant le COVID-19

L’histoire s’ouvre en avril 2020, lors du premier confinement. Dans une résidence universitaire, l'étudiant Tyler Murphy (Joel Courtney) est brutalement assassiné après avoir reçu des messages anonymes de plus en plus menaçants. Peu de temps après, deux amis, Parker Mason (Gideon Adlon) et Miri Woodlow (Bethlehem Million), décident de s'isoler dans une maison au bord du lac appartenant à la famille de Parker. Miri prend la pandémie au sérieux et s'inquiète de ce qui va se passer, Parker est plus sauvage et imprudent et ne semble pas aussi anxieux.

Leur plan est simple : vivre la quarantaine loin de la ville, en documentant tout sur les réseaux sociaux. Cependant, l’apparente légèreté se transforme vite en cauchemar. Parker commence également à recevoir des messages de numéros inconnus, tandis que des tensions personnelles et des présences inquiétantes font s'effondrer tous les équilibres. Lorsqu'un intrus masqué s'introduit dans la maison, vole leurs téléphones et déclenche un véritable siège, la situation dégénère en un jeu paranoïaque mortel, dans lequel on ne sait jamais vraiment qui est l'ennemi.

Comment finit Sick : l'identité du tueur et le rôle du confinement

Avec , Kevin Williamson revient sur la dynamique qui a rendu la franchise Scream emblématique, mais les réinterprète dans une touche pandémique. Le résultat est un court métrage d’horreur (il ne dure que 83 minutes), essentiel et direct, qui alterne moments de tension et réflexion plus large sur la société. En fait, la pandémie n’est pas simplement un arrière-plan, mais le centre de l’histoire. Le film réfléchit sur des thèmes tels que l'isolement, la peur et surtout la recherche d'un coupable. Le cœur du slasher n’est pas le virus lui-même, mais la façon dont les gens réagissent à l’urgence, transformant la peur en obsession et la responsabilité en accusation. C’est précisément ici qu’il aborde une réinterprétation moderne du genre : l’horreur classique est déconstruite à travers une lentille contemporaine, dans laquelle la menace n’est pas seulement littérale, mais aussi sociale et psychologique.

Dans le final, comme dans la meilleure tradition de Ghostface, on découvre qu'il n'y a pas qu'un seul meurtrier. Parker comprend que derrière le masque se cachent Pamela (Jane Adams) et Jason (Marc Menchaca), les parents de Benji (Logan Murphy), un garçon avec qui Parker avait flirté avant les événements du film. Selon les deux tueurs (dont les noms sont un hommage à la famille Voorhees), Benji est mort à cause de Parker, qui lui a transmis le COVID-19. La jeune fille, à son tour, avait contracté le virus de Tyler, qui a été tué dans la scène d'ouverture du film. Miri, à un moment donné, attrape une bouteille et blesse Pamela. La femme essaie de blesser Parker, mais il lui jette de l'essence et Miri y met le feu, la tuant. Les protagonistes assomment également Jason, le jetant dans les escaliers : l'homme retrouve sa mort empalé sur des bois de cerf.

Sick, en conclusion, est une expérience intéressante, qui tente de transformer la peur collective en langage cinématographique. Le tueur n’est pas seulement un individu (ou deux) : il représente la projection déviante de la culpabilité et de l’obsession. La famille de Benji n'arrive pas à accepter la complexité de la réalité et cherche un bouc émissaire pour en faire payer les conséquences. Parker et Miri, cependant, en survivant au vortex de violence et en inversant les rôles de victime et de bourreau, démontrent qu'elles ne sont pas sans défense, mais de véritables « filles ultimes » capables de s'adapter et de réagir au danger.