Deadpool & Wolverine est enfin arrivé : réalisation d'un rêve pour Ryan Reynolds, retrouvailles pour Hugh Jackman, pari pour les studios Marvel de Disney. Notre avis.
Wade Wilson (Ryan Reynolds) je ne voudrais plus l'être Dead Poolmais des circonstances assez étranges l'obligent à remettre le costume et aussi à partir à la recherche d'un Logan / Carcajou (Hugh Jackman), ce qui représente le contraire de ce que Wade ressent. Puisque, cependant, comme nous le savons, Jackman's Wolverine est mort dans la chronologie de Fox Logan (2017), en trouve un autre qui a des squelettes dans le placard. Ce sera un vrai film de copains…
Disons-le simplement : Deadpool et Wolverine c'est vraiment un film absurde. Après l'acquisition de Renard de la part de Disney en 2019, le saga réservée aux mineurs dédié à Deadpool, très recherché en tant qu'interprète, producteur et co-scénariste par Ryan Reynoldscomposé par Dead Pool (2016)e Dead Pool 2 (2018), aurait dû s’arrêter là, incompatible sur le papier avec le monde familial de Marvel Studios. Pourtant ceci Dead Pool 3 c'est ici, ça existe, réalisé dans les différents portages de Disney encore par Reynolds, avec la complicité metteure en scène de Shawn Lévy (qui l'a déjà réalisé dans Mec libre Et Le projet Adam), mais surtout grâce au lien profond qu'il entretient lui-même avec son vieil ami Hugh Jackman.
Deadpool & Wolverine est une affaire privée. L'amitié entre Reynolds et Jackman va au-delà des règles de continuité, grâce aux multivers pratiques de Autorité de variation temporelle. Il permet surtout à deux acteurs de rendre hommage aux deux personnages qui ont joué un rôle crucial dans leur carrière, tous deux au fandom qui les a tant appréciés dans ces rôles, un fandom qui est lui-même famille. Les scènes qui les voient interagir ont la sensation d'un cadeau pour les nerds (explicitement remis en cause par la percée de Deadpool comme d'habitude quatrième mur), plus qu’une nécessité narrative. Reynolds et les autres scénaristes vont cependant un peu plus loin, car de différentes manières, ils célèbrent non seulement eux-mêmes, mais aussi le condition des artistes qui ont travaillé ou abordé ce phénomène cinécomique au fil des décennies: ils en profitent donc pour un étourdissement une parodie de la logique de production qui submergent acteurs, interprètes et histoires, au nom de licences, de contrats, de sagas qui s'interrompent, d'histoires qui sautent, de casting de danseurs, rien que pour le règles du business et du box-office hollywoodien. Mais ces expériences étaient là pour tout le monde, tant pour les acteurs que pour le public. Nous sommes tous dans le même bateau, et Reynolds a envie d'en plaisanter, malgré la logique du reboot, qui met au rebut ou recycle tout le monde, surhumains et acteurs.
Deadpool et Wolverine en sont un canon lâche dans les studios Marvel de DisneyEt Kévin Feige a donné carte blanche à l'équipe de Reynolds, entre des tonnes de langage grossier, des éclaboussures de violence physique et quelques bêtises visuelles suggestives et ludiques : il n'avait aucune raison de s'y opposer, car en échange il obtenait unexplosion nucléaire de clins d'œil et de clins d'oeil à l'univers Marvel, un déluge de gadgets qu'on ne peut pas gâcher, mais qui a déjà suscité d'étranges réactions de la part de certains confrères lors de la projection presse. Reynolds, Levy et Jackman plaisantent, mais ils connaissent aussi très bien le matériel qu'ils manipulent et ils savent ce que les fans aiment voir. Et ils ne se contentent pas de le donner, ils enterrent le fandom avec des stimuli pour des dizaines et des dizaines de vidéos YouTube avec des analyses, des idées, des listes de citations.
Nous n'aimons pas jouer les rabat-joie, mais nous avons un gros doute. Au-delà de sa dimension métafictionnelle, arrogante comme il sied à Deadpool et Ryan Reynolds, l'histoire elle-même nous a semblé faible. Concentré sur l'effet que doit produire chaque scène, pour un combat « cool », un gag fou, une plaisanterie acerbe, le film nous est apparu pas très cohérenteffiloché et spécieux sur le plan narratif : ceci malgré le fait que le scénario s'efforce d'en trouver un espace émotionnel pour Wade et Logan, malheureusement insuffisant pour nous pour donner un vrai côté « sincère » à ce libre cours (Dead Pool 2 a eu plus de succès dans cet aspect). Son identité particulière lui garantira un succès considérable au box-office, mais si (nous soulignons « si ») le Crise Marvel ça venait d'un fatigue envers ses histoires individuelles peu engageantes et subordonnées au bienheureux « univers », Deadpool & Wolverine ne fait pas exception. Il s'en sort parce que Reynolds se moque de tout çabien sûr, mais au fond même lui ne peut pas l'éviter, il en est dépassé même logiqueà la différence qu'il le voit, le souligne et l'exorcise en lui prenant des framboises.
Mis à part les recettes stratosphériques probables, il est trop tôt pour dire si Deadpool était vraiment « Jésus de Marvel » (comme il le prétend), capable de revivre un moment fatigué de Univers cinématographique Marvel. Certes, Reynolds, à lui seul, a réussi à en remporter un bataille personnelle comme celle de Wade, qui explique également dans la bande-annonce qu'il n'est pas réellement capable de sauver le monde entier. Il se soucie sauve seulement son micromondetout comme Ryan souhaitait que Disney lui permette de protéger Deadpool tel qu'il est né, dans un contexte différent. Peut-être que Deadpool & Wolverine reflète cela : c'est une belle petite entreprise, mais il vaut mieux ne pas exagérer les hosannas. Wade Wilson et Ryan Reynolds laissent des miracles aux autres.