Revue de houx

Une fille qui passe de la marginalisation à la popularité, entre réalisme cinématographique et surnaturel. Holly de Fien Troch a été présenté en compétition à la Mostra de Venise. La critique de Mauro Donzelli.

Ce n’est pas une fille populaire, Houx. À l’école, elle est plus victime d’intimidation que envisagée, la famille est vaguement dévastée sans pour autant mourir de faim. Elle s’occupe de ses propres affaires, et cherche plutôt la compagnie d’un autre « bizarre », encore plus qu’elle, comme Bart. Nous sommes dans un scénario de grand anonymat, dans cette grisaille caractéristique du quotidien ordinaire que représente très souvent le cinéma belge.. Ces plaines éternelles, périurbaines ou périphériques, mais finalement aussi rurales, dans lesquelles une énième fresque de réalisme entre le social et l’existentiel se teinte d’un élan surnaturel inédit (et possible) dans le deuxième film du réalisateur Fien Trochrécompensé par une autre histoire de jeunesse et d’inconfort de classe, Maisonchez Orizzonti en 2016.

Dans houx le malaise demeure, ainsi que le contexte jeunesse, dans l’histoire d’une jeune fille qui appelle un jour à l’école pour dire qu’elle ne viendrait pas, précisant qu’elle a un mauvais pressentiment. Peu après, voici un feu, sobrement montré de loin avec quelques flammes, pour confirmer le contexte d’un minimalisme à la limite du déstabilisant du film. Divers garçons meurent, la communauté tente de se rassembler pour surmonter le drame et par hasard, certainement pour des raisons peu claires et mal montrées par Troch, Soudain, Holly devient un point de référence pour une consolation réussie, lorsqu’un enseignant se souvient de la prémonition et l’implique dans le groupe de soutien..

Elle y prend plaisir, d’abord avec une timidité innée, en lien avec une incapacité à communiquer ou à s’exprimer, avec des mots ou par d’autres moyens. Il prend quelques câlins, après quelques mains dans la main, d’abord avec horreur puis avec la conscience qu’il pourrait aussi accepter de l’argent. Elle renouvelle son look, mais commence à tolérer de moins en moins lorsqu’elle devient presque une sainte digne d’une vénération bruyante dans les restaurants ou dans la rue. Cela apportera aussi paix et sérénité aux autres, mais elle commence à être dépassée, ils lui demandent de plus en plus. Aussi.

Nous attendons constamment de voir cette énième banalité belge en action, intrigués par cette prémisse initiale presque de science-fiction, bientôt démentie du moins par le style avec lequel elle se poursuit, toujours monotone et immobile.. Troch confond le minimalisme avec l’incapacité de choisir un chemin, une rime narrative, même monotone. Le charisme nul du jeune protagoniste n’aide pas, Cathalina Geerartset attendre devient vite un abus de patience et d’insatisfaction. Beaucoup de bruit pour rien, ou plutôt le réalisme habituel du festival, dépourvu de colonne vertébrale et de capacité de narration.