Revue Les Aventures du Petit Nicolas

Le film d’animation Les Aventures du Petit Nicolas n’est pas seulement l’adaptation de quelques contes illustrés populaires français : il les entremêle avec la vie et les sentiments de ses auteurs, René Goscinny et Jean-Jacques Sempé. Notre avis.

Les aventures du petit Nicolas ce ne sont pas seulement ceux obtenus à partir livres écrits par René Goscinny et illustrés par Jean-Jacques Sempédébordant d’un caractère délicat et discret l’enfance dans la France d’après-guerre: je suis là aussi transposition des existences de ses auteurs, dont les souvenirs s’entremêlent aux histoires de Nicolas, alors que la frontière entre expérience et fantasme ne se voit plus. C’est au fond l’expérience particulière qu’a voulu construire la direction sensible d’Amandine Fredon et Benjamin Massoubre : une fusion entre biopic (double, pour Goscinny et Sempé) e adaptation cinématographique presque mimétique.

Les aventures du Petit Nicolas a un titre programmatique dans l’original, c’est-à-dire « Le Petit Nicolas : Qu’attendez-vous pour être heureux ?« , littéralement « Petit Nicolas : Qu’attend-on pour être heureux ?« Le recette du bonheur – ou plutôt de légèreté – elle semblait vraiment avoir été attrapée paramitié productif et créatif parmi le scénariste légendaire René Goscinny et le dessinateur et dessinateur Jean-Jacques Sempé. Le premier a été arraché de France contre son gré, en raison du travail de son père en Argentine, resté alors loin de l’Europe nazie. Le second était un aspirant designer venu de province, fuyant une famille froide, amoureux de Paris et de ses opportunités. À la racine, c’est un film sur la famille de bout en bout: il a en fait aussi été écrit par Anne Goscinnyqui a dit au revoir prématurément à son père René en 1977, un parent qu’il avait partagé avec le monde entier et avec Astérix, Lucky Luke, Iznogoud et exactement Nicolas. Il serait peut-être même erroné d’écrire qu’Anne et les auteurs du film décomposent le les barrières entre biographie et création littéraire: ils ne les voient pas du tout.

René et Jean-Jacques se rencontrent grâce à Nicolas et donne-lui vie 1960: c’est un enfant de l’école primairequi vit ses petites aventures et ses farces dans son famille bourgeoise (excité par l’arrivée de la télévision) et dans son écoleavec les inséparables copains parfaitement caractérisé en quelques touches. Il y en a certainement un satire éternelle dans la description de ce monde, lointain dans le temps mais proche : leabsence de malveillance dans le portrait de des gens tendrement imparfaits annule la distance, et évite aussi le piège de l’indifférence, car le désir de sourire avec affection face à n’importe quelle situation. René et Jean-Jacques, discutant entre eux ou répondant aux questions précises de Nicolas lui-même, qui délaisse sporadiquement ses histoires pour se confronter à ses créateurs, reconstituent le propre vie et carrière. Indirectement on comprend les raisons qui les ont conduits à Nicolas : la recherche d’unadhésion, à la famille perdue de Goscinny ou volontairement abandonnée par Sempé. L’exploration de cet humour nous rapproche de la compréhension de l’âme de ce que pourrait être aujourd’hui son héritier idéal, le Greg du Journal d’un Wimpy Kidcréé par Jeff Kinney.

L’adaptation des histoires hilarantes sélectionnées tiendrait, à elle seule, même sans les liens concernant les auteurs, à supposer qu’on puisse parler de liens, étant donné que lel’intégration entre les deux dimensions de l’histoire est à juste titre désinvolte et sans hésitation. Le style graphique choisi pour le film adhère en effet parfaitement au Tronçon Sempé et le traduit en animation à main levée, complété avec soin par trois studios français. De même que Goscinny utilisait la fantaisie pour sublimer la réalité en conte de fées, de même la synthèse graphique résume les concepts avec peu de signes, même avec le courage poétique de mélanger les formes et les couleurslorsqu’ils s’approchent du bordure de page – désolé, à propos de l’écran. Le coeur de Ernest et Célestine ça battait déjà ici.
Ce long métrage est une opération très différente des plus récentes adaptations en live-action de Laurent Tirardcomme, comment Le petit Nicolas et ses parents (2009), Les vacances du petit Nicolas (2014) ou celui inédit par nos soins Le Trésor du Petit Nicolas (2021) de Julien Rappeneau. Sur le plan visuel, ceux qui s’en rapprochent le plus série télévisée d’animation réalisé il y a une dizaine d’années, mais sans le rigueur esthétique ce que nous visons dans ce cas. Cependant, il ne s’agit pas d’une simple bizarrerie : d’une part, il y a leévanescence de ces dessins, aussi puissants émotionnellement qu’essentiels. De l’autre il y a le histoire de deux hommes qui ont besoin de créer pour compléter leur existence. Les deux chemins se croisent à mi-chemin pour un superbe résultat. Pourquoi expliquer ce que cela signifie et à quel point c’est important légèreté c’est difficile, mais Les Aventures du Petit Nicolasincarne pour nous.