Revue romantique

Pilar Fogliati réalise une comédie pétillante et intelligente dans laquelle elle incarne quatre personnages inspirés de la réalité et développés dans un scénario écrit avec Giovanni Veronesi. L’avis de Carola Proto.

Jusqu’à récemment, l’humoriste capable de se transformer en une multiplicité de personnages de sa propre invention, ou qui existait réellement (ou existait), était strictement masculin. Ainsi était l’imitateur tout court, qui se moquaient des politiciens, des stars du firmament cinématographique, des gourous de la mode et de l’art contemporain, amusant toute l’Italie. Puis ils sont arrivés Sabine Et Catherine Guzzanti, Paula Cortellesi et le fabuleux Virginie Raphaël. Chacun d’eux avait observé attentivement le monde environnant au point d’en rire, et comme l’ironie va toujours de pair avec l’intelligence, ils étaient tous parvenus à laisser un message ou à soulever une question, parfois même à représenter (et stimuler) L ‘autonomisation femme.

Pour ça plateaux de femmes talentueuses, qui nous fait tant penser à la femme fantastique Maisel de la série télévisée du même nom, appartient également Pilar Fogliatiqui en 2023 effectue la même opération que Charles Verdon des premiers films, ceux dans lesquels le réalisateur de Beaucoup beau il s’essaya à divers rôles, racontant le monde romain sous ses diverses formes. Pilier appris la leçon de l’inventeur de Furieux, Enzo, Roger Et Leo et, sans oublier de garder quelque chose de mélancolique, il a pris le relais de son maître, inventant une série de trentenaires avec un caractère, un mentalité et une façon de parler inextricablement liée au milieu d’origine, ou plutôt au quartier de la capitale dans laquelle ils sont nés et/ou ont grandi. Comme le Feuilleté il a fréquenté les « catégories » auxquelles appartiennent ses filles, chaque portrait est très juste, les situations sont plausibles et, surtout, on rit aux larmes. Aussi dans Romantique il y a une pincée de sociologie, bien sûr, mais ce qui surprend, c’est la capacité de l’actrice et réalisatrice à faire de son corps et de son visage un outil très puissant, tel qu’il est et tel qu’il était pour Antonio Albanese ou pour le lointain Léopold Frégoli. Et que dire du travail de Pilier sur le timbre de la voix ?

On aime à croire que les personnages qui peuplent le premier film de Pilar Fogliati résultent d’une difficulté à se reconnaître aussi bien dans un contexte bourgeois ou aristocratique que dans un milieu intellectuel caractérisé par un très fort désir de vengeance. Maintenant, quand on est du étrangers, le sentiment de non-appartenance que l’on ressent presque constamment peut devenir problématique et générer de la tristesse sinon de la douleur, et la douleur, on le sait, peut conduire à la création artistique. Même une comédie est une création artistique, et elle a de la valeur quand on ne va pas trop loin et qu’on arrive à tenir des discours profonds et parfois même inconfortables. On voit que le Feuilleté elle est tombée sur la parioline agressive qu’on reconnaît dans Taziadans le noble avec friulane et un tendre naïveté dont il est un excellent exemple raisins secs, ainsi que chez l’artiste en herbe qui vient du Sud qui Eugénie reprèsente. Ensuite, il y a le courage d’investir dans les sentiments de Michèlequi a toujours été l’apanage des gens les plus simples, et avec peut-être le caractère le plus positif parmi les quatre Pilier il a en commun d’avoir vécu dans une petite ville juste à l’extérieur de Rome. Tout cela signifie que les histoires du film sont racontées en connaissance de cause, ce qui est toujours une bonne chose.

Nous sommes donc heureux de dire que ces femmes plus ou moins bizarres ou affirmées ne sonnent jamais fausses ou évidentes, d’autant plus que celle qui les a inventées les aime toutes tendrement, et cet amour qu’elle a devient l’amour de nous spectateurs pour les créatures féminines qui cachent une fragilité et une vulnérabilité qui caractérisent alors aussi les « grandes filles », qui ne s’émancipent guère d’une dépendance affective ou des attentes des copains, amis et parents.

Ils ne restent pas immobiles Raisins secs, Eugénie, Tazia Et Michèle. Ils vont d’un point A à un point B et se jettent, et en se jetant ils enlèvent les verres roses avec lesquels Audrey Hepburn regardé la vie dans Sabrina. Que voient-ils en se réveillant du rêve ? Au fond des hommes veules, des traîtres prévisibles, des gens riches qui remplissent les silences de mots vides, des futurs maris sans ambitions professionnelles avec qui à un moment donné vous cesserez d’être heureux.

Romantiquede plus, et c’est très important, il valorise la diversité entre les typologies féminines affichées avec la conscience qu’un plafonnement général des médias sociaux et la nécessité de laisser la mesure de sa valeur à ce que l’on porte est déjà en cours. Aujourd’hui, si vous y réfléchissez, le Tazie ils ont les mêmes baskets que les Michèleet le Raisins secs ils disent « j’aime » aussi souvent que Eugénie il débite son « c’est ». Il s’ensuit que les personnages du film ont une patine presque vintage, ce qui les rend fascinants. Même de nombreuses différences linguistiques s’estompent et les termes anglais envahissent notre langue à tous les niveaux, et il n’est pas étonnant que le blasphème soit maintenant entré dans les salons des Flamands.

Ce n’est pas un film que les non-Romains ne comprendront pas Romantiqueparce que le filles auquel aussi Jean Véronèse il a donné des mots et des actes, accompagnant le réalisateur dans l’écriture du scénario, sont des archétypes, dont les clichés jouent en faveur d’une extrême clarté de vision. Nous sommes contents de ça Pilar Fogliati a eu la chance de faire son chemin vers le cinéma. C’est bien quand un talent est découvert et valorisé, surtout dans un pays où la méritocratie n’est encore qu’une lointaine chimère.