La course aux récompenses 2027 pourrait réserver l’une des surprises les plus insolites de ces dernières années. Selon ce qui a été rapporté par , James Ortiz, le marionnettiste qui donne vie à l'extraterrestre Rocky dans Project Hail Mary, serait en effet éligible à une nomination à l'Oscar du meilleur acteur dans un second rôle. Une possibilité qui, si elle se confirmait, ouvrirait un vaste débat à Hollywood sur ce que signifie réellement « jouer ».
Le film de science-fiction mettant en vedette Ryan Gosling, basé sur le roman d'Andy Weir, tourne autour de la rencontre entre l'enseignant et astronaute Ryland Grace et Rocky, une créature extraterrestre venue d'une autre planète. Un lien surprenant se développe entre les deux alors qu'ils tentent de résoudre une menace qui pourrait mettre en danger l'univers entier. Bien que sans visage et dépourvu de caractéristiques anthropomorphiques traditionnelles, Rocky est sans aucun doute l'un des éléments les plus appréciés du film.
James Ortiz peut-il vraiment être nominé pour un Oscar ?
Le point central du problème concerne James Ortiz. Deuxièmement, les règles actuelles de l’Académie n’interdisent pas explicitement qu’une telle performance soit considérée comme éligible à une nomination. Autrement dit, rien n'empêcherait les distributeurs du studio, Amazon MGM et Sony, de proposer Ortiz dans la catégorie du meilleur acteur dans un second rôle. La question n’est donc pas bureaucratique, mais éminemment culturelle : Hollywood est-il prêt à reconnaître comme « jeu d’acteur » une performance réalisée grâce à ?
Incontestablement, le travail d'Ortiz va bien au-delà des contributions techniques. Chaque mouvement de Rocky et chaque interaction avec le personnage de Gosling est le résultat de choix performatifs précis. Il ne s’agit pas d’effets visuels construits en post-production, mais d’une performance live filtrée à travers une marionnette qui devient un moyen d’expression. En termes simples, Rocky prospère grâce à un contrôle total des acteurs, bien que sans aucune présence humaine visible.
Parce que Rocky est une véritable performance à tous égards
C’est précisément cette nature hybride qui rend le cas si intéressant. L'idée traditionnelle du jeu d'acteur est liée au visage humain, au mimétisme et à la présence physique de l'acteur. Rocky, quant à lui, démontre comment il est possible de construire un personnage crédible même sans ces éléments, en s'appuyant entièrement sur ceux qui l'animent. Ce sont les choix interprétatifs d’Ortiz qui déterminent en fait la personnalité de l’extraterrestre à l’écran. Andy Weir lui-même, auteur du roman sur lequel est basé le film, a souligné dans une interview à quel point le travail du marionnettiste était fondamental pour rendre crédible l'interaction entre les deux protagonistes. Selon l'écrivain, l'harmonie avec Grace fonctionne précisément parce que Rocky n'est pas une simple création numérique, mais une présence « active » sur le plateau, capable d'influencer le jeu de Gosling. Weir a expliqué que le succès (ou l'échec) du film dépendait en grande partie du succès de ce personnage et que le résultat final dépassait les attentes.
Le précédent Andy Serkis et les limites des performances « hybrides »
Le cas d’Ortiz n’est certainement pas un cas isolé. Hollywood a déjà abordé le thème des performances hybrides par le passé, notamment avec Andy Serkis, pionnier des performances en capture de mouvement. Des rôles comme Gollum dans la saga, César dans la série ou le Guide Suprême Snoke dans , accueillis avec enthousiasme, ont redéfini le concept même du jeu d'acteur moderne, sans jamais obtenir de reconnaissance aux Oscars.
La raison n'est pas liée à la qualité des interprétations, mais plutôt à la difficulté de l'industrie à classer ce type de performances. Lorsqu’un spectacle devient indissociable de la technologie qui le rend visible, il est perçu comme quelque chose de différent du jeu d’acteur traditionnel, même en l’absence de règles qui l’exigent. Et elle peine à être reconnue comme « actrice ».
L’hypothèse du Special Achievement Award
Deuxièmement, il existe une autre possibilité. L'Académie pourrait décider de reconnaître le travail de James Ortiz à travers le Special Achievement Award, un prix créé en 1972 pour mettre en valeur les contributions innovantes qui n'entrent pas dans les catégories classiques. Il s'agit d'un prix décerné très peu de fois, destiné spécifiquement à des œuvres capables de redéfinir les frontières du langage cinématographique. Le dernier prix remonte à 1995, lorsque John Lasseter a été récompensé pour son travail sur Toy Story. Il ne reste pour l’instant qu’une seule possibilité, mais le cas de James Ortiz rouvre une question que Hollywood n’a jamais vraiment résolue : jusqu’où une performance peut-elle s’éloigner du corps humain avant de cesser d’être considérée comme un jeu d’acteur ? Et surtout, le cinéma est-il prêt à répondre définitivement à cette question ?