Stellan Skarsgård justicier à bord d'un chasse-neige : l'idée géniale de In Order of Disparition


Lorsque Nils Dickman apprend que son fils est mort d'une overdose d'héroïne, il ne peut accepter la version officielle. Nils est un homme calme, il travaille comme conducteur de chasse-neige dans les montagnes norvégiennes et vient d'être nommé citoyen de l'année. Mais derrière cette apparence ordinaire se cache un homme prêt à tout pour découvrir qui a tué son fils.

C'est à partir de cette prémisse que commence In Order of Disparition, le film de 2014 réalisé par Hans Petter Moland et mettant en vedette Stellan Skarsgård, un thriller qui transforme une histoire de vengeance classique en une comédie noire surréaliste se déroulant entre la neige, le crime organisé et une quantité surprenante de cadavres. Le résultat est si particulier que, quelques années plus tard, il donne également naissance à un remake hollywoodien avec Liam Neeson.

Par ordre de disparition : l'intrigue du film avec Stellan Skarsgård

Nils (Skarsgård) vit dans la ville norvégienne de Beitostølen, où il passe ses journées à conduire un énorme chasse-neige. Son existence change complètement lorsque son fils Ingvar est retrouvé mort et que la police attribue le décès à une overdose. Nils est cependant convaincu que le garçon n’était pas un toxicomane. Lorsqu'il découvre qu'Ingvar a été impliqué contre son gré dans une guerre entre gangs de trafiquants de drogue, il décide de rechercher personnellement les responsables.

À partir de ce moment, le chasse-neige silencieux entame une mission personnelle de vengeance. Chaque victime lui permet de se rapprocher du véritable responsable de la mort de son fils, mais son initiative finit par déclencher une querelle entre la criminalité norvégienne et la mafia serbe. Au centre du conflit se trouvent le gangster norvégien connu sous le nom de « le Comte » (Pål Sverre Valheim Hagen) et le patron serbe Papa (Bruno Ganz). Nils, avec son visage impassible et son gigantesque véhicule de travail, se retrouve soudain au centre d'un monde criminel auquel il n'aurait jamais eu l'intention de rejoindre.

Le détail génial : chaque mort a sa propre petite nécrologie

Le gadget le plus particulier de In Order of Disparition survient précisément lorsque quelqu'un est éliminé. Le film ne se limite pas à montrer la longue traînée de victimes laissées par la vengeance de Nils : les personnages qui meurent sont accompagnés d'une sorte de carte funéraire, avec leur nom et leur surnom, transformant chaque mort en une sorte de nécrologie absurde. C'est un dispositif parfaitement cohérent avec le ton du film, qui alterne violence et humour noir sans jamais s'apparenter à un thriller de vengeance tout à fait sérieux.

Le réalisateur Hans Petter Moland joue continuellement avec les attentes du spectateur et transforme l'élimination progressive des criminels en une sorte de liste de courses macabre. La même structure est liée à la signification du titre international, . Et voici une curiosité encore plus absurde.

Kraftidioten : Le titre original est bien plus fou

En Norvège, le film ne s'appelle pas The Order of Disparition. Le titre original est Kraftidioten. Le terme est décidément plus irrévérencieux et rappelle l'idée d'un « idiot total », ou d'un « idiot de première classe ». Ce n'est donc pas un hasard si le titre international a choisi une toute autre voie : il met en valeur la structure de l'histoire, tout en soulignant son côté grotesque et absurde.

Derrière l'histoire d'un père qui veut venger son fils se cache en effet une comédie noire nordique qui se moque à la fois des films de vengeance et du monde du crime. Le résultat est un curieux mélange d'ambiances à la Coen et de violence à la Tarantino, mais avec un humour beaucoup plus froid et scandinave. Il a même souligné le caractère absurde du film, définissant Kraftidioten comme un titre qui anticipe le ton de comédie noire de l'histoire.

De Order of Disparition à The Quiet Man : le remake avec Liam Neeson

Si l’histoire vous rappelle quelque chose, c’est parce qu’Hollywood l’a refaite. En 2019, il est arrivé, distribué en Italie sous le titre A Quiet Man, avec Liam Neeson dans le rôle titre. La curiosité est que Hans Petter Moland était toujours derrière la caméra : le même réalisateur du film norvégien est ensuite revenu raconter son histoire, cette fois devant un public international et avec un casting américain. La structure de base reste la même : un homme apparemment ordinaire, la mort de son fils, la recherche des responsables et une vengeance qui finit par impliquer deux organisations criminelles rivales.

Le remake conserve également un peu de l'humour noir de l'original, mais In Order of Disparition reste le film le plus particulier précisément en raison de son ambiance nordique et du contraste entre paysages enneigés, silence absolu et quantité disproportionnée de meurtres. La force du film réside avant tout dans le contraste construit autour de Nils. Nous n'avons pas le héros d'action classique qui revient sur le terrain après des années d'entraînement : nous avons un homme normal, habitué à pelleter la neige et à vivre une vie tranquille, qui se retrouve soudain à lutter contre le crime organisé.

Son inexpérience rend certaines situations encore plus surréalistes. Nils n'est pas un professionnel de la vengeance : il procède par essais et erreurs, en s'appuyant sur la chance et surtout sur son énorme chasse-neige. Et tandis que les cadavres se multiplient, le film continue de rappeler, avec une certaine ironie macabre, que le titre n'est pas du tout accidentel : ici les personnages disparaissent véritablement, les uns après les autres.