« Studenti in Corto est une manière concrète de rester contemporain »

L'initiative Etudiants à Corto – Un espace pour les talents du futur est l'expression directe de l'engagement central de Rai Cinema à soutenir la créativité émergente et à promouvoir de nouvelles voix dans le panorama audiovisuel italien. Lancé à l'occasion de la Journée mondiale de la créativité et de l'innovation (21 avril), en collaboration avec des universités italiennes, le projet est dédié à la valorisation des jeunes auteurs et des langues émergentes. L'objectif de Rai Cinema est clair : accompagner les nouvelles générations non seulement dans la phase de création, mais aussi sur le chemin de la croissance et de la visibilité, en interceptant des langages et des perspectives capables de renouveler l'histoire cinématographique et d'interpréter le présent sous différents points de vue. Investir dans les nouvelles générations est considéré comme une contribution fondamentale à l'avenir du cinéma italien.
Nous en parlons directement avec le responsable marketing et innovation de Rai Cinema, Carlo Rodomonti.

Carlo, comment est né le projet « Studenti in Corto » et à quel besoin répond-il ?

D’où l’idée de renverser le paradigme. Au lieu d'essayer d'être « orientés vers les jeunes », nous avons décidé de prendre du recul et de donner directement la parole aux jeunes. Nous l'avions déjà expérimenté dans d'autres contextes, par exemple en confiant aux étudiants la sélection de courts métrages ou en impliquant des créateurs pour parler du cinéma avec leur langage. Les étudiants de Corto sont l’évolution naturelle de ce chemin. Nous ne produisons pas les films, mais nous offrons un espace structuré et continu où ces œuvres peuvent être vues, valorisées et accompagnées sur un chemin de croissance.

Nous avons construit un réseau qui va au-delà de la simple publication en ligne. Des festivals aux événements jusqu'aux collaborations avec des organisations telles que le Naples Comicon ou le Giffoni Film Festival. Nous souhaitons offrir aux enfants une expérience complète qui les met véritablement en contact avec le public et l’industrie. C'est aussi une manière d'ouvrir le cinéma Rai à une logique plus plurielle, moins verticale, où le public lui-même contribue à construire l'histoire.

Qu’est-ce qui rend aujourd’hui un court métrage vraiment efficace aux yeux de ceux qui le regardent et le sélectionnent ?

Cela dit, il ne suffit plus aujourd’hui de penser au film lui-même. Il est également essentiel de travailler sur la manière dont ce film sera raconté : bandes-annonces, images, supports promotionnels font partie intégrante du projet. Ce ne sont pas de simples outils marketing, mais de véritables extensions de l’histoire. Savoir construire une identité reconnaissable, tant sur le plan artistique que communicatif, c'est ce qui permet réellement à un court métrage de trouver de l'espace.

Que diriez-vous du travail réalisé jusqu’à présent avec Rai Cinema ?

Il y a certains projets qui me plaisent le plus. Nous avons soutenu Omar Rashid avec « Lockdown », pendant le confinement. Il est parti avec une équipe très réduite pour tourner de beaux contenus immersifs, à la poésie très puissante. L'autre projet que j'encadre est la collaboration sur le projet « La réalité qui n'existe pas », qui au fil des années a donné lieu à des expériences transmédia très significatives, comme celle de « Joyeux anniversaire », qui a vu Rai Cinema au premier plan. Nous avons raconté des histoires à travers différentes technologies, styles et langages, impliquant des créateurs et des ambassadeurs au fil des ans et enfin Terry Gilliam.
Avoir ensuite suivi les campagnes des Oscars de Io, Capitano et Vermiglio a été un travail intense et enrichissant.

En parlant d’avant-garde et de nouvelles technologies, quelle direction prend le cinéma ?

Il existe également un certain nombre d’impacts positifs liés à l’optimisation des processus et à l’amplification des possibilités. Aujourd’hui, nous pouvons avoir un réalisateur africain qui, avec très peu de budget, peut créer une histoire dystopique, ce qui était impossible auparavant. L’IA peut offrir de plus grandes possibilités, mais à mon avis, les productions 100 % artificielles se normaliseront selon un schéma qui, je pense, n’aura pas trop d’impact sur les acteurs. Le public a besoin d’humanité, il ne se contente pas d’objets numériques sans âme.
L’avenir du cinéma sera probablement un équilibre entre innovation technologique et authenticité. Et des projets comme « Studenti in Corto » servent précisément à cela : cultiver de nouvelles voix, capables d'utiliser ces outils sans perdre leur identité.