Trahir Diabolik pour le sauver ? Les Manetti Bros ont choisi la voie la plus risquée


Quand, en 2021, Diabolik revient au cinéma, beaucoup s'attendaient à une réinterprétation moderne du célèbre personnage créé par Angela et Luciana Giussani. À l’époque des super-héros spectaculaires, des blagues rapides et des effets spéciaux de plus en plus envahissants, il semblait naturel d’imaginer une version actualisée du Roi de la Terreur.

Les Manetti Bros, cependant, ont choisi la voie opposée. Ils ont ramené Diabolik à ses origines, reconstruisant avec une grande attention l'esthétique, l'atmosphère et même le langage de la bande dessinée née en 1962. Le résultat est un film insolite, élégant et volontairement intemporel, qui a donné vie à une trilogie culminant avec le suivant et .

De quoi parle Diabolik : l'intrigue du film avec Luca Marinelli et Miriam Leone

L'histoire se déroule dans la ville fictive de Clerville, à la fin des années 1960. Diabolik, un voleur brillant et insaisissable, vient de réussir un énième braquage, parvenant une nouvelle fois à échapper à l'inspecteur Ginko, son plus grand antagoniste, qui tente de le capturer depuis des années. Lorsqu'il apprend l'arrivée dans la ville d'Eva Kant, une riche héritière qui apporte avec elle le précieux diamant rose, Diabolik décide de passer à l'action. Ce qui devrait être un simple vol se transforme cependant en quelque chose de très différent : une passion naît entre le criminel et la femme qui est destinée à changer leur vie pour toujours. Le casting comprend Luca Marinelli dans le rôle de Diabolik, Miriam Leone dans le rôle d'Eva Kant et Valerio Mastandrea dans le rôle de l'inspecteur Ginko.

Parce que Diabolik de Manetti Bros est différent de tous les autres films de bandes dessinées

L’aspect le plus surprenant du film est sans doute son choix stylistique. Au lieu de mettre à jour le personnage au présent, les Manetti Bros ont décidé de rester fidèles à la bande dessinée originale. Les décors, les costumes, les voitures et même la photographie rappellent directement l'imagerie créée par les sœurs Giussani, comme la célèbre Jaguar E-Type de Diabolik, son costume noir emblématique et la reconstitution de Clerville. Le ton de l'histoire est également particulier. Il n’y a pas de clins d’œil ironiques ni de tentatives d’imiter les superproductions américaines. Le film embrasse pleinement le charme de la bande dessinée originale et demande au spectateur d'entrer dans cet univers sans raccourcis modernes. C'est précisément ce choix qui a rendu une œuvre si particulière dans le panorama de la bande dessinée contemporaine.

Miriam Leone était-elle la parfaite Eva Kant ?

Parmi les éléments les plus appréciés du film, il y a sans aucun doute la performance de Miriam Leone. Depuis l'annonce du casting, de nombreux fans de la bande dessinée ont accueilli avec enthousiasme le choix de l'actrice sicilienne, considérée par beaucoup comme très proche de l'image classique d'Eva Kant. Élégante, charmante et déterminée, son interprétation parvient à transmettre toutes les nuances de l'un des personnages féminins les plus emblématiques de la bande dessinée italienne. Dans le film, Eva n'est pas seulement la compagne de Diabolik, mais un personnage central de l'histoire, capable de lui tenir tête et de devenir son alliée dans les entreprises les plus risquées. Ce n’est pas un hasard si, pour de nombreux spectateurs, elle est la véritable âme de l’histoire.

Malgré des critiques mitigées, le projet Manetti Bros a réussi à ramener Diabolik sur grand écran. Le film de 2021 a en effet été suivi de 2022 et 2023, complétant une trilogie dédiée au personnage. La production a également obtenu des prix importants, dont le David di Donatello et le Nastro d'Argento de la meilleure chanson originale grâce à Manuel Agnelli. Des années plus tard, cela reste l'une des tentatives les plus ambitieuses du cinéma italien récent : non pas réinventer une icône, mais lui redonner vie tout en respectant pleinement son esprit originel.