Écrite avec goût et sensibilité, la comédie Un mensonge pour deux trouve un équilibre difficile entre sentiment, rire et réflexion, tout en privilégiant une légèreté sous-jacente qui s’étend du début jusqu’au générique de fin. Voici notre critique du film.
Depuis des années, le cinéma français nous gâte avec des comédies qui touchent au drame, touchent des cordes sensibles et nous transportent délicatement du rire au sourire, du sourire aux yeux brillants et vice-versa. Quand sensibilité artistique et technique raffinée se rencontrent, les auteurs sont capables de nous bercer d’une profonde légèreté. Un mensonge pour deux c’est une comédie qui élève la légèreté au rang de philosophie de vie, une philosophie que l’on aimerait avoir dans n’importe quel contexte quotidien sans perdre de vue ce qui nous tient vraiment à cœur.
Rudy Milsteinavec une longue carrière d’acteur au théâtre et qui fait ici ses débuts en tant que réalisateur dans un long métrage, pose l’humour du film avec la première scène, introduisant le personnage maladroit de Louis, joué par Vincent Dédienne. Timide, peu sûr de lui, maladroit, ce jeune avocat se trompe constamment d’heure et de manière dans ses relations avec ses collègues de travail, tous plus expérimentés que lui, mais le diagnostic de cancer change la perception de sa présence dans une pièce. Du coup, les gens lui accordent du crédit, notamment le patron du cabinet d’avocats qui lui confie la défense d’une usine de pesticides, accusée d’avoir provoqué le cancer d’un groupe de personnes. L’homme succombe aussi face à des figures féminines aux fortes personnalités, mais aux intentions opposées, interprétées par Clémence Poésie (Elsa, avocate senior) e Géraldine Nakache (Hélène, porte-parole des patients).
L’histoire continue en misant sur l’inertie de son protagoniste, incapable de surmonter sa maladresse, pour combler son manque de courage et de manière générale pour comprendre quel chemin prendre, même sentimentalement. Louis raconte mensonge après mensonge, chacun avec l’intention de cacher le précédent, dans une escalade qui laisse imaginer le bruit du crash où tout va voler en éclats. Milstein, qui se taille une part du rôle du voisin incapable de ressentir des émotions, fait osciller son protagoniste entre vérité et mensonge, alternant les effets de malentendus. Les rires et les sentiments restent en équilibre dans le ton du film qui n’a pas l’ambition d’être crédible, et qui utilise une narration intelligente pour garder la vivacité intacte.