Une religieuse a défié la Gestapo et a sauvé 2 000 personnes (dont un futur président : l'histoire vraie de Freedom's Web


En 2017, le réalisateur espagnol Pablo Moreno racontait l'histoire d'Hélène Studler, une religieuse des Filles de la Charité qui, pendant la Seconde Guerre mondiale, organisa un réseau clandestin pour aider des milliers de personnes à échapper aux Allemands dans La Toile de la Liberté. Dans le film, elle est interprétée par Assumpta Serna.

L’histoire, aussi incroyable soit-elle, s’est réellement produite. Studler opérait à Metz, dans une région qui, après la défaite française, était revenue sous contrôle allemand, exploitant des contacts, de faux documents et un réseau de collaborateurs pour accompagner les prisonniers et autres personnes recherchées vers la zone libre. Les estimations parlent de plus de 2 000 personnes aidées.

L'intrigue de La Toile de la Liberté

Au début de la Seconde Guerre mondiale, Hélène Studler s'occupe d'enfants et de personnes dans le besoin à Metz. Mais avec l'arrivée des nazis, la situation change radicalement : de nombreux prisonniers sont internés dans la région et la religieuse se retrouve face à un choix. Elle peut se limiter à assister ceux qui se trouvent dans ses installations, ou intervenir directement pour tenter de faire fuir ceux qui risquent d'être expulsés. Hélène décide d'agir.

Avec quelques sœurs et habitants de la ville, elle monte ce que, dans le film, on appelle le « réseau de la liberté » : une chaîne de personnes qui fournissent des documents, des cachettes, de l'aide et des indications pour traverser les territoires contrôlés par les Allemands. Le réseau permet ainsi à un nombre toujours croissant de fugitifs de rejoindre la zone franche. Parmi eux se trouvent également des personnages destinés à jouer un rôle important dans l'histoire de France, comme le jeune officier François Mitterrand et le général Henri Giraud.

L'histoire vraie d'Hélène Studler

Hélène Studler, née Marie Joséphine Studler en 1891, était une religieuse des Filles de la Charité de Saint Vincent de Paul. Avant la guerre, il travaille à Metz, à l'Hospice Saint-Nicolas. Avec l'invasion allemande, il transforme progressivement son activité d'assistance en une opération clandestine beaucoup plus risquée. Son réseau ne cachait pas seulement les gens. Les fugitifs étaient accompagnés jusqu'aux gares et points de passage, puis confiés à d'autres collaborateurs qui se chargeaient du voyage ultérieur, des vêtements, des documents et de la traversée vers la France inoccupée.

Plus de 2 000 personnes réussirent ainsi à échapper aux autorités allemandes. Parmi les personnes aidées se trouvait également François Mitterrand, alors jeune officier qui deviendra plus tard président de la République française. Un autre nom lié à son activité est celui du général Henri Giraud, dont l'évasion d'une prison allemande a été organisée avec l'aide du réseau Studler.

La Gestapo l'a arrêtée, mais n'a pas pu l'arrêter

L'activité de Studler ne pouvait pas rester éternellement inaperçue. En février 1941, la Gestapo l'arrête avec sa sœur Cécile Thil. Elle a été interrogée et condamnée à un an de prison, mais son mauvais état de santé a permis de suspendre sa peine. En fait, un médecin allemand a déclaré qu'elle était trop malade pour être transférée en prison. Une fois libérée, Hélène retourne à son activité clandestine.

En 1942, alors que les Allemands accentuent la pression sur elle, elle utilise son réseau pour s'enfuir vers Lyon, entrant dans la zone alors libre. De là, il continue à collaborer avec la Résistance et contribue à l'organisation de l'évasion d'Henri Giraud. C'est l'un des aspects les plus surprenants de son histoire : la femme qui avait passé des années à aider les autres à s'échapper a fini par devoir emprunter la même voie d'évacuation pour se sauver.

La fuite du général Giraud

Parmi les opérations les plus importantes liées à Studler, comme déjà mentionné, il y a celle impliquant Henri Giraud, l'un des plus hauts officiers français et futur protagoniste de la lutte pour la libération de la France. Giraud avait réussi à s'échapper de la forteresse allemande de Königstein et, selon les reconstitutions, la religieuse a aidé à organiser son passage vers la France Libre. Après la guerre, le général rappelle publiquement le rôle joué par la religieuse dans ses mémoires et dans le témoignage consacré aux évasions.

Hélène Studler est décédée en 1944, à Clermont-Ferrand. Avant sa mort, il a reçu la Légion d'honneur et la Croix de guerre de Giraud, récompenses décernées pour son rôle dans la Résistance. Le réseau, il est important de le souligner, n’était pas celui d’une seule héroïne agissant seule : il fonctionnait grâce à une série de religieuses, de citoyens, de familles et d’autres collaborateurs. Mais Studler était l’une des figures centrales parmi ceux qui ont permis à des milliers de prisonniers et de personnes persécutées d’échapper aux Allemands.