Une revue de mariage monstre

Avec Un mariage monstrueux, les aventures du comte Vladimir, de la sorcière Brunhilde et de leur belle-famille « humaine » reviennent, avec des gags amusants et des pistes de réflexion. L’avis de Daniela Catelli.

Les Cornicioni, beaux-parents du comte Vladimiro dell’Oscuro Torment et de sa femme, la sorcière Brunhilde, ont un problème urgent : le chef de famille Nando (officiellement décédé, mais en réalité réfugié avec son amant dans un paradis fiscal ) a disparu des funérailles de la belle veuve Stella, qui vise les choses qui comptent dans la vie, ou plutôt « les sourds » et est restée sans le sou, pose ses yeux sur Vladimiro et ses richesses. Le noble vampire est aux prises avec sa femme en pleine « witchpause » et particulièrement vulnérable, alors qu’autour de lui les choses se compliquent par un avocat frauduleux amoureux de Stella, par son père, qui perd la tête pour son oncle Nanni devenu vamp et de la crise sur la répartition des rôles entre jeunes mariés et nouveaux parents Adalberto et Luna.

Parmi les films en première diffusion qui attendent le spectateur au cinéma à partir du 21 juin au prix de 3 euros et 50la suite arrive aussi sur trois cents écrans Un mariage monstrueuxdans lequel Volfango De Biasi revient pour raconter les aventures de sa famille recomposée bizarre, élargie et décidément dysfonctionnelle. L’originalité de l’opération, également évidente dans ce deuxième chapitre, consiste à greffer sur la formule typique de la comédie monstrueuse américaine, complétée par des références claires aux classiques d’outre-mer, la farce italienne qui a plusieurs familles en son centre, un sujet toujours associé avec des films de vacances, les soi-disant cinepanettoni, abordés dans ce cas sans vulgarité inutile et avec des doubles sens fades (et l’idée qu’aujourd’hui cela puisse être classé comme un vrai film de famille fait un peu sourire, quand ses ancêtres les plus vulgaires allaient à voir des familles entières). A dit ceci, Un mariage monstrueux c’est plein de des moments vraiment drôles, surtout grâce à un casting qui trouve les tempos comiques et les bons tons justes et à la multiplication des personnages et des situations qui d’une part font sourire et d’autre part réfléchissent car il est évident qu’ils parlent de nous et nos difficultés quotidiennes, nos habitudes et nos vices.

Comme dans le film précédent, le risque est qu’en multipliant les éléments impliqués, on finisse par effilocher la chaîne de base, qui laisse parfois apparaître un peu de trame. Beaucoup, cette fois, sont contraints de sacrifier le temps pendant lequel ils apparaissent sur scène : en l’occurrence les deux petits garçons, le brillant Sara Ciocca et le nouveau vampire maladroit softie di Vincenzo Sebastiani et la progéniture des deux familles, Adalberto (Christian Caccamo) et Luna (la vivace Emanuela Rei), reléguée à une sous-parcelle secondaire pourtant significative. Après tout, avec un Massimo Ghini de plus en plus amusé, amusant et charmant avec son doux R et ses fragilités humaines, un Paola Minaccioni qui hérite de la baguette magique de Lucia Ocone, donnant vie à une Brunhild d’une rare élégance, méchanceté et humour et uneIlaria Spada sans freins, splendide dans le rôle du super forcé, il n’y a pas grand-chose à faire. Et encore moins de place pour les personnages « mineurs » si à la place de feu Nando Lillo et les grands-parents fantomatiques viennent une maman hors de forme (une caractérisation vraiment savoureuse), un Dr Frankenstein (Greg), un avocat à l’amoralité avérée mais aux sentiments solides (Ricky Memphis), une soeur maladroite et pleine d’esprit (Elisa DiEusanio) avec en charge un fils harceleur et surtout un beau-père briseur d’égalité et briseur de doigts, Glauco Terrabruciata (attention, Casamonica !), joué par un Maurizio Mattioli incroyablequi avec l’empeigne Isadora de Paolo Calabresi donne vie à une série de duos irrésistibles, clin d’œil à Certains l’aiment chaud.

Bref, si Volfango De Biasi avait vraiment l’intention de continuer à nous parler de cette saga forcée italo-gothique, peut-être que le format de la série serait le plus adapté. Par exemple, en tant que spectateurs, nous serions curieux de voir le développement de l’histoire entre Glauco et Isadora (ça ne peut pas finir comme ça !) et de voir une nouvelle chorégraphie basée sur la pop des sixties : après Teinte de lune Et Les Watusisle juke-box propose encore de nombreux hits à piller.