Parmi les nombreux qui expriment leur soutien à la grève qui agite le monde du cinéma, et inquiète les très riches PDG des studios américains, la grève du syndicat des acteurs SAG-AFTRA qui s’est ajoutée à celle des scénaristes de la WGA , c’est aussi danois Nicolas Winding Refn.
Quelqu’un qui, lorsqu’il parle, ne va jamais trop subtil dans l’expression de ses pensées.
Interviewé par le site américain IndieWireRefn a dit : « Je suis tout à fait d’accord : il faut tout brûler pour recommencer, presque ».
Comme beaucoup d’autres, dont Fran Drescherprésident de SAG-AFTRA, Refn établit un parallèle clair entre les injustices économiques qui caractérisent le monde du cinéma et la société dans son ensemble : « PJe pense que ce qui se passe dans notre industrie en ce moment, d’un point de vue commercial, n’est qu’un autre élément d’un problème mondial d’inégalité et de manque de partage des opportunités qui devient inacceptable pour quiconque.« .
Et même, Refn mettre au milieu Robespierre et la Révolution française, dont on commémore hier le 234e anniversaire.
« Tout ce que nous pouvons faire, c’est revenir sur la Révolution française et nous rappeler ce qui s’est passé à la fin : ils ont coupé la tête à tout le monde. Je pense que nous devrions essayer d’éviter une telle fin. »
« Nous devons mieux partager la richesse, car si nous ne le faisons pas, nous perdons notre humanité, et tout cela devient une folie d’entreprise. Et cela n’a jamais rien donné de bon », a ajouté le réalisateur.
Refn a alors également parlé du type de cinéma et de séries télévisées qui sont produits aujourd’hui, de ce qu’on appelle désormais communément « les contenus » : « Nous produisons du contenu, mais nous ne parlons presque jamais du pourquoi. Nous parlons juste de le faire, et d’en faire plus aussi vite que possible, et tout cela prend un énorme coup, mais ce n’est pas exactement un miroir sain de la société et de nous en tant que personnes. […] il s’agit juste de tout mettre dans un seul film, le plus vite possible et le moins important possible […] plus il est vide, calories vides, plus vous pouvez en consommer, plus vite vous pouvez vous en remettre. De là naît la bêtise, le manque d’empathie, l’ignorance : tout le contraire de ce que l’art est capable d’apporter. Donc, dans un sens, nous allons dans la mauvaise direction. »