Projet Je vous salue Marie, 5 scènes cruciales du livre coupé par le film


The Last Mission: Project Hail Mary, le très attendu film de science-fiction mettant en vedette Ryan Gosling et réalisé par le duo Phil Lord et Christopher Miller, est en grande partie responsable de l'encombrement des salles ces derniers jours. Le battage médiatique autour du film était déjà très fort depuis des mois, mais il a littéralement explosé dès les premières projections. Les critiques ont ensuite tout confirmé (voici la nôtre) : nous sommes face à l'un des premiers grands films de l'année. Pour les fans du roman d’Andy Weir, l’attente a cependant duré bien plus longtemps. Comme cela s’est déjà produit avec , porter un livre aussi riche sur grand écran impliquait inévitablement des sacrifices. Avec 475 pages, il était inévitable que l'adaptation cinématographique doive couper, condenser ou modifier plusieurs éléments.

Voici donc quelques-unes des scènes et idées les plus importantes du roman qui n’ont pas abouti dans le film. Attention : à partir de maintenant, il y a des SPOILERS pour le livre et le film.

Le gène qui vous immunise contre le coma

Dans le roman, l'un des aspects clés de la mission Hail Mary est la possibilité de placer les astronautes dans un coma prolongé pour affronter le très long voyage vers Tau Ceti, la seule étoile non affectée par le problème des Astrophages. Eva Stratt (Sandra Huller) explique que des études médicales menées en Thaïlande ont révélé une découverte surprenante : une personne sur 7 000 possède un gène qui la rend résistante aux effets négatifs d'un coma prolongé. Ce détail devient crucial pour la sélection de l’équipage, et c’est précisément pourquoi Ryland Grace (Ryan Gosling) est choisi. Dans le film, cet élément est totalement absent.

L'immunité totale d'Eva Stratt

Dans le livre se trouve une séquence totalement absente du film : elle concerne un procès intenté contre Eva Stratt et le projet Je vous salue Marie par l'Alliance de la Propriété Intellectuelle. La raison ? L’équipe a copié « littéralement tous les logiciels protégés par le droit d’auteur, ainsi que tous les livres et œuvres littéraires » disponibles au format numérique. Dans des circonstances normales, cela constituerait une énorme bataille juridique, avec des millions d’amendes. Cependant, la scientifique parvient à faire classer l'affaire en invoquant un traité international qui garantit son immunité personnelle contre toute poursuite pénale « pour tout crime, n'importe où dans le monde ». En effet, le président des États-Unis lui a accordé une grâce préventive pour tout crime lié à la mission. Un détail énorme, que le film ignore complètement.

L'Antarctique bombardée par des armes nucléaires

Pour ralentir le refroidissement de la Terre provoqué par les Astrophages, une décision extrême est prise dans le roman : bombarder l'Antarctique avec des armes nucléaires. 241 armes nucléaires explosent à travers l'Antarctique pour libérer le méthane emprisonné dans la glace dans l'atmosphère terrestre et maintenir les températures mondiales. Une solution désespérée, aux conséquences potentiellement dévastatrices, mais néanmoins considérée comme meilleure que l’extinction. Cet aspect spectaculaire et inquiétant n'est pas du tout montré dans le film.

Les centrales solaires géantes en Afrique

Un autre élément important du livre est que le meilleur carburant pour alimenter le long voyage vers Tau Ceti (à environ 12 années-lumière de la Terre) coïncide avec la menace elle-même : l'Astrophage. Dans le roman, un scientifique néo-zélandais (personnage absent du film) propose de construire d'immenses étendues de panneaux solaires dans le désert du Sahara pour le « faire pousser » à grande échelle. En échange, une fois l’opération terminée, les pays africains pourront conserver les infrastructures, devenant ainsi des superpuissances énergétiques. Une idée géopolitiquement intéressante, mais écartée dans l’adaptation cinématographique.

La confrontation finale entre Stratt et Grace

Dans le film, Grace est embarquée presque immédiatement contre sa volonté. Dans le livre, cependant, il y a une confrontation finale, très dure, avec Stratt dans une cellule de détention, avant qu'il ne soit plongé dans le coma. Elle ne cherche pas à lui remonter le moral, mais justifie son choix de manière froide et brutale, ce qui rend le personnage encore plus complexe. Non seulement il prédit que la famine provoquera des guerres mondiales, mais il craint une véritable apocalypse. Il n'est pas surprenant que cette scène ait été coupée, étant donné son ton extrêmement sombre. De plus, à un autre moment du roman, Grace menace de saboter le navire et toute la mission s'ils le forcent à partir. Stratt se retrouve alors obligée d'utiliser de puissants médicaments venus de France, ce qui provoquera une amnésie prolongée du protagoniste au réveil. Ce détail est révélé vers la fin du livre et explique pourquoi Grace ne se souvient de rien de son séjour sur Terre. Cependant, comme pour tout le reste, cela n’est pas mentionné dans le film.

BONUS : les détails du traducteur sur Erid

La fin du film et du livre sont très similaires, mais il y a un petit détail qui change tout pour les fans. Dans le roman, lorsque Grace enseigne aux jeunes Éridiens, elle utilise une sorte de clavier musical pour communiquer dans leur langue. Il ne parle pas directement : il « joue » les mots. Dans le film, cependant, la communication est simplifiée. L'astronaute leur pose simplement la même question qu'il a posée à ses élèves au début du film : « Qui peut me dire la vitesse de la lumière ? » C'est un détail mineur, mais cela ajoute de la profondeur à la relation de Grace avec la culture extraterrestre.