The Tuner, critique du film avec Leo Woodall et Dustin Hoffman

Thriller romantique, Tuner de Daniel Roher : The Tuner est un divertissement classique avec des connotations de film de bien-être. Dustin Hoffman et Jean Reno soutiennent le protagoniste Leo Woodall avec leur ironie. Notre avis.

Niki (Leo Woodall), aujourd'hui atteint d'hyperacousie, a abandonné sa carrière d'enfant pianiste prodige pour devenir accordeur de piano, aidant ainsi le vieil ami de la famille Harry (Dustin Hoffman), pratiquement un deuxième père. Au moment où il croise la route de la compositrice Ruthie (Havana Rose Liu) et que les deux tombent amoureux, il rencontre une bande de criminels qui réalisent un avantage inattendu à son problème : il est capable d'ouvrir des coffres-forts en captant les mouvements de leurs serrures. La tentation de se venger sur la vie de ce qui lui a été enlevé sera très forte… mais à quel prix ?

Il y a quelque chose de très tendre dans Tuner, au-delà de la tendresse liée au registre romantique d'une partie de l'histoire : le film du documentariste d'ailleurs Daniel Roher est une histoire de genre proposée, ou plutôt multi-genres (film de braquage, histoire d'amour, comédie, feel good movie), dans un package calibré pour divertir avec grâce, plus ou moins sans remettre en question les attentes du spectateur, et sans audace. Comme cela nous est arrivé ces derniers mois avec Crime 101, nous avons seulement le doute que ces ingrédients, même bien cuisinés de cette manière, pourraient peut-être s'avérer être une proposition anachronique dans un contexte de cinéma de masse désormais plus compétitif. Même la stratégie de casting est classique : une star montante comme Leo Woodall (The White Lotus, Bridget Jones, Nuremberg), qui élargit sa zone de chalandise, rassemblant le public plus âgé avec l'ironie et l'auto-ironie de Dustin Hoffman et Jean Reno, ici le compositeur est snob (mais raisonnable quand il le faut).

Cependant, ceux qui ne ressentent pas le besoin d'historiciser à tout prix une telle proposition trouveront de quoi se faire plaisir avec un divertissement décent : Roher et le co-scénariste Robert Ramsey savent comment mettre le protagoniste dans le pétrin dans le troisième acte, et en effet peut-être que derrière ce suspense centré le film s'appuie finalement (et un peu tard) sur l'ambiguïté de Niki, qui au début de l'histoire nous paraissait un peu incompréhensible. Sa réaction, lors de sa première interaction avec la bande de cambrioleurs, ne ressemble pas à celle de quelqu'un qui n'a jamais été du côté du crime. Ce n'est que plus tard que nous commençons à reconstituer que la colère du garçon est encore plus grande que nous l'avions imaginé… et qu'elle l'a poussé à adopter une attitude superficielle envers presque tout le monde, à quelques exceptions près. L'espace d'un moment, et il faut l'admettre même après avoir affirmé le « classicisme » du film, on a même eu la crainte que l'histoire puisse se terminer différemment de ce que dictent les règles. Et dans cette lueur il y a eu un élan d’implication non méprisable, qui aurait probablement laissé plus de traces avec un interprète plus nuancé.
Non, définitivement Tuner : The Tuner n'est pas le Baby Driver – The Escape Genius d'Edgar Wright, malgré les similitudes de genre et d'expédient médico-acoustique (là, c'était des acouphènes) : Roher ne joue pas avec le cinéma comme Wright, mais à en juger par le packaging et une certaine attention portée au rendu de l'hyperacousie, on ne peut pas dire qu'il ne ramène pas à la maison le résultat qu'il visait.