Il y a des films qui ne perdent pas de leur force au fil des années. En effet, ils semblent encore mieux raconter le présent. C'est le cas de Compagni di scuola, qui revient dimanche 26 juillet à Retequattro, 19 ans après sa dernière diffusion, pour la première fois dans une version restaurée en haute définition, inédite pour le public télévisuel.
Sorti en salles le 21 décembre 1988, le film représente l'un des moments culminants de la carrière de Carlo Verdone, qui, précisément à l'occasion de cette restauration, a réaffirmé combien il était spécial pour lui.
Du point de vue de l'écriture et de la réalisation, cela reste mon film le plus important.
Tout commence par des retrouvailles entre anciens amis du lycée. Après de nombreuses années, un groupe d'amis se retrouve dans une splendide villa à la périphérie de Rome pour passer une soirée festive ensemble. Ce qui devrait être un moment d’insouciance se transforme cependant en une confrontation lente mais inexorable avec le passé. Entre vieilles amours, rivalités sans fin, mariages malheureux, ambitions ratées et rêves non réalisés, chaque personnage se retrouve contraint d'affronter celui qu'il est devenu. Aux côtés de Verdone, un casting extraordinaire qui rassemble certains des visages les plus appréciés du cinéma italien : Nancy Brilli, Christian De Sica, Massimo Ghini, Athena Cenci (qui a remporté le David di Donatello de la meilleure actrice dans un second rôle), Eleonora Giorgi, Alessandro Benvenuti, Angelo Bernabucci et bien d'autres.
Le film le plus personnel de Carlo Verdone
Tout le monde ne sait pas que Compagni di scuola est née d’un épisode réel. En fait, l'idée est venue à Carlo Verdone après de véritables retrouvailles auxquelles il a participé avec Christian De Sica. À cette occasion, le réalisateur a senti que, derrière l'apparente légèreté d'un dîner avec de vieux amis, se cachait quelque chose de bien plus universel : la comparaison avec le temps qui passe et avec les choix qui ont changé nos vies. Le réalisateur lui-même a rappelé ce défi avec beaucoup d'émotion.
C'était un pari, un défi que je devais relever : je voulais me tester en tant qu'auteur, en abordant un thème qui me tenait profondément à cœur, celui du cynisme et des rêves non réalisés, unis par la fragilité et l'immaturité.
Jusque-là, Verdone avait avant tout été un grand inventeur de personnages comiques et auteur de films construits autour de ses personnages irrésistibles. Ses camarades de classe lui permettaient cependant de raconter une histoire chorale, beaucoup plus amère et mélancolique, dans laquelle chaque protagoniste avait son propre espace. Et il y a une phrase de l’acteur romain qui résume peut-être mieux que toute autre le sens du film.
Schoolmates ne raconte pas les vices d’une époque, mais ceux des hommes.
C'est probablement aussi pour cela qu'il continue de s'adresser au public d'aujourd'hui.
La fin expliquée : pourquoi elle continue de susciter l'enthousiasme après près de quarante ans
La fin de Schoolmates refuse toute consolation. Après une soirée de confessions, de disputes, de rires et d'inévitables déceptions, chaque personnage retourne à sa propre vie. Personne ne trouve vraiment de solution à ses problèmes et personne ne peut rattraper le temps perdu. Verdone nous rappelle que grandir signifie souvent vivre avec des opportunités manquées et des rêves qui ne se sont pas réalisés. Les retrouvailles deviennent ainsi un miroir dans lequel chaque personnage (et, in fine, aussi chaque spectateur) est obligé de se regarder. C'est une fin amère, mais profondément humaine, et c'est précisément cette sincérité qui a fait de ce film l'un des plus appréciés de la comédie italienne.
À l’époque, Compagni di scuola fut accueilli avec beaucoup d’enthousiasme par le public et la critique. Il est devenu l'un des films les plus rentables de la saison cinématographique 1988-1989 et a remporté de nombreuses nominations pour les principaux prix du cinéma italien. Aujourd'hui, grâce à sa restauration et son retour à la télévision, une nouvelle génération pourra le redécouvrir dans la meilleure qualité possible. Le réalisateur a voulu souligner l'importance des acteurs qui ont partagé cette aventure avec lui, en se souvenant avec émotion tant de ceux qui font encore aujourd'hui partie du cinéma italien que de ceux qui malheureusement n'existent plus, comme Eleonora Giorgi, décédée en 2025, et Angelo Bernabucci, décédé en 2014.
Aujourd'hui encore, je remercie tous les interprètes qui ont partagé ce set avec moi : ceux qui sont encore parmi nous et ceux qui, malheureusement, nous ont quittés trop tôt. Ce film touchant leur est dédié.