Lorsque Sébastien rencontre Belle à la montagne, aucun d'eux n'imagine à quel point ce lien va changer leur vie. C'est un enfant solitaire qui vit dans les Alpes françaises, c'est un grand chien des Pyrénées considéré par tous comme une bête dangereuse. Une amitié instinctive naît entre les deux, au moment où le village est dévasté par la guerre et où les habitants chassent l'animal accusé d'attaquer les troupeaux.
Réalisé par Nicolas Vanier en 2013, Belle et Sébastien reprend les personnages créés par l'écrivaine française Cécile Aubry, déjà portés au petit écran avec la célèbre série télévisée en noir et blanc de 1965, également devenue culte en Italie. Vanier choisit cependant de réécrire partiellement cette histoire et de la faire remonter dans le temps : le film se déroule en fait pendant la Seconde Guerre mondiale et raconte également l'histoire de la fuite des réfugiés juifs vers la Suisse.
L'intrigue de Belle et Sébastien : la rencontre entre l'enfant et le chien
Nous sommes dans les Alpes françaises en 1943. Le petit Sébastien vit avec le vieux César et sa petite-fille Angélina dans un village où la guerre a désormais changé la vie de chacun. Les habitants s'inquiètent également d'une mystérieuse « bête » qui s'attaque aux troupeaux depuis quelques temps. Lors d'une de ses balades en montagne, Sébastien rencontre un énorme chien blanc, sale et apparemment sauvage. Au lieu d'avoir peur d'elle, l'enfant décide de s'approcher d'elle, la nettoie et l'appelle Belle. Une relation particulière se noue rapidement entre les deux, que Sébastien tente de garder cachée pour protéger son nouvel ami.
Le problème est que Belle est vite identifiée par les habitants comme la personne responsable des attaques contre les troupeaux. Lorsque le chien entre en collision avec des soldats allemands, la situation empire : le lieutenant Peter ordonne qu'elle soit traquée et tuée. Sébastien se retrouve ainsi à défendre Belle tandis qu'en arrière-plan, le village doit faire face à une autre urgence : le docteur Guillaume aide certaines familles juives à rejoindre illégalement la Suisse en traversant les montagnes.
La fin expliquée : « Sébastien n'est pas seul »
Le voyage en Suisse devient le moment décisif de l'histoire. Après avoir gagné la confiance du village, Belle cesse enfin d'être considérée comme une menace et devient fondamentale pour la sécurité d'un groupe de réfugiés juifs. Lorsque la surveillance allemande oblige Sébastien, Angélina et les autres à changer de route, c'est le nez du chien qui les guide à travers les montagnes enneigées jusqu'à la frontière. Le lieutenant Peter Braun surprend également dans le final : l'officier allemand, qui semblait être un antagoniste, choisit d'aider Angélina à s'échapper et paie cette décision de sa vie. Une fois arrivées en Suisse, Angélina décide de partir en Angleterre pour continuer les combats et promet à Sébastien qu'elle reviendra une fois la guerre finie.
Le moment le plus émouvant, cependant, vient de leur dernier au revoir. Lorsque le guide suisse demande si l'enfant pourra rentrer seul à la maison, Angélina répond : « Sébastien n'est pas seul ». La phrase contient le sens de tout le film : au début Sébastien est un enfant qui se sent seul et qui cherche une mère qu'il croit encore lointaine, tandis qu'à la fin, il a découvert une famille dans les liens tissés avec César, Angélina et surtout Belle. Après avoir connu la vérité sur la mort de sa mère, Sébastien a définitivement perdu les illusions de son enfance, mais il a trouvé quelque chose de plus important : des gens et de l'affection sur qui compter. Lorsque Belle et lui rentrent ensemble chez eux, la guerre n'est pas encore terminée, mais le garçon n'a plus à y faire face seul.
Félix Bossuet choisi parmi 2 400 enfants : lui seul pouvait toucher Belle
Pour retrouver le jeune interprète de Sébastien, la production a démarré avec 2 400 candidatures. Nicolas Vanier en a vu 200 puis a emmené 12 enfants à la rencontre des chiens, observant surtout la manière dont ils parvenaient à interagir avec les animaux. Il restait finalement quatre candidats et le choix s'est porté sur le très jeune Félix Bossuet, âgé de sept ans et demi. La relation avec Belle était si importante dans le film que Vanier a adopté une règle précise : Félix était le seul à pouvoir toucher le chien sur le plateau, afin de préserver le lien qu'ils avaient tissé. L'alchimie que l'on voit à l'écran n'est donc pas seulement le résultat du montage : le réalisateur avait justement recherché cette harmonie lors des auditions.
Et voici une autre curiosité : la Belle dans le film n'est pas toujours le même animal. Nicolas Vanier a choisi trois chiens : une femelle appelée Garfield, utilisée pour le rôle principal, et deux spécimens qui l'ont remplacée lors d'essais et dans certaines situations particulières. Garfield était la véritable protagoniste à quatre pattes : elle était toujours utilisée pour les gros plans, tandis que ses deux « substituts » étaient principalement utilisés pour les répétitions, pour préparer les mouvements et pour certains plans dans lesquels il n'était pas nécessaire de montrer le chien de près.
Belle et Sébastien est-elle une histoire vraie ?
Malgré le cadre historique et le contexte dramatique, Belle et Sébastien ne raconte pas une histoire vraie. Le film est né, comme mentionné, de l'univers né sous la plume de Cécile Aubry, mais Nicolas Vanier a décidé de raconter une nouvelle histoire, la faisant passer du décor original à la Seconde Guerre mondiale. Le choix n’a pas été aléatoire. Vanier explique avoir vu un lien entre le thème du passage clandestin présent dans l'œuvre originale et celui des réfugiés qui, pendant la guerre, tentaient de traverser les montagnes pour échapper aux nazis. Ainsi, la relation entre Sébastien et Belle reste au cœur du récit, mais s'insère dans une histoire beaucoup plus dramatique.